JOHN CARPENTER’S Lost Themes – 2015

jeudi, février 5th, 2015 par Toorsch

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C’est peu dire qu’il était attendu ce disque dans le cercle des fans de Big John, tant l’homme nous a régalé par le passé avec les synthétiques ornements soniques de ses films (Halloween, Prince Of Darkness, They Live…). La simple idée d’avoir un peu de rab’ était déjà plus que réjouissante, alors tout un album, c’est le summum de la classe. Mais ne nous méprenons pas, malgré son titre, Lost Themes n’est pas une vulgaire compilation de « fonds de tiroirs » que nous jette hautainement John Carpenter, c’est une oeuvre à part entière, labyrinthique et magistrale.

C’est secondé par son fils Cody ainsi que par Daniel Davies, que le cinéaste et compositeur a mis en boite ce premier album. Et l’affaire démarre fort avec un « Vortex » bourré de synthés perçants et charpenté par des boucles sans fin, du Carpenter pur jus, ambiance Escape From NY. Ce morceau d’ouverture est sans doute, avec « Night » le titre final, celui qui se rapproche le plus des travaux passés du maître; dès « Obsidian », les choses prennent une toute autre tournure. Plus étoffé, moins minimaliste qu’à l’accoutumé, le travail de Carpenter sur Lost Themes ne consiste pas simplement à recycler de vieux plans comme on aurait pu le craindre. Certains titres (« Abyss », « Domain » ou « Obsidian » justement) sont si sinueux et complexes, qu’ils pourraient chacun faire office de bande-originale à un film. Fantastique, horreur, science-fiction, tout y passe et c’est diablement jouissif.

Sans perdre de sa singularité, John Carpenter a réussi le tour de force de sortir de sa formule mythique pour proposer autre chose, à la fois différent et semblable. Alors qu’il aurait facilement pu céder à la facilité, Carpenter a choisi de surprendre l’auditeur, quitte à le déstabiliser parfois, et faire de Lost Themes plus qu’un simple exercice de style. Un disque brillant.

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Toorsch’

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6 commentaires sur “JOHN CARPENTER’S Lost Themes – 2015

  1. bistroman dit :

    Je l’ai repéré la semaine dernière et vais certainement succomber…

  2. franknfurter77 dit :

    Loin d’être aussi emballé. J’aurais même d’ailleurs la dent très dure. Brûlons nos idoles ?
    Certains titres en effet sont intéressants (Purgatory), mais d’autres sonnent, excusez du peu, ringards comme Domain et sa guitare, et d’autres resucées 80’s évoquant les musiques de films d’exploitations italiens (Mystery, etc).Thèmes anachroniques ? Bof
    On est loin, très loin des musiques 80’s du maitre. Décevant et anecdotique.
    Dommage.

    • toorsch dit :

      C’est justement ce qui me plait, ce côté parfois « hors du temps », et le fait de ratisser super large. Alors oui, la première écoute m’a dérouté, mais au final, je suis bien heureux qu’il n’ai pas fait que du « Carpenter »…

      Après je comprends parfaitement ta vision des choses (un peu dure cela dit), j’ai moi-même eu ce genre de réaction avec certaines oeuvres (Survival Of The Dead, par exemple).

      Merci de ton passage.

  3. Joffrey dit :

    Pour apporter une précision à l’article, Carpenter est le parrain de Daniel Davies. C’est un album de famille.
    Sinon je trouve que cet album est un Carpenter pur jus. Je n’ai pas été destabilisé à son écoute, j’ai trouvé ça incroyable de piste en piste puisqu’on y retrouve en filigramme toute sa filmo. De Prince of darkness à Village Of The Damned, en passant par Escape, Vampires, They live… Tout est là, et ce qui permet d’identifier le maitre, c’est la maturité musicale, la grammaire, l’épure, la simplicité, cette patte qui lui est propre, à l’heure où la plupart des compos électro cherchent le moyen de superposer le plus de pistes possibles, pour faire le plus de bruit possible, Carpenter se situe dans la démarche inverse – et ça fait du bien – on revient à une sorte d’évidence, clair, limpide, à l’image de sa mise en scène d’ailleurs: rien de trop, rien de moins, juste le nécessaire pour aller à l’efficace, et on sent qu’il se fait plaisir. Pour ce qui est de Cody Carpenter, il avait composé la BO de « Pro-Life » de la série des Masters Of Horror, quelques unes de ses compos persos circulent également sur youtube, et ce qu’on peut dire est que le rejeton affiche déjà un style très marqué, que l’on retrouve ici, en adéquation avec celui du père, et qui procure à cet album un coté héritage familial, presque un passage de flambeau, quelque part.
    Pour ce qui est des pistes un peu plus film d’horreur italien, c’est une référence aux Goblin que Carpenter a toujours revendiqué comme une inspiration. C’est tout à fait cohérent avec ce qu’il a toujours fait. Bref, un album indispensable pour les cinéphiles, que dis-je, un must-have pour les fans.

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