ALAIN BASHUNG – Osez Joséphine – 1991

mercredi, mai 7th, 2014 par Toorsch

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Avec Osez Joséphine son huitième album en studio, Alain Bashung revient vers un rock plus basique, exit les errances electro-new-wave et tout le folklore eighties, seule compte la pureté. Enregistré entre Paris, Bruxelles et Memphis, Osez Joséphine est sans doute l’album le plus accessible du plus insondable des Alsaciens, le succès populaire sera au rendez-vous. Oeuvre charnière également pour Bashung, qui hésite entre reprises et chansons originales (sur les onze titres composant le disque, quatre sont des covers), mais qui dessine déjà ce que seront Chatterton et Fantaisie Militaire.

« J’écume » traîne son blues dans l’ennui et la moiteur du désir, un blues électrique au déploiement étrange, un blues en français qui ne sonne pas toc, comme quoi c’est tout à fait possible. Plus folk, « Volutes » s’envole en fumée de guitares légères, le bottleneck glisse sur le manche tandis que le chanteur nous balance sa poésie bizarre et hypnotique; voici un morceau d’une redoutable efficacité. « Happe » est éthéré, tout en fureur tranquille, tout en mélodie complexe et belle, l’ambiance n’est pas à la fête, mais l’apaisement général rend la chose supportable. De rouille et de boue, « Les grands voyageurs » est un blues baignant dans la crasse sud-américaine, de la musique roots pour caravane airstream. Bashung avait cette capacité de pouvoir interpréter tout cela en français, car il le faisait avec un style n’appartenant qu’à lui, jamais de singerie en forme d’adaptations vaines. Bien sûr « Osez Joséphine », le tube, la chanson radiophonique parfaite, véritable miracle pop-folk et classique instantané. « Madame rêve », masturbation féminine, poésie et musique orchestrale, d’étranges ingrédients pour un élixir divin, un filtre d’amour imparable. Le texte se noie dans les voiles blanches et noires des cordes, les mots s’espacent et s’étirent et la chanson respire enfin. De toutes les reprises figurant sur l’album, « Night In White Satin », empruntée aux Moody Blues, est la plus réussie. C’est une version à l’os que nous livre Bashung, débarrassé de toute fioriture pop, presque libérée.

Osez Joséphine est un classique du rock français, mais aussi une bonne porte d’entrée pour qui souhaite se plonger dans la très changeante mais magistrale discographie de ce chanteur hors-norme.

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Toorsch’

 

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Un commentaire sur “ALAIN BASHUNG – Osez Joséphine – 1991

  1. jerry ox dit :

    Un putain de grand disque ! Accessible oui, et possédant un son, une ambiance inouie et des covers remarquables (« Well Alright » est un exemple typique !) et des tubes jouissifs : « Osez Joséphine », « Madame reve », « Volutes » . Un album à posséder absolument dans toute bonne discothèque qui se respecte.

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