BLUES BLUES BLUES AND SOUL!

mardi, mars 3rd, 2015 par Toorsch

me_and_the_devil_blues

WOKE UP THIS MORNING…

Avec Blues Blues Blues and Soul! nous explorerons le(s) blues et la musique noire-américaine, plus quelques zébrures blanches, mais aussi d’Angleterre, d’Afrique ou même d’ici. Rien n’est établi et surtout, rien n’est interdit. Sans purisme puritain ou vaine érudition, nous voyagerons sur les eaux troubles de la Louisiane, entre les chaines de montages de Motor City ou dans les rues malfamées de Chicago avec simplement la musique en colonne vertébrale. Le feeling sans trop d’analyse, juste la résonance des graves et des aigus…

don covay

DON COVAY & THE JEFFERSON LEMON BLUES BAND – The House Of Blue Lights – 1969

Don Covay est mort il y a tout juste quelques semaines, le 31 janvier 2015 pour être exact, dans l’indifférence la plus générale. Triste.

Ce n’est certes pas le meilleur préambule pour présenter ce juteux album de Blues-Rock poisseux, mais la chose devait être dite. Avec The House Of Blue Lights, son troisième Long-jeu, Don Covay quitte la Southern Soul pour les sentiers plus cahoteux du blues. L’album s’ouvre sur une dantesque reprise de « Key To The Highway » de Big Bill Broonzy, le son est profond, chaud, brûlant comme du bitume sous quarante degrés d’un soleil de plomb. La suite est du même tonneau en chêne massif, du furieux « Mad Dog Blues » aux volutes enfumées de « The House Of Blue Lights, Pt1 »; tout ici est strictement indispensable.

A noter que ce grand disque de blues contient, malgré tout, une tuerie Soul à faire pâlir d’envie les cadors du genre, son nom: « Homemade Love ». Ce morceau est peut-être en légère rupture de ton avec le reste de l’album, mais on lui pardonnera volontiers de dépareiller ainsi…

Lien Deezer

sweet tea

BUDDY GUY – Sweet Tea – 2001

Ce disque semble sortir du marais comme la créature du même nom, il est encore couvert de boue, il suinte, il ruisselle. C’est le prix à payer pour être né dans le Bayou. Quelle mouche a bien pu piquer Buddy Guy pour qu’il nous ponde un tel engin? Son Sweet Tea est fondamentalement plus proche d’une bonne rasade de Jack Daniel’s que d’un Earl Grey avec un nuage de lait.

Buddy Guy a mille ans lorsqu’il reprend seul à la guitare le « Done Got Old » de Junior Kimbrough. Si ce morceau entièrement acoustique est un leurre, il n’en est pas moins viscéralement poisseux, « Done Got Old » émane directement de l’âme du bluesman, toute la panoplie est là, le diable qui guette Robert Johnson ou le feeling aveugle de Blind Willie McTell, tout est concentré en seulement trois minutes de pur fantasme bleuté.

L’atmosphère change radicalement avec « Baby Please Don’t Leave Me » du même Kimbrough, une déflagration insensée d’une lourdeur effrayante. D’abord la batterie résonne comme une porte grillagée claquée par un maniaque, puis la basse, massive au-delà de l’imaginable, et enfin, la guitare, aigre, saturée, excessive. Le groupe bâtit ainsi un terrain de jeu idéal et dévasté pour les plaintes, excessives elles aussi, du Bluesman. Là encore nous sommes dans le fantasme, l’archétype du blues, l’homme qui supplie inlassablement la femme qui le broie de rester avec lui. Misérable jusqu’au bout. De haut de ses 7 minutes 30, cet Everest sudiste achève déjà l’auditeur, vainqueur par K.O. Il reste pourtant un paquet de titres, tous tirés de la même barrique, tous suintant la boue et flirtant avec l’occulte. « Stay All Night », « Tramp », « It’s A Jungle Out There », rien que du gros son authentiquement taré.

Les Black Keys ont eux aussi repris du Kimbrough, mais ils ne sont pas allés au bout de la chose, ils n’ont pas osé les profondeurs, mais Buddy Guy oui.

Lien Deezer

Voilà qui suffit pour un premier volume, seulement deux albums certes, mais d’une densité mercurielle, plus d’un seul coup, ça serait franchement du vice. Et puis nous avons tout le temps qu’il nous faut, ne nous hâtons pas inutilement…

Toorsch’

Post-scriptum: L’image de RJ au croisement qui orne fièrement cet article est tirée du manga Me And The Devil Blues de Akira Hiramoto, inutile de préciser que c’est une lecture fort recommandable.

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2 commentaires sur “BLUES BLUES BLUES AND SOUL!

  1. Jimmy Jimi dit :

    Très belle entrée en matière, j’attends la suite avec une réelle impatience parce que tu as su trouver un angle original.

    • toorsch dit :

      Merci Jimmy,

      ça trotte depuis un moment cette idée, j’ai déjà quelques brouillons d’étapes en tête, quelques disques que je sais dorénavant, mais l’ordre des destinations, non. Le voyage sera probablement aléatoire. Quelques inconnues encore dans l’équation, mais le sujet est vaste et je l’aborderai sans être exhaustif bien entendu…

      Merci de ta visite.

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