BLUES BLUES BLUES AND SOUL! Part XI

lundi, mars 28th, 2016 par Toorsch

Voyager-Golden-Record

DANS LE SUD AVEC LES PIONNIERS

Remontons un peu le temps. Années: 1920-30. Lieus: Texas, Géorgie et Mississippi. Pour ce premier retour aux sources, trois bluesmen, choisis avant tout pour la portée gigantesque de leur musique, mais aussi par le hasard heureux de leurs patronymes qui s’imbriquent plutôt bien. Blind Willie McTell, Blind Willie Johnson et Robert Johnson. Delta blues, alcool, femmes, acide sulfurique, poison et sondes spatiales Voyager, bienvenue dans les eaux troubles des défricheurs sudistes.

Blues 1

BLIND WILLIE McTELL – King Of The Georgia Blues (Coffret 6 cd)

« No one can sing the blues like Blind Willie McTell », ce n’est pas moi que le dis c’est Bob Dylan. On pourrait s’arrêter là, tant en peu de mots, tout semble être dit. Mais ce n’est pas le genre de la maison. D’abord un peu d’histoire, Blind Willie McTell de son vrai nom Willie Samuel Mc Tear est né le 5 mai 1898 (mais c’est pas tout à fait certain) à McDuffie en Géorgie. Comme son nom de scène l’indique, il est aveugle. Entre le jour de sa naissance et celui de sa mort, le 19 août 1959 il deviendra un formidable bluesman dont le rayonnement est encore visible de nos jours. Capable de lire et écrire la musique en braille, le gars joue façon finger-picking sur une guitare 12 cordes. Son style est à la fois rustique et raffiné, son chant jongle habilement entre le blues pur et quelque chose de plus folk. C’est d’une modernité redoutable. D’ailleurs Jack White lui doit tout et le rap aussi un peu.

Le présent coffret renferme (à prix modique) l’intégralité (?) des enregistrements de Blind Willie McTell. Il serait laborieux de faire le répertoire ici, mais sachez juste que c’est un fantastique voyage au cœur de la musique américaine qui s’offre à vous, et qu’on y retrouve les bases de tout ce qui se fait actuellement. Presque en l’état. Pas convaincu? Ecoutez « Southern Can Is Mine ».

Lien Deezer (compilation 2cd)

blues 2

BLIND WILLIE JOHNSON – The Soul Of A Man

Avec Blind Willie Johnson, c’est le grand fossé entre une vie misérable et un après potentiellement infini et bien réel. Je m’explique. Blind Willie Johnson de son vrai nom Willie Johnson, est né le 22 janvier 1897 (mais c’est pas tout à fait certain) à Beaumont au Texas. Sa mère décède alors qu’il n’a que trois ans. A partir de ce moment, le sort commencera à s’acharner sadiquement sur le jeune Willie, car à l’âge de sept ans, suite à une dispute conjugale, sa belle-mère lui jettera de l’acide sulfurique au visage. Il perdra la vue. Durant sa « carrière » Blind Willie Johnson enregistrera une bonne trentaine de titres, principalement d’inspiration religieuse, souvent accompagné, au chant, par sa femme Angeline. Son jeu de guitare Bottleneck d’une redoutable fluidité contraste génialement avec sa voix lourde et parfois cassée.

Entre le jour de sa naissance et celui de sa mort, le 18 septembre 1945, Johnson aura vécu dans la pauvreté, devenant même, un temps, sans abri. Ce qui lui inspirera le morceau « Dark Was The Night-Cold Was The Ground », un blues surnaturel semblant émaner autant des profondeurs de l’esprit humain que de la froideur crue de la nuit. Soudain, c’est tout l’acharnement d’un homme qui devient musique. Une musique paradoxale. Ry Cooder se servira de ce thème comme colonne vertébrale de la bande-originale du film Paris, Texas de Wim Wanders. Rob Zombie utilisera également le morceau en ouverture de son chef-d’oeuvre déviant, The Devil’s Rejects. Mais surtout, « Dark Was The Night » figurera en bonne place sur le Voyager Golden Record, le fameux disque envoyé dans l’espace avec les sondes Voyager.

En septembre 2013, « Dark Was The Night-Cold Was The Ground », le chant désespéré d’un laissé pour compte noir du sud des États-unis, a franchi les limites de notre système solaire. Il devrait passer à proximité d’une nouvelle étoile d’ici 40 000 ans…

Lien Deezer

blues 3

ROBERT JOHNSON – The Centennial Collection

Robert Johnson, tout le monde connait la fable. Le diable, le croisement, le prix à payer. L’affaire sonne comme une légende urbaine, un avertissement. N’empêche que, combien de rockeurs suivront la même route, s’arrêteront au même croisement? Johnson serait parait-il le premier membre et donc le fondateur du fameux Club 27. Il laisse derrière lui un bien lourd héritage.

Avant de réimprimer la légende, démystifions un peu. Le fait est que Robert Johnson est un musicien tardif. Il n’a pas de talent inné, il devra travailler pour ça. Piètre guitariste, humilié par Son House, qui lui conseillera d’abandonner la guitare et possiblement le blues. Johnson apprendra et reviendra triomphant avec ses chansons évoquant l’enfer et sa légende montée de toutes pièces. Certains disent même cette dernière piquée à un certain Tommy Johnson. Calculateur le bonhomme, peut-être, n’empêche que les chansons sont là, immuables, cultivant son propre mythe: « Crossroad Blues », « Me And The Devil Blues », « Hell Hound On My Trial ».

Un soir d’été, le 16 août 1938 pour être précis, après un concert bien arrosé dans un bar de Greenwood, Mississippi, Robert Johnson tirera sa révérence dans des circonstances étranges. L’histoire retiendra le verre empoisonné gracieusement offert par un taulier jaloux dont Robert aurait tenté d’emballer la gonzesse. Et la légende, le fait qu’avec le diable on paye ses factures à l’heure.

Quelques mots sur la qualité sonore de la présente édition. Oubliez toutes les autres compilations disponibles sur le marché consacrées à Robert Johnson, le son est ici incroyable. De quoi redécouvrir dans les meilleures conditions possibles l’oeuvre du monsieur. Indispensable.

Lien Deezer

Toorsch’

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