Débuts II – Variations sur un même thème

vendredi, octobre 21st, 2016 par Toorsch

debuts-2

butS II

Et tandis que la longue limousine noire remonte l’avenue, les badauds se figent, laissant l’adrénaline emplir leurs veines avant de se lancer à la poursuite de l’engin. C’est qu’ici, comme ailleurs, on ne laisse pas passer sa chance de devenir quelqu’un. Même pour un petit quart d’heure, après tout on y a tous droit. Alors tant mieux si le vent du nord souffle avec assez de vigueur pour recouvrir leurs pauvres vies d’un épais tapis rouge. Qu’importe s’il faut chanter dans un château ou forcer l’accent sur une île grecque, ils se rêvent déjà assis à la droite du Producteur, à lui sucer les doigts. Alors ils s’avilissent du mieux qu’ils peuvent devant les vitres fumées qui bien souvent ne se baissent pas. Un matin de novembre banal dans une ville banale, habitée par des gens qui ne veulent plus l’être. Le genre de lieu où l’on fait tout pour être reconnu, alors quand la longue limousine noire remonte l’avenue… +

Et tandis que la longue limousine noire remonte l’avenue déserte, brisant le silence d’une ville morte, il n’y a plus personne pour contempler ses lignes taillées à la serpe et sa couleur corbeau. Le vent du nord aura beau souffler toujours plus fort, aucun arbre n’est encore debout dans ce qui semble avoir été un paisible hameau. Quand l’impériale sirène blanche donne le coup de départ du haut du château d’eau, les chasseurs surgissent de leur cachette comme une meute de loups affamés. Le mastodonte sur roues n’aura pas le temps de se perdre dans l’horizon, l’assaut sera bref et violent. Quand la survie en dépend, la stratégie guerrière devient la norme. Ce n’est pas tous les jours que les maîtres du jeu se fendent d’un pareil butin. Un matin de Noël banal, dans une ville malade habitée par des gens finalement très normaux, alors quand la longue limousine noire remonte l’avenue… #

Et tandis que la longue limousine noire remonte l’avenue bondée, les badauds se pressent contre les barrières pour saluer l’important passager qui siège à l’arrière. Cette visite était attendue de tous, les choses allaient enfin changer: la paix, du travail, de la nourriture; il y avait tant de promesses à respecter. Alors tant pis si le vent du nord continue de refroidir les carcasses fatiguées, les cœurs sont déjà plus chauds. Tant de peine, beaucoup trop de haine, l’espoir revit. Les joues creusées sont rouges et les larmes nettoient la crasse accumulée. Un homme observe ce spectacle en ricanant, il insulte les misérables larves qu’il surplombe, lui qui est perché si haut sur le toit du bâtiment des Guerres deserté. Sous les clameurs de la foule, il finit d’armer son fusil. Un matin de fin d’automne banal, un contrat banal pour un sauveur somme toute banal, alors quand la longue limousine noire remonte l’avenue… @

+ Sachet # Toorsch’ @ Sadaya

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