Festival de Gérardmer 2015: Jour 5

mardi, février 3rd, 2015 par Pierre Sachet

gerardmer 15

Dernière journée de notre périple vosgien. En plus des courts-métrages nous avons programmé quatre films très différents mais tous prometteurs. De la science-fiction, de l’intimiste, de la possession et pour finir en beauté, un recueil de 26 œuvres mortelles.

EX_MACHINA

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Caleb, âgé de 24 ans, est programmateur dans l’une des plus importantes sociétés d’informatique au monde. Il gagne un concours pour passer une semaine en pleine montagne dans un lieu isolé appartenant à Nathan, le PDG solitaire de sa boîte. Caleb découvre alors qu’il va en fait devoir participer à une étrange et fascinante expérience pendant laquelle il devra interagir avec la première intelligence artificielle au monde, incarnée sous les traits d’un superbe robot féminin.

Quinzième film pour nous, celui qu’on a loupé mercredi. De la science-fiction comme on l’aime, avec des robots très humains et des savants un peu fêlés qui savent repousser les limites de la science un poil trop loin. Esthétiquement superbe, Ex_Machina se veut aussi très intelligent par son scénario en se posant des questions quasi existentielles sur l’intelligence artificielle et son rapport à l’humanité qui l’a engendrée. La fin aurait pu sombrer dans la niaiserie, voire le ridicule, mais là encore le scénario se révèle malin, le final est grandiose.

Verdict : Excellent.

HONEYMOON

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Juste après leur mariage, Paul et Béa arrivent sur les bords d’un lac isolé pour y passer leur lune de miel. Peu de temps après, Paul surprend Béa déambulant au beau milieu de la nuit et en pleine forêt, seule et totalement désorientée. Le comportement distant et de plus en plus étrange de sa jeune épouse incite Paul à penser que ce qui semble lui être arrivé au fond des bois ne relève pas seulement du simple somnambulisme…

Seizième film de l’édition 2015, Honeymoon est minimaliste, quatre personnages en tout, un petit resto, un chalet perdu dans la forêt et un joli lac totalement désert. Les acteurs se révèlent assez habiles pour dépeindre l’amour qui les unit mais aussi la peur, puis l’angoisse qui s’empare rapidement d’eux. Les scènes de tensions démarrent dès le milieu du métrage et ne nous lâchent plus jusqu’au générique. Les effets spéciaux sont assez bien foutus pour nous mettre clairement mal à l’aise durant les scènes les plus gores. La fin, assez inattendue, clôt dignement ce petit film bien sympatoche.

LES AMES SILENCIEUSES

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Inspirée de faits réels, l’histoire d’un professeur qui utilise des méthodes peu conventionnelles en se servant de ses meilleurs élèves pour tenter une expérience des plus risquées sur une jeune patiente dérangée.

Dix-septième sur notre liste, Les âmes silencieuses est un film de possession dans les règles de l’art, qui voit s’affronter un professeur très cartésien et une fille prétendument folle ou possédée. La bonne idée du film est de considérer la possédée comme une jeune femme psychologiquement malade, dont les troubles sont manifestés par de la télékinésie, en essayant de la soigner par les sciences. Mais malheureusement, le métrage n’approfondit pas assez cette idée et on retombe bien vite dans les clichés du genre.

ABCs OF DEATH 2

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La suite de l’une des plus ambitieuses anthologies jamais conçues au cinéma, réalisée par des cinéastes de tous horizons, du Nigeria au Royaume-Uni en passant par le Brésil, Israël ou les Philippines. Un film composé de 26 segments, chacun dirigé par un réalisateur différent, qui s’est vu attribuer une lettre de l’alphabet, puis qui a choisi de l’illustrer à l’écran par un mot et une histoire dans laquelle la mort joue un rôle.

Dix-huitième et dernière oeuvre du festival pour nous. The ABC’s of death 2 n’est pas à proprement parler un film puisque qu’il s’agit d’une anthologie d’histoires bien gores. Une véritable friandise pour les quelques vaillants festivaliers ayant su braver le froid et la neige (80 cm en quatre jours nous dit-on). Comme toujours dans cet exercice, le très mauvais côtoie l’excellent. A priori les 26 réalisateurs ne se sont vu imposer aucune limite, le seul mot d’ordre était de choisir une lettre et de se laisser aller bien à fond, quelque soit la direction empruntée. Parfois recherchées, souvent drôles, ironiques et malines, les scénettes valent le coup qu’on s’y arrête un instant, qu’on soit indulgent avec les plus faibles et qu’on se réjouisse des meilleures. Vraiment rafraîchissant et dépaysant.

PALMARES 2015

Grand Prix : It Follows de David Robert Mitchell

Prix spécial du Jury : The Voices de Marjane Satrapi & Ex Machina d’Alex Garland

Prix du public : The Voices de Marjane Satrapi

Prix de la critique : It Follows de David Robert Mitchell

Prix du Jury jeunes : Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala

Prix du Jury Syfy : Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala

Prix du court-métrage : Habana d’Edouard Salier

Finalement 2015 aura été un bon cru, sans réelle bouse indigeste ou soporifique, mais peut-être aussi sans grand chef d’oeuvre, bien que It Follows fut un grand moment d’angoisse. L’ambiance aussi fut au meilleur niveau cette année. De la neige tous les jours, ça change de la pluie et surtout le nouveau système de réservation des places pour préparer facilement son festival et ne pas perdre de longues heures dans les files d’attente. De loin mon meilleur festival depuis 2006.

Sachet

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