JOHNNY CASH – Orange Blossom Special -1965

vendredi, octobre 7th, 2016 par Toorsch

cash-blossom

Voici l’album complètement cramé d’un Johnny Cash en perdition, en pleine période Pills a Go Go.

Nous sommes en 1965, en gros dix ans après les débuts fracassants chez Sun Records. Les temps glorieux semblent bien loin déjà et les pionniers ne sont plus que des reliques. « Merci d’avoir pavé le terrain les gars, mais il faut partir maintenant! » A l’exception, peut-être, des concerts en taules (Folsom et San Quentin), ici commence la traversée du désert. Les yeux bandés au volant d’une Cadillac noire, le pied sur l’accélérateur. Et puis quoi, le sort d’Elvis n’est pas plus enviable, au même moment, il tourne des films à la con et sa discographie s’engraisse de bandes-originales toujours plus douteuses. Au moins Orange Blossom Special a de la gueule lui. Pour tout dire, c’est probablement le meilleur album studio de la vaste période Columbia.

Ça fuse, ça fume, ça crache comme un train lancé à toute blinde. Le boum chicka boum claque toujours plus fort et vite, comme pour mieux précipiter la chute, quitte à foncer dans le mur, autant que ce soit à un train d’enfer. Bien sûr, les ballades meurtrières sont toujours de la partie, jetant un grand voile noir sur un disque qui, pourtant, ne manquait déjà pas de ténèbres. Il y a aussi quelques reprises de Bob Dylan (passage obligé de l’époque) dont une version démente de “It Ain’t Me Babe”. Et si Cash pioche dans le répertoire du (pour un court laps de temps encore) nouveau porte-drapeau du Folk, ce n’est pas par opportunisme, ni pour suivre les goûts du public. L’homme en noir est un vampire qui se nourrit de l’oeuvre de l’autre pour mieux faire vivre la sienne. Le résultat est surnaturel. En février 1969, les deux hommes enregistreront ensemble une fabuleuse relecture de « Girl From The North Country » qui trouvera sa place en ouverture de Nashville Skyline. Une grosse quinzaine de chansons seront enregistrées lors de ces mythiques sessions au pays de la Country, jamais parues officiellement, une hérésie.

Orange Blossom Special est un disque flingué qui tente parfois de s’offrir une respectabilité, mais même « Danny Boy » n’y fera rien, sous le costard noir il y a un junkie. Mais un junkie au sommet.

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