BLUES BLUES BLUES AND SOUL! Part IX

jeudi, novembre 5th, 2015 par Toorsch

Blues

LATE 60’S COSMIC BLUES

Des profondeurs du bayou jusqu’aux confins du cosmos en passant par Frisco, Soul Francisco. Nous sommes à la toute fin des sixties, et les vibrations venues d’Albion ont fait (re)découvrir aux ricains le seul véritable or noir: le blues. Il aura donc fallu que de British petits blancs (on y reviendra pour sûr) fassent le travail. L’histoire prend parfois de biens étranges détours… Mais qu’importe, les disciples de Johnson, McTell, Hooker, Waters (on y reviendra aussi, un peu de patience) sont dans la place, bien décidés à faire tomber toutes les barrières. 

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CANNED HEAT – Boogie With Canned Heat – Jan 1968

Du John Lee Hooker cosmique noyé dans des vapeurs d’acides et des effluves d’herbe mexicaine, voilà comment on pourrait aisément qualifier la musique de Canned Heat. La description peut paraître ampoulée ou surfaite, mais la simple écoute du monumental single « On The Road Again » confirme la chose. On privilégiera d’ailleurs la version album, un peu plus longue, qui accentue encore plus l’aspect drone de ce blues des profondeurs. Et si Canned Heat injecte beaucoup de psychédélisme dans son blues, il n’en perd jamais la substance brute. C’est que Bob Hite et Alan Wilson, en grands amateurs, connaissent leurs classiques.

Boogie With Canned Heat est seulement le deuxième LP du groupe, mais il sonne déjà comme une sorte d’aboutissement. C’est un disque qui suinte le blues graisseux par tous les pores de son vinyle, à la manière des futurs ZZ Top mais en plus roots et moins démonstratif. Et c’est justement ce côté brut de décoffrage qui offre à cet album son intemporalité, et ce malgré les oripeaux psychés qui habituellement résistent plutôt mal aux coups portés par le temps.

Généralement, j’aime bien citer les meilleurs titres d’un disque en guise d’aiguillage, mais avec celui-ci je suis pris au dépourvu. Non pas que tout y soit excellent, il y a des liqueurs plus frelatées que d’autres, mais j’ai la sensation que Boogie With Canned Heat ne se savoure véritablement que dans son entièreté. C’est uniquement ainsi que le jus s’épaissit et que l’herbe se fait plus grasse…

Lien Deezer 

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JANIS JOPLIN – I Got Dem Ol’ Kozmic Blues Again Mama! – Sept 1969

De Port Arthur aux plus lointaines étoiles de l’univers… Janis Joplin aura filé à la vitesse de la lumière, se consumant d’un feu trop intense. Combien de trous noirs dans les veines, combien de blues envoyés par sa voix brisée? Du vrai blues, de celui qui se nourrit des tourments.

Exit Big Brother, bienvenue au Kozmic Blues Band, et Janis devient enfin la maîtresse de cérémonie. Elle prêchera dans le territoire flou qui marie la soul et le blues. D’entrée ce qui frappe, c’est la puissance folle de cette soul blanche, « Try (Just A Little Bit Harder) » est un peu le Graal du genre. En fait Janis Joplin y rivalise avec le Elvis de From Elvis In Memphis, c’est bien la seule à pouvoir le faire. Pareil pour « Maybe », tout y est, des cuivres à la rythmique en passant par la guitare, ce morceau est simplement irréel de beauté. Joplin au chant, ou plutôt aux incantations, alterne entre velours et tempête de sable, et nous, pauvres auditeurs, on se prend toute l’émotion en choc frontal, il ne nous reste que les yeux pour pleurer.

En face B, « To Love Somebody », le joyau pop des Bee Gees se métamorphose en un puissant gospel, et soudain le refrain pourtant si simple des frangins Gibb devient un cri des entrailles, une question de vie ou de mort, une prière. Et puis/surtout, il y a « Little Girl Blue », la chanson qui contient tout Janis, la chanson qui raconte absolument tout, le début et la fin. Cette fin qui arrivera bientôt, des trous noirs plein les veines…

Lien Deezer  

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TONY JOE WHITE – …Continued – Oct 1969

Retour sur terre, la gueule fracassée dans la boue du bayou, à se disputer sa part de marécage avec des crocodiles affamés et des autochtones armés jusqu’aux dents. Mais déjà le salut pointe, les éléments se déchaînent, la tempête semble prête à tout ravager sur son passage. Le vieux monde humide semble plier sous le poids des assauts de Tony Joe et de sa bande de freaks. C’est que le gars envoie du lourd d’entrée de jeu avec « Elements And Things », un de ces savants mélanges de blues, de rock et de soul dont lui seul connait la potion.

On a souvent comparé Tony Joe White avec Creedence Clearwater Revival, la filiation est certes évidente, mais le swamp-rock balancé ici est bien plus viscéral que celui du combo de Frisco. Proximité du bayou oblige. L’autre différence majeure, c’est toute cette soul qui corse sacrément le gombo de Mr White. En témoignent les bouillants « Roosevelt and Ira Lee » et « Old Man Willis ». Mais le mec est aussi très bon lorsqu’il donne dans la ballade hantée pour nuit pluvieuse, qu’on se le dise, « Rainy Night In Georgia » est une des plus belles choses que ce foutu monde ait jamais chié!

Un jour, il faudra réellement réhabiliter ce gars et lui donner la place qu’il mérite au panthéon du rock. C’est à dire pile entre Elvis (il lui ressemble un peu d’ailleurs) et Isaac Hayes. Mais avant cela, laissons-le vivre encore et encore, car le salaud en a toujours sous le pied!

Lien Deezer

Il nous faudra remonter le temps à plusieurs reprises encore, grimpez dans le Tardis les amis, il y a suffisamment de place, il est plus grand à l’intérieur…

Toorsch’ 

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