HALLOWEEN SPECIAL FEATURE

samedi, octobre 31st, 2015 par Toorsch

halloween3-masks

La nuit tombe et la lune se lève, mauvaise comme tous les 31 octobre. Doucement la brume envahit le cimetière, c’est l’heure des morts. Bientôt ils rôderont dans les rues accompagnés de vampires, loups-garous et autres chimères. Sur le perron de la cabane perdue au fond des bois, une bougie chancelante offre à Jack O’Lantern le plus tranchant des sourires. Toc Toc !!! Qui frappe à la porte ? Des goules ! Qui a peur des goules ?

On envoie le générique, musiques flippantes, images flippantes, cris flippants, enfin bref plein de trucs flippants. Bienvenue dans notre HALLOWEEN SPECIAL FEATURE.

Hello Kiddies, c’est moi, le Gardien de la cabane. Alors, on est en manque d’hémoglobine et de chair en putréfaction? Pas d’inquiétude, je vous ai concocté un petit dossier bien moisi, du genre à vous bouffer le cerveau et vous glacer le sang. J’espère que l’odeur de mort ne vous dérange pas trop, car vous allez pénétrer dans le sous-sol de la cabane, plein de friandises faisandées et dégoulinantes vous y attendent…

De Tales From The Crypt à Creepy et Eerie.

Commençons avec de la lecture très ancienne. Dans les lointaines années 50, bien avant la censure et le vilain Comics Code, sévissait une « petite » maison d’édition nommée EC Comics. Une joyeuse bande d’allumés, avec à sa tête un patron visionnaire du nom de Bill Gaines ( à ne pas confondre avec Ed) secondé par le formidable Al Feldstein. De grands dessinateurs tel Jack Davis ou Wallace Wood ont également participé à l’aventure, offrant aux parutions de cette (véritable) maison des idées une chose qui manquait cruellement à la concurrence: de la classe…

logo EC

Plusieurs séries sortiront des cerveaux imaginatifs (malades) de chez EC, dont la plus célèbre demeure Tales From The Crypt. Son adaptation en série télévisée y est pour beaucoup, mais on en reparlera. Le concept des séries EC était très simple, chaque numéro comprenait quatre histoires de six à huit pages se terminant toutes sur un twist choquant et inventif (pour l’époque). Le tout présenté par une belle brochette de monstres à l’humour bien pourri et morbide.

tales

Mais si Tales From The Crypt est passé à la postérité, il ne faut pas non plus négliger les autres parutions maison, tels Weird Science (de la très bonne science-fiction), Crime Suspenstories (du policier bien cool) et surtout Shock Suspenstories (un mélange des trois, avec en plus à chaque numéro une histoire portant un regard aiguisé et novateur sur les problèmes sociétaux d’alors). Tout y passe, racisme, violence conjugale et même crime fratricide. Mais, car il y a toujours un mais, ne pas prendre les enfants pour des cons et leurs offrir la possibilité d’un regard nouveau, ça plaisait moyen aux tenants de la censure, et le couperet ne tarda pas à tomber, portant le doux nom de Comics Code Authority. Cela sonna le glas de l’age d’or d’EC Comics qui peu à peu se fera ronger par les asticots.

N’est-ce pas là, une histoire délicieuse les enfants? Vous sentez la cruelle ironie ou pas?!

Communiqué du monde normal: Tout le catalogue (ou presque) de EC Comics est en cours de réédition en français aux éditions Akileos, dans de luxueux et épais volumes. Il va sans dire que tout cela est de l’ordre de l’indispensable.

creepy

L’héritage de EC Comics fut grand, il est d’ailleurs encore palpable aujourd’hui. Mais les plus proches parents des revues citées plus haut sont sans conteste les magazines Creepy et Eerie, tous deux distribués par Warren Publishing à partir du milieu des années soixante. Poursuivant le travail entamé par Bill Gaines plus d’une décennie plus tôt, James Warren a lui aussi mis la qualité au centre de ses projets, d’abord en s’entourant d’illustrateurs brillants tels que Frank Frazetta (qui a dit génie?) et Richard Corben, puis en adaptant des légendes de la littérature de genre (Bram Stocker et Edgar Poe) en plus des scénarios maison absolument délectables.

De part son format, son prix et sa ligne éditoriale plus « adulte », le duo Creepy et Eerie ne tombait pas sous l’autorité du Comics Code (prends ça dans la gueule vilaine censure), ce qui offrit aux publications Warren une plus longue durée de vie. Environ vingt ans. Si les monstres, fantômes, goules et autres vampires étaient toujours de la partie, ici l’horreur se fit moins frontale, moins gore, plus insidieuse, plus mature. D’autant qu’au fil du temps, les histoires furent de plus en plus longues, de plus en plus travaillées, lorgnant même souvent vers la science-fiction.

En voilà une histoire qui finit bien, n’est-ce pas les kids? Rien n’arrête jamais l’horreur, ne l’oubliez jamais…

eerie

Communiqué du monde normal: Tout comme les parutions EC, Creepy et Eerie sont actuellement réédités en France. Pas en intégralité, malheureusement, mais le travail réalisé par les éditions Delirium est si qualitatif (du coup les ouvrages coûtent un peu) que cela n’est finalement pas si grave.

Eerie, Indiana et Tales From The Crypt la série télé.

Pour les gosses des années 90 friands d’hémoglobine, voici deux séries télé bien juteuses qui ne manqueront pas de raviver souvenirs et frissons.

Dans la ville d’Eerie en Indiana, c’est Halloween toute l’année. Les phénomènes étranges sont légion, mais Marshall Teller accompagné de son jeune pote Simon Holmes mènent l’enquête. Derrière cette idée toute bête se cache l’une des séries pour gamins les mieux foutues de tous le temps (peu étonnant avec Joe Dante aux commandes de plusieurs épisodes), à la croisée des chemins entre Les Goonies, Gremlins, Stand By Me et les comics EC (influence toujours).

Eerie, Indiana (Marshall et Simon en VF) a beau n’avoir duré qu’une seule saison (et encore…) elle aura marqué les esprits.

eerie indiana

Hey les kids, voici une liste de trois épisodes bien cool pour pimenter votre petite soirée d’Halloween, une mise en bouche avant la mise en bière…

  1. FOREVER WARE (Jeunesse éternelle): Premier épisode de la série. Une bien étrange histoire de jeunesse éternelle ou quand l’horreur débarque dans le quotidien à grand renforts de famille modèle et de Tupperwares géants. Flippant.
  2. THE LOST HOUR (L’Heure perdue): Dixième épisode de la série. Une histoire de science-fiction digne des meilleurs épisodes de la Quatrième Dimension. Quand le changement d’heure devient un jeu dangereux.
  3. REALITY TAKES A HOLIDAY (La vérité): Dix-huitième et avant-dernier épisode de la série. Gros défonçage de quatrième mur, Joe Dante inside. Doit-on en dire plus?

Communiqué du monde normal: L’intégrale de Marshall et Simon fut éditée en DVD par Kaze en 2010. Pas de VO, image digne de la pire des VHS, bref à éviter. Et dire que c’est le seul moyen de visionner la série de manière légale en France. Fuck you Kaze!

Approximativement à la même période, Tales From The Crypt fut adapté en série-télévisée, et pas par dessus la jambe comme on le ferait aujourd’hui, non, l’antique comic eut droit à un traitement grand luxe. Acteurs célèbres en pagaille (Joe Pesci, Dan Aykroyd, Michael J. Fox et bien d’autres), production parfaite et sommet du bon goût, un générique légendaire composé par Danny Elfman (clic ). De quoi vous faire sévèrement frissonner d’entrée de jeu. A la belle époque ce petit théâtre du gore, présenté par un Cryptkeeper complètement déjanté, passait le jeudi soir sur M6 (oui, la chaîne de coaching…), et ça c’était cool, vraiment cool!

crypt keeper

Comme son nom ne l’indique pas, Tales From The Crypt n’est pas simplement une adaptation du comic du même nom, mais de presque tout le catalogue EC. Du coup, la série est vachement variée.

Hey les kids, voici encore une liste de trois épisodes, histoire de poursuivre la soirée en beauté bain de sang…

  1. WHAT’S COOKIN’ (Qu’est-ce que tu mijotes?): Saison 4 Episode 6: Véritable orgie culinaire mitonnée par un Christopher Reeve au sommet et dans laquelle Meat Loaf n’a jamais aussi bien porté son nom…
  2. THE NEW ARRIVAL (La dernière émission): Saison 4 Episode 7: L’éducation des enfants n’est pas une chose aisée, même pour un pédopsychiatre star de la radio… Un des épisodes les plus flippants de la série.
  3. WELL COOKED HAMS (Illusions perdues): Saison 5 Episode 8: Un tour de magie dévorant et un Martin Sheen au zénith de son art. Cet épisode possède une ambiance bien particulière, à la lisière du fantastique et du gore.

Communiqué du monde normal: La série est disponible en France au format DVD, mais pas dans son intégralité et de surcroît dans le désordre. Mais techniquement, sans être folichon, c’est bien mieux que Marshall et Simon.

And Now: Some Rock ‘n’ Roll

Bon les kids, c’est bien joli tout ça, mais pour dignement saigner Halloween, il va nous falloir un peu de son strident. Et pour ça, rien de tel que ce bon vieux rock, tendance hard de préférence. Alors, voici deux nouveautés qui finiront de rassasier les vilaines goules affamées que vous êtes!

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UNCLE ACID – The Night Creeper

Pas inquiétude, Uncle Acid creuse toujours le même sillon occulte, le groupe creuse même un peu plus profond à chaque fois. Si Mind Control était l’album de la dope, The Night Creeper est clairement celui de la mort. C’est la bande-son des nuits glauques, peuplées de putes et de tueurs en série. En ouverture « Waiting For Blood » donne le la, l’ambiance sera lourde, plombée, comme aux jeunes heures de Black Sabbath. Mais Uncle Acid est plus extrême encore que ses glorieux aînés, ici rien ne semble feint, sa musique parait sortir tout droit d’un esprit dérangé à la Charles Manson.

A noter que l’album fut intégralement enregistré en analogique, à l’ancienne, et il sonne authentiquement crade. Pas de bidouille numérique à deux balles, pour preuve le morceau « Melody Lane », sorte de gros monolithe noir tournant sur un riff de plomb à l’efficacité irréelle. Il y a aussi « Slow Death », le titre qui clôt l’album (en fait pas vraiment, puisqu’il y a une piste cachée), psychédélique à souhait, qui se déroule lentement à la manière d’un générique de fin.

La formidable pochette est signée Jay Shaw à qui l’on doit déjà bon nombre d’artworks pour le label Death Waltz, spécialisé dans la B.O horrifique.

Lien Deezer

Ghost_Meliora

GHOST – Meliora

Les suédois de Ghost sont de retour avec Meliora (Meilleur en Latin), un troisième album en forme d’aboutissement enregistré entre Los Angeles et Stockholm. La formule reste la même, mais elle s’affine, s’aiguise, devient plus puissante encore. Sous le règne d’un nouveau pape, Papa Emeritus III, l’église satanique de Ghost semble prête à conquérir le monde.

La capacité que possède le groupe à marier sans mal mélodie pop, chant clair et métal lourd, tient autant du tour de force que d’une grande maîtrise musicale. Ici, les perles s’enfilent et ne manquent pas, « Mommy Dust », « From Pinnacle To The Pit » ou « Cirice », tout (ou presque) est phénoménal. Lucifer ne pouvait rêver meilleurs ambassadeurs, le satanisme est à considérer comme une alternative possible en ces temps de tempêtes religieuses…

Lien Deezer

Bonus sonore de la mort: Une longue playlist Deezer échafaudée par le Gardien dans la cave de la cabane. Si vous en avez les tripes, il vous suffit de cliquer ici.

Alors Kiddies, ça vous a plu? Ce programme spécial d’Halloween touche à sa fin. L’aube pointe déjà, les morts regagnent le cimetière, les vampires leurs cercueils et les loups-garous redeviennent de baves, euh braves citoyens… Quant à nous, donnons-nous rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle nuit de bonheur, pardon, je voulais dire, d’horreur… hahahahahaha!!!!!

Toorsch’

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