LE LENDEMAIN DE LA MACHINE – Francis G. Rayer – 1951

mercredi, juin 4th, 2014 par Pierre Sachet

de F.G.RAYER

« Le major Mantley Rawson a été blessé lors de la grande guerre atomique de la fin du XXe siècle. Un nouvel anesthésique le laisse dans un état d’animation suspendue dont il ne se réveillera que deux générations plus tard. C’est alors un monde nouveau, totalement différent de celui qu’il connaissait, que va découvrir Mantley Rawson. Un monde dominé par un cerveau électronique gigantesque, la Mens Magna, et où les humains luttent contre des mutants, nés des radiations atomiques. Mais pourquoi, dans ce nouveau monde, le major est-il toujours accueilli par la formule : « Maudit soit le nom de Mantley Rawson »? »

En voilà un quatrième de couv’ qui me parle, et pas qu’un peu! Qu’a bien pu faire ce maudit Rawson? Qu’est-ce donc que ce super anesthésique miracle? Pourquoi humains et mutants se mettent sur la tronche et qu’ont-ils de si différent du commun des mortels? Et, bordel, que vient faire là-dedans ce foutu cerveau électronique géant au nom improbable de  » la Mens Magna »?

Ce bouquin, je l’ai trouvé lors d’une bourse aux livres de ce que mon patelin appelle sa « médiathèque » et pour cinquante malheureux centimes, je n’allais pas me faire prier. C’est donc comme un voleur, mon larcin sous le bras, que je rentrais chez moi pour assouvir ma soif de réponses. 310 pages plus tard, ma soif était étanchée, quasiment toutes mes questions ont su trouver leurs réponses. Moi qui ne m’attendais qu’à un petit roman de SF à l’anglaise, divertissant avec une histoire sympatoche un brin moralisatrice, je me suis pris une magistrale claque! De mémoire je n’ai pas vécu une lecture de cette façon depuis Je suis une légende de Richard Matheson.

De SF à l’anglaise il en est tout à fait question. Ecrit en 1951 (période faste de la Science-Fiction Rosbif) par un ingénieur en électronique, Francis G. Rayer, plus habitué aux ouvrages techniques et de vulgarisation scientifique qu’aux romans de l’imaginaire, Le lendemain de la machine ne s’apitoie pas longuement sur le triste sort de notre belle planète bleue qui encaisse plutôt bien sa dose de matière fissile, et se consacre directement et exclusivement au maudit Major et aux êtres qui croiseront sa route.

Autant l’annoncer tout de suite, la trame du récit, en soit, n’avait probablement rien d’extraordinaire dans les années cinquante, et de nos jours il y a comme un petit goût de réchauffé. Mais qu’importe, dans ce genre de roman ce qui compte c’est le message délivré par l’auteur, sa vision du monde qui l’entoure  et, dans notre cas, la vision que Rayer a de son futur, de notre présent en somme. Et force est de reconnaître, toute proportion gardée, qu’il n’est pas loin du compte.

Au travers de la Mens Magna, Rayer dépeint une humanité mortifiée ne vivant que pour suivre aveuglement les ordres de la machine qu’elle a enfantée et qui a su bien vite la dépasser, une humanité bête et lâche qui ne voit plus d’intérêt à réfléchir par elle-même. Les dialogues entre la machine et le major marquent par leur justesse, et les répliques de la Mens Magna pourront paraître froides et inhumaines (!) mais surtout terriblement logiques et sans appel. C’est cette opposition entre la logique pure, mathématique de la machine et le caractère profondément illogique mais « humainement » bon de l’homme qui rend le propos du roman si fort.

Sans en dévoiler trop de l’intrigue ( Toorsch’ surveille …), dans Le Lendemain de la machine, Rayer nous donne (plus ou moins) ses réponses aux deux questions fondamentales du roman: A quel prix l’humanité doit-elle être sauvée, et qui de l’Homme ou de la machine est le plus humain?

Un roman qui m’a donc fortement marqué, malgré une trame convenue et relativement linéaire, par son propos extrêmement fort. Une vraie bonne surprise et un excellent scénario que Will Smith (au hasard) pourrait habilement gâcher en un énorme blockbuster à sa gloire.

Et n’oubliez pas: Maudit soit le nom de Mantley Rawson!!

Sachet

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Un commentaire sur “LE LENDEMAIN DE LA MACHINE – Francis G. Rayer – 1951

  1. Etienne Martinache dit :

    Oui, très bon roman que j’ai découvert, adolescent, en 1970. La formule m’avait marqué « Maudit soit le nom de Mantley Rawson ». Quarante six ans plus tard je ne l’ai pas oubliée. Elle m’a permis de retrouver ton sympathique article via Google, merci camarade !

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