How To Make A Monster?

vendredi, mars 28th, 2014 par Toorsch

De tout temps la musique s’est peuplée de monstres, du classique au black métal; les mondes de l’imaginaire ont pénétré cet art avec un plaisir non dissimulé. Du plus sérieux au grand-guignol, de l’horreur gothique à la pochade moderne, du plus classe au plus faisandé. Un grand bal fantaisiste peuplé de vampires, de sorcières, de lycanthropes et autres créatures plus modernes ou atypiques. Des guerrières valkyries de Wagner aux sur-hommes de Bowie en passant par les loups-garous adolescents des Cramps, nous pouvons constater que le bestiaire ne manque pas de couleurs.

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Bowie, la science-fiction. Bowie et ses obsessions: les sur-hommes bien sûr (l’ombre du nazisme), les états totalitaires (1984) et la conquête de l’espace. Dès « Space Oddity » et son Major Tom paumé dans le vide infini, le futur Ziggy affiche déjà la couleur, laissant entrevoir sa passion des personnages et les prémices de ses futures métamorphoses. Un aspect qui sera encore plus marqué sur The Man Who Sold The World et le rageur « Supermen », et qui atteindra son zénith avec Ziggy Stardust, rock star extra-terrestre et avatar ultime. Puis ce sera Diamond Dogs, vraie-fausse adaptation de 1984 de George Orwell dans laquelle Bowie deviendra Halloween Jack, un homme-chien. Même la trilogie Berlinoise est emprunte de visions froides et mécaniques, flirtant avec les robots de Kraftwerk. « Heroes », la chanson, a beau être inspirée par un couple d’amoureux s’embrassant au pied du mur de Berlin, elle véhicule tout un tas d’images oniriques forcément reliées à l’imaginaire. Elle préfigure en fait les tristes héros (ou people) d’un jour crachés par la machine télé-réalité. David Bowie est à ce titre tout autant un brillant auteur de S.F. qu’un chanteur mythique.

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Dans un autre registre, les Cramps sont des purs produits de la culture populaire américaine. D’un mauvais goût assumé (si tant est qu’il y ait bien un bon et un mauvais goût), il faut voir en eux les rejetons des comics E.C., du cinéma d’exploitation et du rock originel, bref les fils honteux des 50’s. « Human Fly », « I Was A Teenage Werewolf » ou « Mojo Man From Mars », tout ça c’est du délire issu du folklore U.S. Un kitsch assumé qui rend beau, l’horreur naïve de l’âge d’or, un savant dosage de Pin-up (divine Poison Ivy), de répugnantes créatures, de rock et de vieilles bagnoles customisés.

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Certains artistes deviennent eux-mêmes les monstres, c’est souvent le cas dans le métal, avec toute l’imagerie qui y est liée et qui nourrit les fantasmes les plus fous. L’un des précurseurs dans ce domaine est Alice Cooper, le chanteur se réinvente en croque-mitaine, il devient le personnage central du film. Il est la menace rampante, le psychopathe, il est Freddy Krueger ou Jason Voorhees. Le shock-rock théâtral de Vincent Furnier continue encore aujourd’hui de titiller certains esprits peu aptes à la rigolade sanguinolente. Marilyn Manson et Rob Zombie suivront la même voie, mais de manière bien plus extrême. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le second fait désormais également du cinéma. Horrifique bien sûr.

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Si le cinéma d’horreur se nourrit de musique, « Bad Moon Rising » pour Le loup-garou de Londres, « Tubular Bells » pour L’exorciste ou encore de nombreux hard rock pour de non moins nombreuses séries B, l’inverse est vrai également. Gorillaz par exemple, en plus de sa virtualité toute graphique, puise énormément dans le cinoche, avec des morceaux aux noms d’acteurs, « Clint Eastwood » et « Bill Murray », mais surtout en samplant grassement le cinéma de genre. « M1 A1 » transforme magistralement l’introduction du Jour des morts-vivants de George A. Romero en un rock puissant et inquiétant, Demon Days contient une séquence d’un thème de Dawn Of The Dead du même Romero. Une véritable obsession. Certains groupes vont encore loin plus en empruntant carrément leurs patronymes au septième art, c’est le cas de Mogwai ou Atreyu (Gremlins pour les premiers et L’histoire sans fin pour les seconds).

Et les monstres dans tout ça? Et bien ils ne sont pas prêt de mourir, tant mieux. Il y aura toujours des chimistes fous pour en créer de nouveaux…

Toorsch’

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5 commentaires sur “How To Make A Monster?

  1. Chris dit :

    Bien vu!

  2. toorsch dit :

    ^^ Mai maintenant j’ai bien envie d’explorer le sujet plus en profondeur…

    J’ai également un article sur les remakes de prévu (j’ai pas encore écrit une ligne mais bon)…

    Tu en penses quoi toi des remakes?

    • Chris dit :

      Euh…il faudrait y réfléchir un peu mais là, comme ça, je dirais que je préfère les séries en remakes que les films, souvent plus décevants, mais il faudrait que je cherche des exemples…!

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