Comme quand on dormait sous la terre – 2014

jeudi, mai 1st, 2014 par Toorsch

I

Comme quand on dormait sous la terre, du temps où l’on n’avait pas encore inventé la nuit. A cette époque il pleuvait dans nos crânes, et l’on taillait dans nos insomnies. J’étais un boxeur sur une planète invisible et toi tu dessinais des décors sur des pages blanches. On a créé ce monde qui n’appartient qu’à nous, un monde à la fois ancien et nouveau. Invariablement, nous avons construit des ponts, nous n’avons fait que ça. Avec l’envie folle de nous transformer, de devenir toujours plus petits, toujours plus petits, toujours plus petits et ainsi de suite. Comme quand on dormait sous la terre, bien avant l’invention de l’infernal cycle.

II

L’ajout de la couleur a grandement compliqué les choses, le blanc immaculé avait du bon, il nous empêchait de trop réfléchir. Comme quand on dormait sous la terre. Nous sommes des singes prostrés devant un monolithe noir, nous attendons l’évolution sans trop savoir pourquoi. Des junkies suspendus au bonheur, dépendants d’une chimère. Les arpèges doux n’y changeront rien, nous deviendrons toujours plus petits, toujours plus petits, toujours plus petits et ainsi de suite. Comme quand on dormait sous la terre, bien avant l’invention de la nuit.

III

Les automates fabriquent des répliques d’eux-mêmes. Toujours plus petits, toujours plus petits, toujours plus petits et ainsi de suite, de la nano technologie comme seule chance de survie. La couleur n’est plus, mais la simplicité n’est pas revenue. Elle ne reviendra jamais, comme quand on dormait sous la terre. Toi tu ne dis plus rien, depuis longtemps déjà, tu as perdu le goût de l’art et moi celui du ring. Nous ne sommes plus que des carcasses errantes sur les ruines de notre gloire. Comme des singes dans l’attente, dans l’attente, dans l’attente, dans l’attente.

IV

Comme quand on dormait sous la terre, du temps de la grande journée. On se voyait uniquement les après-midis, soit la majorité du temps. Toi tu remplissais des pages blanches et moi je frappais à l’aveugle. Nous avons ajouté la couleur et nous avons tout gâché. Comme des singes devant un monolithe noir, attendant vainement l’évolution. Nous grandissons, invariablement, nous grandissons puis nous mourons…

Toorsch’

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2 commentaires sur “Comme quand on dormait sous la terre – 2014

  1. Chris dit :

    Eh bien, c’est bien tenté!! J’aime beaucoup…

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