BLUES BLUES BLUES AND SOUL! Part V

samedi, mars 21st, 2015 par Toorsch

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HÉRITAGE 

Dans cet épisode il ne sera pas question d’une destination précise, mais plutôt de filiation et d’influence(s). Au travers de leurs parcours et de leurs démarches artistiques, Taj Mahal et Ben Harper sont assez semblables, l’un étant clairement le disciple de l’autre. Jamais réellement sur les chemins balisés, multipliant les expériences et les collaborations diverses, ces deux figures emblématiques du Blues et du Folk tracent leurs routes sur des cartes qui n’appartiennent qu’à eux. Entre boulot d’archivistes et recherches constantes de nouveautés, Taj Mahal et Ben Harper éclatent les cloisonnements stricts des genres au risque de dérouter.

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TAJ MAHAL – Giant Step/De Ole Folks At Home – 1969

Troisième album studio de l’artiste, Giant Step/De Ole Folks At Home est double, mais ce n’est pas qu’une simple question de format (alors très en vogue), ce disque est double car il crée un pont entre les origines et le moderne. Séparé en deux parties bien distinctes: Giant Step, le versant électrique et De Ole Folks At Home, encyclopédique et acoustique.

Giant Step d’abord, une épopée sinueuse au cœur de la musique noire (mais pas que), au-delà du blues, au-delà des frontières trop étroites du genre. Passé le sifflotant morceau d’introduction, Taj Mahal embraye sur une relecture de « Take A Giant Step » originellement interprété par The Monkees. Le bluesman transforme ce mignon petit morceau de pop psychédélique en un sommet du cool, à la lisière du folk et de la soul. Ici, le parallèle avec Ben Harper est évident. Vraiment. Entre les mains de Taj, « Giant Step » devient une évidence de beauté et de décontraction.

Avec « Give Your Woman What She Wants », Taj Mahal ressort sa guitare slide du placard le temps d’un ultime blues incendiaire, rappelons que l’homme maîtrise bien les glissements de manche, sa reprise de « Stateboro Blues » de McTell parue l’année précédente en atteste. L’Allman Brothers Band saura s’en souvenir lors de son passage à Fillmore East… Le reste du premier disque jongle entre country, folk et blues électrifié, toujours brillant peu importe le style. La marque des grands.

De Ole Folks At Home, le second volume, est peut-être plus intéressant encore, car plus roots, plus profond, plus vrai. Enregistré en solitaire dans des conditions plus que rudimentaires, De Ole Folks revisite Leadbelly et un paquet de traditionnels sans doute piochés dans la bibliothèque du congrès. Les quelques compositions originales ne dépareillent pas, preuve que Taj Mahal s’inscrit dans la grande lignée des Songsters du Blues. « Country Blues #1 », « Wild Ox Moan » ou encore « Annie’s Lover », c’est de l’histoire, le début de tout.

Lien Deezer

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BEN HARPER & CHARLIE MUSSELWHITE – Get Up! – 2013

Putain Memphis Charlie et Ben Harper, une rencontre placée sous le signe du Blues, la chose a de quoi faire frémir. Ceci dit, il faut toujours se méfier des rendez-vous au sommet, ce sont souvent des actes manqués. Mais pas Get Up!, qui est juste un sacré bon disque de Blues à l’ancienne et sans fioritures. Avec sa guitare qui slide sauvagement en acoustique ou en électrique, sa section rythmique diabolique (assurée par les Relentless7) et l’harmonica de Charlie qui s’oxyde et grince tout du long avec bonheur.

Entre ruralité rustique et urbanisme bétonné, Get Up!, en bon album moderne, explore les Blues sans se soucier des écoles. Il faut dire que le duo possède de la bouteille (de liqueur frelatée de préférence), il sait tout, il peut tout. Des salves mississippiennes que sont « Don’t Look Twice » ou « We Can’t End This Way » aux fleurons citadins et saturés bien représentés par des morceaux de choix (« I’m in I’m Out And I’m Gone » et « I Ride At Down »), le binôme explose les carcans.

Il avait bien besoin de ça Ben Harper, de ce vieux compagnon de route de plus de 70 balais, pour sortir un peu du coup de mou qui semblait l’engluer. Là, le Blues résonne à nouveau avec bonheur, vibrant dans les graves, soufflant fort dans les aigus. De rouille, de sueur et de sang, il sonne comme au premier jour.

Lien Deezer

Une affaire de filiation donc, pas toujours évidente certes, tant les personnalités sont fortes, mais les stigmates sont là, inaltérables. Sur ce, reprenons la route, de nombreux croisements nous attendent encore…

Toorsch’

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2 commentaires sur “BLUES BLUES BLUES AND SOUL! Part V

  1. Jimmy Jimi dit :

    Merci pour ce nouveau volet toujours aussi intéressant. Pour Ben Harper, j’ai vraiment été touché par l’album enregistré avec sa maman…

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