MICHEL POLNAREFF – Love Me Please Love Me – 1966

lundi, juin 9th, 2014 par Toorsch

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Michel Polnareff
 n’a que vingt-deux ans lorsqu’il enregistre ce premier album, une oeuvre qui dit déjà tout. Comme ses homologues Dutronc et Gainsbourg, c’est vers l’Angleterre que Polnareff s’est tourné. Enregistré à Londres avec des musiciens du cru, notamment Jimmy Page à la guitare sur plusieurs titres dont le tube « La poupée qui fait non », Love Me Please Love Me ratisse large, du folk au blues, en passant par le rock ou encore la ballade, tout y passe. Les textes sont souvent provocateurs et « L’amour avec toi » sera même interdite d’antenne avant vingt-deux heures (autre époque).

« Sous quelle étoile suis-je né », pour accompagner ses problèmes existentiels, Polnareff déroule un tapis psyché du plus bel effet, ce qui n’est pas sans rappeler les compositions fleuries des deux premiers albums de Jefferson Airplane. Puis « Time Is Well », rock en anglais, pas si éloigné de la scène British d’alors; sans en atteindre le niveau, ce morceau demeure toutefois fort sympathique. Plus loin, « Love Me Please Love Me » décolle au piano, la sérénade se teinte de blues, la plainte est belle, mais surtout, les arrangements sont à tomber. On est proche de « Blue Moon » ou « Blue Velvet » de Bobby Vinton, avec toujours ce soin maniaque apporté au son, insurpassable. Enfin, « L’amour avec toi », chanson sur la liberté sexuelle et l’émancipation féminine, la vieille France tremble devant ces jeunes aux mœurs résolument modernes, le vieux monde périmé et sa morale patriarcale vit ses derniers moments de gloire (apour combien de temps?). « La poupée qui fait non » décline peu ou prou le même thème, même si cette variation déguisée s’avère au final beaucoup plus probante. Notons au passage que la guitare acoustique de Jimmy Page n’est pas des mieux accordées, mais qu’importe.

Polnareff s’offre avec ce premier album quasi parfait la plus belle des cartes de visites, il fera certes mieux par la suite (Polnareff’s), mais Love Me Please Love Me est à part.

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Toorsch’

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14 commentaires sur “MICHEL POLNAREFF – Love Me Please Love Me – 1966

  1. Charlu dit :

    Ahhh, bah voilà un disque qu’il est bien.. comme disque.

  2. bistroman dit :

    Jimmy Page était-il bourré ou sous-payé ?
    😕

  3. Jimmy Jimi dit :

    J’adore Polnareff, n’empêche qu’en réécoutant le coffret « Les Premières années », je n’ai pu m’empêcher de constater à quel point des titres sans grand intérêt côtoyaient assez abondamment les immenses chefs-d’oeuvre…

  4. Jimmy Jimi dit :

    Ce garçon a toujours été aussi génial que paresseux et, hélas, la flemme a fini par l’emporter! On n’en parle jamais, mais de combien d’œuvres majeures nous a-t-il privé en refusant de se mettre au boulot? Quand on voit qu’il fut obligé de glisser des instrumentaux totalement sans intérêt pour réussir à faire à peu prêt le nombre sur certains de ses derniers disques…

    • toorsch dit :

      C’est vrai et c’est tout à fait dommage. Tu y crois toi à ce nouvel album ou disons futur album qui devrait sortir cette année, comme chaque année depuis plus de dix ans?

      • Jimmy Jimi dit :

        J’ai arrêté d’attendre tous les jours! Et même s’il finissait par paraître, je ne suis pas du tout certain que le résultat puisse nous enchanter. Elle remonte à quand sa dernière belle chanson?

  5. Sachet dit :

    Encore un artiste que j’ai classé directement, noob que je suis, dans mon grand sac à « vieux trucs ringards ». Il y côtoie Gainsbourg et Piaf d’ailleurs. Heureusement que tu es là pour me faire entendre raison.

  6. charlu dit :

    Mon problème avec Polnareff, c’est que j’ai tout découvert en 45T, inombrables, à tel point que ses trois premier Lp (ou 4) sonnent comme des compiles, et je ne fais pas de différence entre celui là et les 2 suivants. Du coup je l’es ai trouvé en digipak d’occas, juste histoire d’écouter un album en entier.. et ça change tout. Pas la peine de te dire que ça compte beaucoup pour moi cette période, ces pièces fondamentales..et ça me peine que tu parles de Christophe ici 😀
    Ceci dit T man de ouf, je me prosterne devant toi, d’avoir causé de Poldo.. et comme je t’aime fort, je te promets (nan oublies Jonny) une chronique sur Totophe Duce ;D

    C’est où la teuf Gainsbarre bibine ??????

    • toorsch dit :

      Ne te prosterne surtout pas, je pourrais y prendre gout ^^.

      J’attends quand même ta chronique sur Christophe « Dusse » Christophe. Et avec impatience, challenge?

      Moselle-est pour la teuf’, tu suivra l’odeur de la cendre froide et des rots une fois sur place. Par contre je ne crois pas que l’on creusera beaucoup la période « Barre », juste « Ecce Homo » ^^

  7. Alexandre dit :

    De même que beaucoup, je suis venu à Polnareff par des compilations, il me reste à remettre tout ça dans l’ordre, et à découvrir ses morceaux les moins connus.

    Concernant les chansons de cet album, Michel arrive ici à faire bien plus qu’un pastiche de la pop sixties anglaise, il lui créé carrément un équivalent français (voire latin, certaines mélodies et orchestrations sentent bon l’Italie). Malheureusement, peu ont eu le même talent en France. Gainsbourg, cité en commentaire, indispensable (s’il devait n’en rester qu’un…) bien sûr pas un seul instant ringard. Le grand Christophe aussi…

    Et tu le rends très bien ici. Bel article !

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