THE THIRD HALLOWEEN SPECIAL

vendredi, octobre 28th, 2016 par Toorsch

2016 halloween

CINÉMA TOUSSAINT – On Your Bloody 31

THE THIRD DEVIANT SHACK’S HALLOWEEN SPECIAL

Nuit noire dans une forêt plongée dans un épais brouillard d’automne, au loin une inquiétante cabane se dessine dans l’obscurité. Vous vous en approchez doucement comme par réflexe, mais quel est cet endroit? Un lieu à la fois terriblement sordide mais aussi ridiculement cliché. Les maigres lumières vacillantes s’échappant des citrouilles taillées pour l’occasion, soigneusement disposées le long du chemin, se disputent à la lune pour éclairer vos pas. Bon dieu! Nous sommes le soir d’Halloween, la Samain, le début de la saison sombre. La nuit des morts. Tout s’explique! Perdu dans vos songes, hypnotisé par les visages déformés gravés dans les cucurbitacées, troublé par l’étrange musique semblant sortir de nulle part, vous ne remarquez pas les tombes qui émergent autour de vous, perçant la terre humide avec peine. Vous arrivez enfin devant la cabane, il faut frapper à la porte, vous ne savez pas pourquoi mais il le faut. Les morts sortent à leur tour de ce sol maudit, leurs râles horribles, mélange de douleur atroce et de férocité primale vous glacent le sang. Vous frappez, plusieurs coups, toujours plus fort, vous hurlez de toute votre âme. Soudain! La porte s’ouvre brusquement sans que personne ne soit derrière…

-Entre! Ça impressionne toujours le coup de la porte automatique. Je me présente, Oncle Toorsch’ le loup-garou. Ne fais pas attention à la poussière, nous n’avons pas souvent l’occasion de recevoir.

-Nous, comment ça nous?

-Ouais, je vis pas tout seul ici, c’est trop flippant. T’as pas vu le brouillard en arrivant? C’est tout le temps comme ça. Sachet?! Amène ta vieille carcasse en putréfaction par ici et puis lâche un peu ce Theremine, c’est assourdissant à la fin!

-C’est donc ça la musique. Je comprends mieux, et pour les morts, les tombes et le reste, c’est aussi vous?

-Quoi? Comment ça, les morts?! Je le savais, putain! Je le savais que c’était un piège, une cabane si spacieuse pour un prix aussi modique!

-Qu…

-Ça pue d’un coup, non? C’est toi qui as pété? Faut pas flipper comme ça, bien sûr que c’est nous pour les tombes. J’ai passé toute l’année à le mettre au point le bousin. Mais qu’est-ce qu’il fout ce con…

-Mais qui?

-Creepy Daddy Sachet le zombie, pour vous servir Monsieur.

-Madame!

-Tu es sûr? Enfin je veux dire: Tu es sûre?

-Laisse tomber, ça ne se voit pas à l’oral.

-Hein?

-Tu aimes le cinéma?

-Oui, enfin je ne vois pas le rapport, mais j’aime le cinéma, Godard, Truffaut, Chabrol, Dany Boon…

-Bon je t’arrête tout de suite avant que ça devienne gênant…

-Ce que mon ami essaye de vous dire, c’est que nous parlons de bobines grand luxe mon bon Monsieur…

-Madame!

-Madame. De cinéma passion, d’amour du septième art, de dévotion totale à la déesse pellicule ma bonne dame.

-Tu connais Tremors 4?

Halloween show 1

TREMORS 4: La légende commence – 2004

Un Film de S.S Wilson

Avec Michael Gross, Sara Botsford, Billy Drago et plein d’autres gens quasi-inconnus!

Hiram Gummer, propriétaire de la mine de Rejection, ville reculée du Nevada, engage un mercenaire pour lutter contre des prédateurs. Leur objectif: détruire toutes les créatures carnivores avant qu’elles n’engloutissent tout sur leur passage…

Alors c’est sûr, avec un synopsis pareil et sans avoir vu les précédents opus, on ne risque pas de tomber dans la zone spoiler alert. Il faut juste savoir que Tremors est une des sagas les plus sympathiques du septième art, rayon B-movies. Il y a même Kevin Bacon dans le premier! En gros, c’est l’histoire de bouseux vivant dans la petite bourgade de Perfection (Rejection dans le quatrième film), un trou paumé dans le Nevada, qui vont subir les attaques de très gros vers de terre carnivores appelés les graboids. Le scénario reste en gros le même pour les quatre long-métrages. Et ça botte des culs putain!

L’idée de génie de ce quatrième volet est de raconter l’origine du mal. Un truc tellement cool, totalement inédit, du jamais vu. Plus sérieusement, la chose sent clairement la pirouette de scénariste en manque d’inspiration, mais en fait, non! C’est vraiment bien amené, bourré de second degré et de références au premier film. Celui avec Kevin « Fucking » Bacon! Car pour être honnête, les épisodes 2 et 3, sans être totalement moisis, ne sont clairement pas aussi jouissifs. Pour couronner le tout, Tremors 4 est également un vrai western avec tout ce que cela implique de personnages haut en couleurs, mention spéciale à Hiram Gummer, bourgeois sans scrupules brillamment interprété par Michael Gross, l’Acteur (avec un grand A) historique de la série.

Pour faire court, Tremors 4 c’est de la série B bien foutue, drôle, gore juste ce qu’il faut et, je me répète, mais c’est un western bordel! Un western avec des gros vers de terre carnivores!!! Et accessoirement une origin story super bien ficelée. De quoi clôturer la saga en beauté!

Bande annonce (Youtube)

-Euh, il existe un cinquième film…

-Tu déconnes, c’est vrai? Mais pourquoi?! C’était pourtant si bien de finir ainsi. Et ma chronique tombe à la flotte en plus.

-Un petit Bloody Mary pour te remonter le moral?

-Oui mais remplace le jus de tomate par…

-Du sang frais?

-Non, pourquoi? Du jus de pomme plutôt. Le jus de tomate ça me refile des aigreurs d’estomac, après je dors pas de la nuit. Et quand je n’ai pas mes huit heures de sommeil, je suis de mauvais poil. Tu saisis la blague? Non? Laisse tomber…

2 minutes plus tard

-Et voilà, on the rocks, comme tu l’aimes.

-A la cuillère, pas au shaker?

-Bien entendu mon ami. Au fait je manque à tous mes devoirs, désireriez-vous vous désaltérer avec un quelconque breuvage madame? Madame comment déjà?

-Non merci. Et c’est Barbara Ripley.

-Wow! Ça c’est un nom qui claque.  

-En effet, comme le souligne maladroitement mon ami, voilà un patronyme pour le moins charismatique. Au risque d’insister je réitère ma demande. Ne voulez-vous vraiment rien boire? J’ai des pleines cales d’un magnifique rhum vieux de 200 ans. 

-Non c’est très gentil… mais attendez? De pleines cales? Je ne comprends pas.

-Oui, voyez-vous, ce rhum, délicieux nectar, est un vestige du temps où je parcourais les océans du monde sur mon fier vaisseau. Peu importe que la mer fut d’huile ou démontée, nous fendions les eaux. Imperturbables. Les cris violents et déchirants du bois craquant sous les assauts incessants des vagues, me reviennent parfois la nuit dans mes son…   

-Non mais ça c’est chiant, passons au deuxième film!

Creature-Black-Lagoon-Poster

L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR – 1954 

Un film de Jack Arnold

Avec Richard Carlson, Julia Adams, Richard Denning et d’autres acteurs en noir et blanc (et en 3d).

Au cœur de l’Amazonie, un paléontologue découvre un fossile de main appartenant à une espèce inconnue. Persuadé qu’il s’agit du chaînon manquant entre l’homme et le poisson, il rassemble une expédition pour exhumer le reste du squelette. L’équipe décide alors de descendre le fleuve en bateau, s’enfonçant dans un territoire sauvage et poisseux, sans se douter que les eaux abritent encore l’étrange créature…

L’étrange créature du lac noir est un film à part dans la grande famille des monstres Universal. Premièrement car c’est l’un des seuls longs-métrages avec un monstre créé par le studio et non pioché dans la littérature populaire. Déjà ça se pose là question difformité familiale. Et deuxièmement, le film fut un des premiers tourné de manière stéréoscopique, en relief quoi. Il faut imaginer le tour de force pour l’époque, surtout pour les scènes sous-marines. Et si l’on parle bien d’une créature originale, assez stylée d’ailleurs, le scénario lui ne l’est pas vraiment. En gros, le film aurait pu s’appeler La belle et le chaînon manquant. On revisite clairement. Un procédé douteux encore souvent utilisé de nos jours par des réalisateurs peu scrupuleux, qui de surcroît nous jureraient avoir inventé l’eau tiède. Oui James Cameron, je parle de toi…

L’étrange créature du lac noir est un classique, un véritable chef-d’oeuvre du genre. Un film beau dans sa forme comme sur le fond. Les ballets sous-marins offrent de vrais moments de poésie cinématographique, même lorsqu’ils sont pleins de tension. De plus le long-métrage n’est jamais binaire dans sa morale et l’on aura plus tendance à prendre parti pour la pauvre créature traquée que pour les humains, cupides et agissant en meute. La belle et la bête toujours, avec un syndrome de Stockholm moins blindé quand même. Si le film date un peu de par le jeu des acteurs et certains tics de réalisation, plus de 60 ans au compteur ma bonne dame, il n’en demeure pas moins un divertissement de haut vol!

Pour son soixantième anniversaire en 2014, le long-métrage est ressorti au cinéma (et en Blu-ray) dans une copie restaurée absolument magnifique, avec sa 3D d’origine, qui n’a rien à envier aux productions actuelles. Loin de là. Mention spéciale: putain c’est beau sa mère!  pour le steelbook du Blu-ray.

Bande annonce (Youtube)

Etrange_creature_du_lac_noir_steelbook_3D-489x600

-Il existe deux suites au film. Dans le deuxième opus de la trilogie, on peut apercevoir le tout jeune Clint Eastwood dans l’une de ses premières apparitions sur grand écran. Ah, Clitis, que tu fus grand avant de devenir sénile et de soutenir Donald Trump. La vieillesse est un naufrage… 

-Savez-vous madame qu’il existe également un film intitulé Le retour de la créature du Lagon datant de 1989, mais qui n’a aucun lien avec le long-métrage d’origine?

-Non, mais…

-Ouais, le titre original du film dont cause mon ami mort-vivant est The Return of Swamp Thing. Un nanar sympathique, avec des boobs partout, faisant suite au Swamp Thing de Wes Craven adapté du comic du même non. Le mec qui a traduit le titre en français s’est planté en beauté, il a confondu les deux créatures. Peut-être aussi qu’il n’en avait rien à foutre!

-C’est plus probable.

-Putain j’ai la dalle, pas vous?

-Vous n’allez pas me dévorer, bande de dégéné..

-Du calme, Barbara, vous permettez que je vous appelle par votre prénom?

-Je crois, euh, oui.

-Il nous reste du Gouda au cumin, qui soit dit en passant, se marie parfaitement avec un petit verre de Chardonnay. Je vois à votre sourire que…

-Tu amèneras le sauc’ au passage, celui qu’est bien sec, merci! 

2 minutes plus tard

-Et voici, avec un peu de raisin pour vous Barbara.

-Vous êtes un gentleman monsieur Sachet.

-C’est bien la moindre des choses.

-Quand vous en aurez terminé avec vos immondes roucoulades, on pourra peut-être passer au troisième film de cette nuit de l’horreur. Hahahahahaha!!! Tiens c’est bizarre…

-Quoi, qu’est-ce qui est bizarre?

-Il n’ y a encore aucun gamin qui soit venu quémander des friandises. 

-Je t’avais bien dis que la déco était too much, tu ne m’écoutes jamais.

-Moi ce que j’en dis, c’est que des bombecs ça se mérite! 

godzilla-affiche

GODZILLA – 1954

Un film de Ishirō Honda

Avec Akira Takarada, Takashi Shimura et un gros lézard mutant qui fait ses débuts au cinéma.

Au large des côtes japonaises, plusieurs navires disparaissent mystérieusement. Alertées, les autorités dépêchent une expédition scientifique qui recueille les témoignages de pêcheurs terrorisés. Tous assurent avoir vu un monstre remonté du fond des mers. Lequel s’avère être un dinosaure réveillé par des explosions atomiques. Rasant tout sur son passage, le saurien géant marche sur Tokyo obligeant les forces d’auto-défense à intervenir… 

Il faut replacer le Godzilla originel dans son contexte pour bien en saisir les nuances. Oublier également les nombreuses suites et remakes, souvent fun, mais dépourvues de sous-textes forts. Rappelons-nous que le film est sorti dans les salles japonaises en 1954, quand les fantômes de Nagasaki et d’Hiroshima volaient encore très bas. Godzilla en est le symbole destructeur. La mémoire. Qu’il soit une créature chimérique inspiré par la préhistoire ne l’empêche pas d’être ancré dans le présent. Il est l’auto-flagellation des Japonais, les remords de la collaboration. Mais passé le contexte historique, que reste-t-il aujourd’hui du film, plus de soixante ans après sa sortie?

Godzilla est un chef-d’oeuvre du septième art, un film d’une rare poésie qui dépasse sans mal en intensité le King Kong de 1933. Une oeuvre finalement assez austère, assez pudique même dans la manière dont les personnages font face à l’apocalypse. Contrairement aux suites, ici la rigolade n’est pas de mise et la surenchère ne fait pas encore partie du vocabulaire. Godzilla détruit les villes lentement, insensible aux armes, lourd comme la fatalité, inexorablement. Bien sûr, le fait que le costume que porte l’acteur qui interprète le Kaijū pèse près de 100 kilos y est pour quelque chose, mais cet handicap plutôt que de pénaliser le film renforce encore son aspect dramatique. Au même titre que la formidable musique d’Akira Ifukube, rarement un score n’aura autant fait corps avec le long-métrage qu’il illustre. Toute la pesanteur de Godzilla est là, tapie dans quelques notes de musique. Death Waltz Records a superbement réédité la chose en vinyle.

A l’époque de son exploitation dans les salles américaines le film a été charcuté, devenant une sorte de 2 en 1 dégueulasse incluant des scènes tournées aux États-Unis avec des acteurs parfaitement occidentaux en remplacement des scènes d’origine. C’est bien entendu cette version, plus ou moins modifiée, qui est parvenue jusque dans les salles françaises. Heureusement HK vidéo a depuis lavé l’affront en VHS puis en blu-ray.

Bande annonce (Youtube)

death-waltz

-Plus tard dans la saga, qui compte plus de trente films, Godzilla affrontera d’autres Kaijūs, faisant de lui tantôt l’allié, tantôt l’ennemi des humains. Personnellement, j’aime le voir comme un mal nécessaire.    

-Eh! Regardez, le jour se lève déjà, je n’ai pas vu le temps passer!

-Une autre nuit des morts d’achevée, si j’ose dire. A la différence que cette fois, nous avons eu de la compagnie. Merci encore pour votre visite… madame.

-Ce fut un plaisir messieurs.

-Tu dois partir maintenant Barbara Ripley. Il faut retrouver le chemin de ta maison. Rentre chez toi sinon ils viendront te chercher… Barbara. Sachet! Joue-nous un peu de ton Theremine en guise de générique de fin. Musique!

Petit matin dans la forêt encore recouverte de son voile automnal. Vous quittez la cabane, le jour tente une percée au travers des arbres, il lui faudra lutter un peu. Les tombes et les morts vous paraissent bien faux d’un coup. Du plastique, du caoutchouc, des animatroniques, rien que de vieux effets éculés. Vous faites quelques pas, avant de vous retourner pour porter un dernier regard vers ce lieu bien atypique, tout droit sorti du pays d’Halloween. Mais il ne reste plus rien, ni morts en toc, ni cabane, ni musique étrange. Il ne reste rien sauf une pierre tombale, véritable, ancienne, taillée dans une roche ancestrale. Vous vous en approchez, la gravure dit « Capitaine Arthemus L. Sachet 1799-1854 ». Au pied de l’édifice se trouve une plaque de marbre à demi effacée. « A mon cher ami, le plus vaillant des capitaines. Puisses-tu reposer en paix ». Signé Lazarus T. Wolf. Vous secouez la tête, comme pour vous défaire d’un rêve, puis levez les yeux vers le lointain. A la lisière d’une sapinière se trouve un vieux loup gris, il vous fixe longuement. Vous vous perdez dans le regard bleu acier de l’animal. Lazarus T. Wolf, T comme Toorsch’ le loup-garou. Puis la bête disparaît dans le néant que forme le brouillard, comme happée par les ténèbres.

Champagne!

Scénario, dialogues et chroniques: Toorsch'
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