SKULLRINGER #Uno

vendredi, décembre 9th, 2016 par Toorsch

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L’homme que vous voyez accoudé sur le zinc du comptoir n’est pas un individu ordinaire. Il a beau se fondre dans le décor, ici dans ce rade du vieux sud, avec son stetson noir cerclé d’un bandeau rouge sur lequel est fixé un crâne en argent, ses boots en croco, son blue jean délavé semblant avoir au minimum cent ans, sa barbe de trois semaines et son t-shirt Black Sabbath, il n’empêche que J.R Ringer, plus connu sous le nom de Skullringer, a tellement flirté avec l’enfer qu’il appelle le diable par son prénom. Beaucoup pensent que ce vieux gars raconte des bobards dès qu’il a trois bières dans le pif, ses histoires ont toujours pour thème le combat du bien contre le mal, avec comme références des créatures mythiques, plus précisément des vampires. Mais si ça fait marrer les compagnons de beuveries, ça ne pisse pas bien loin non plus; pourtant quand J.R raconte ses histoires épiques de son souffle éthylique, il y croit. Il y croit d’autant plus qu’il ajoute souvent au liquide houblonné une bonne dose d’herbe bien grasse de son cru qu’il nomme la Skullskunk. Sacré J.R, les jeunes du coin l’adorent comme on aime un oncle un peu alcoolo, mais personne, même les plus sceptiques, qui souvent ricanent dans leur coin, n’irait mettre sa parole en doute. Car Skullringer, c’est le mec balèze, capable de te mettre k.o. avec un unique taquet dans la tronche tout en assénant une punchline bien sentie qui viendra parfaire l’humiliation. Alors dans le rade, on l’écoute et parfois même on y croit.

L’homme que vous voyez, disais-je, n’est pas un individu ordinaire, car toutes ses histoires sont authentiques. Skullringer est un chasseur de vampires et il est vraiment bon pour ça. Mais même lui, à cet instant, ne se doute pas qu’il va devoir faire face au plus grand défi de sa carrière et que le destin du monde en sera à jamais bouleversé. Bienvenue dans:

SKULLRINGER – Make Lucha Libre Great Again-

5 mai 2018, 1600 Pennsylvania Ave NW, Washington, DC 20500, États-Unis, Maison Blanche.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement fait appel à Skullringer pour des missions top secrètes ayant un rapport étroit avec les vampires, même si ses commanditaires principaux sont plus souvent des hommes d’affaires en mal de sensations fortes désireux de posséder des artefacts occultes pour briller en société. Mais aujourd’hui, il est convoqué à la Maison Blanche, directement dans le bureau ovale. Une chose bien surprenante, car l’actuel président des États-Unis n’est pas homme à croire aux histoires de fantômes. Ronald Tramp est un mec à poigne, multi milliardaire ayant fait fortune dans l’immobilier devenu dirigeant de la première puissance mondiale sur une farce et beaucoup de provocation. Raciste, populiste, ridicule capillairement parlant, oui, mais clairement pas ouvert au surnaturel et à l’ésotérisme.

“Ah, vous voilà enfin, vous êtes une légende, vous savez ?”, l’accueil est faussement chaleureux mais authentiquement faux cul. Il semble bien ridicule l’homme le plus puissant de la planète à s’agiter ainsi dans son costume trop large, sa grande mèche blonde s’affolant au gré des courants d’air d’un lieu trop légendaire pour lui. Un peu comme si l’endroit lui-même était devenu intolérant, allergique à sa présence. Ce type est une caricature, se dit Skullringer, et pourtant il a fait construire un mur frontière entre le Mexique et les États-Unis. Il s’apprête d’ailleurs à faire de même avec le Canada. Que Ronald Tramp puisse avoir la clé de l’arme atomique, c’est à vous glacer le sang, bien plus encore que les vampires.

“Une légende ? Disons que je fais tout pour l’être. Rien qu’une légende.” Sur cette dérobade suivie d’une poignée de main molle, Skullringer balaie le bureau ovale du regard. Rien n’a vraiment changé si ce n’est ce grand machin orange et blond qui se tient devant lui. La dernière fois qu’il s’était retrouvé entre ces murs, Kennedy se trouvait derrière le large bureau, l’air grave. Lui aussi avait une mission à confier, il allait mourir trois jours plus tard.

  • Et si nous cessions de nous faire toutes ses politesses de merde et que vous me disiez enfin pourquoi je suis là, Tramp !
  • J’aime votre côté direct J.R, nous sommes fait du même bois finalement.
  • Rien n’est moins sûr, mais venons-en au fait.
  • Très bien, je ne vous cache pas que c’est la grosse merde brune J.R, cette saloperie de cartel mexicain a trouvé le moyen d’introduire de la drogue dans notre grand pays. Malgré le mur, je n’ai pas réussi à empêcher l’organisation d’un tournoi de Lucha Libre à Santa Monica. Imaginez donc, notre si belle Californie souillée par ces bouffeurs de tacos violeurs de femmes! De la Lucha Libre en plus, vous savez ce qu’est la Lucha Libre J.R ?
  • Oui, mais…
  • C’est de la rhétorique… Je vais vous dire ce qu’est la Lucha Libre, et bien c’est une immonde copie de notre catch ! J’en ai fait une fois, je sais de quoi je parle.
  • Je vous coupe, mais si j’ai bien compris vous soupçonnez le cartel de vouloir profiter du tournoi pour faire passer de la drogue ?
  • Exactement…
  • Ça aussi c’est de la rhétorique. Dites-moi juste ce que je viens foutre là dedans. Je suis chasseur de vampires, pas flic. Pourquoi vous ne foutez pas le FBI sur le coup ?
  • Mon grand problème J.R, c’est que je suis un homme entier, donc un homme qui dérange, tous ces pédés du congrès et ces traîtres du FBI sont à la botte de ce négro musulman qu’est Obama. Il me faut un homme qui puisse faire le boulot seul. Dans le plus grand secret. Je préfère être honnête avec vous J.R, je ne crois pas à toutes ces conneries de vampires, si j’ai fait appel à vous, c’est pour vos états de service exemplaires.
  • Je vois… Si vous avez lu mes états de service, alors vous devriez croire aux histoires de vampires. Il n’y a rien qui vous choque? Même caviardés, les rapports du Secret Battalion 10 sont…
  • Le SB 10 était dans l’air de l’époque, à courir après des chimères, du Bullshit…
  • Tu commences à me casser les couilles Tramp ! Si tu avais vu ne serait-ce que le quart de ce que j’ai vu dans ma foutue vie, tu serais encore bloqué en position fœtale en train de mouiller ton slip kangourou !
  • Je crois que vous ne saisissez pas J.R, ce que je vous propose c’est ni plus ni moins de sauver notre beau pays de l’envahisseur et de la drogue. Les femmes américaines vous remerciont chaleureusement pour les avoir protégées des violeurs basanés.
  • Je croyais que cette affaire devait rester secrète ?
  • Je vous offre 500 000 dollars pour ça ! Avec cette petite fortune vous pourrez toutes les choper par la chatte ! Croyez moi !

Et le président de terminer sa phrase libidineuse sur un clin d’oeil complice qui restera sans réponse. C’est peu dire que Skullringer ne porte pas Tramp dans ce qui lui reste de cœur, mais il n’a pas la possibilité de faire une croix sur 500 000 dollars. Easy Money en plus. Trois jours de travail au grand maximum. Le temps de localiser les quelques pauvres glands du cartel, de les “secouer” un peu et de rentrer illico dans le vieux sud dilapider sa fortune toute neuve en scotch, en bourbon, en bières et en voluptueuses prostituées dans le bordel de Miss Ally Gator, la plus fournie des matrones, vampire reconvertie dans le commerce de chair et de sang. Le secret le mieux gardé de la Louisiane rurale.

  • Vous m’écoutez J.R ? Alors, vous acceptez ?
  • Et bien, je crois qu’on va faire affaire ensemble finalement.

Sans un mot de plus, le président presse le bouton n° 1 de l’énorme interphone en plastique noir cerclé d’aluminium trônant fièrement telle une relique sur l’imposant bureau. “Melomia, apporte-moi la mallette !”. Tandis qu’une voix féminine s’échappe péniblement en guise de réponse au travers du haut-parleur crachotant de l’appareil, Ronald Tramp est déjà passé à autre chose, avec le sourire d’un homme qui peut tout s’offrir. Même le légendaire Skullringer.

  • Vous boirez bien quelque chose pour fêter ça ?
  • Un bourbon-soda.
  • Une boisson d’américain véritable, j’aime ! Je vais prendre la même chose.

Tout juste le président a-t-il le temps de faire le tour de son immense bureau afin de se rendre au globe de bois renfermant les spiritueux que Melomia entre dans la pièce une mallette noire à la main. Elle semble bien vulgaire dans sa robe trop serrée, le visage crispé et l’air niais. “C’est ma femme, elle est belle n’est-ce pas? Une ancienne Miss Univers. J’étais membre du jury cette année-là. Elle a eu le titre et mon membre la veinarde… Allez casse-toi, laisse les hommes causer.” Sans même tenter de répliquer, l’artificielle épouse quitte les lieux sur les ordres de son vulgaire mari, laissant la mallette à ses pieds. “Tenez! Bourbon-soda, avec de la glace”. Ronald Tramp pose les deux verres sur le bureau avant d’en faire le tour pour reprendre sa place. “Trinquons, mon ami ! A votre réussite, à l’Amérique… Ah oui j’oubliais, il y a 250 000 dollars dans la mallette. Une moitié maintenant, l’autre lorsque la mission sera menée à bien.”

7 mai 2018, Santa Monica College (Main Campus), Corsair Stadium, 1900 Pico Blvd, Santa Monica, CA 90405, États-Unis

Le crépuscule tombe sur la ville tandis que le Corsair Stadium s’illumine enfin sous les hourras de la foule. Des mariachis jouent aux abords du stade, les food trucks laissent échapper une appétissante odeur de viande et d’épices. Pas de doute, c’est bien ce soir qu’a lieu la cérémonie d’ouverture du premier grand tournoi de Lucha Libre sur le sol américain depuis l’élection de Ronald Tramp. Autant dire que pour la communauté latino-américaine l’événement est de taille. Même le prestigieux New-York Times en a fait sa une, titrant non sans ironie “Make Lucha Libre Great Again” en référence au slogan de campagne du président. Quant à la Fox, n’en parlons pas.

L’ambiance bat son plein lorsque la Chevrolet Bel-Air rouge de Skullringer se fraie un passage sur le parking du stade. Dans un râle profond, l’antique automobile frôle les badauds, J.R tient la bride des innombrables chevaux-vapeurs de son moteur modifié, avant de trouver enfin une place. La portière s’ouvre dans un grincement digne du portail de la crypte de Dracula, libérant ainsi le fléau des vampires. A peine le temps de réajuster ses lunettes de soleil et d’enfiler son chapeau que Skullringer se dirige sans un regard alentour vers le stand des inscriptions libres. La grande trouvaille publicitaire de ce tournoi est de donner la chance à quiconque de pouvoir affronter les légendaires frères de la Santa Muerte lors de la finale. Gagner face à ses colosses plusieurs fois champions du monde semble très improbable, mais cela aura au moins le mérite d’offrir à Skullringer la possibilité de pénétrer dans les coulisses du tournoi.   

Le lendemain, dans les coulisses du Corsair Stadium.

Skullringer se regarde dans le miroir du vestiaire, se trouvant minable sous son masque de lutte acheté dix dollars sur un stand de fortune coincé entre deux vendeurs de burrito, quelque part sur cette grande fête foraine Tex-mex qu’est devenu le parking. “El Calavera Ringo” ironise t-il dans un rire jaune. “Parfaitement ridicule”. Autour de lui, des dizaines de prétendants, tous absolument certains de perdre, tous aussi parfaitement ridicules que lui, mais tous heureux comme des enfants le matin de Noël.

Sur le ring, bien en vue, les frangins de la Santa Muerte s’entraînent eux-aussi pour le grand tournoi. Les deux lutteurs masqués répètent inlassablement leur danse avec la mort, ce ballet agile et majestueux qui a fait leur renommée. J.R assiste à la scène, médusé. Ce serait donc eux les dangereux passeurs, les sanguinaires chefs de cartel, les violeurs de femmes ? Eux, ces danseuses ? A cette pensée ridicule, il laisse malgré lui échapper un ricanement peu discret, s’attirant les foudres de ses camarades. “Si vous ne prenez pas ça au sérieux, partez !” lance le plus courageux d’entre eux. Surpris, Skullringer qui a lâché le masque depuis longtemps se retourne vers le malheureux, baissant d’un seul doigt la monture de ses Ray-Ban Aviator, libérant du même coup son regard le plus noir. “T’as dit quoi, gringo ? Reviens demain soir quand j’aurais défoncé ces deux fiottes et je te ferai une petite démo rien que pour toi. Capish ?” Le temps de cette incartade peu glorieuse, les frangins avaient quitté le ring pour rejoindre leur vestiaire.

Quelques minutes plus tard, dans les vestiaires des lutteurs de la Santa Muerte.

  • Bordel, Rodriguez, magne-toi le cul, faut qu’on se grouille, les mecs du Klan attendent leur livraison de Drac2000 !
  • Deux secondes, je me change frérot, je ne vais quand même pas aller au rendez-vous avec ce déguisement de merde sur le dos.
  • J’veux pas être en retard, le Klan ce n’est pas rien. C’est la plus grosse organisation vampirique de la suprématie blanche des États-Unis et probablement du monde. On ne peut pas foirer cette affaire.
  • T’inquiète, la Drac2000 c’est le plan en or, on a l’avantage. S’il veulent pouvoir la synthétiser à grande échelle, ils ont besoin de notre échantillon. On pourrait bien se pointer deux heures à la bourre qu’ils nous suceraient encore la bite. T’imagines pas l’ampleur de la chose frérot. Cette drogue rendra l’espèce humaine accro et servile, heureuse de servir de garde-manger aux vampires. De véritables poches de sang ! Open bar !

Planqué dans un coin, Skullringer a tout entendu, mais surtout, il a reconnu Sancho et Rodriguez Rojo, les fondateurs de l’un des plus anciens cartels Mexicains, le Sangre Rojo dont tous les membres ont la particularité d’avoir les canines très longues. Cela faisait bien longtemps que ces vampires du Sud n’avaient pas fait parler d’eux. Beaucoup croyaient même le cartel disparu. Mais ces salauds fomentaient le plus diabolique plan de leur piteuse carrière: anéantir l’humanité, avec l’aide du Klan de surcroît, les dangereux alliés déchus de la campagne de Tramp.

Quelques minutes plus tard (encore)…

  • Tramp ! Espèce de salaud, vous ne m’avez pas tout dit !
  • J.R ? Comment avez-vous eu le numéro du téléphone secret du président… Euh enfin… Je veux dire ce numéro ?!
  • J’ai cherché dans l’annuaire au nom de “pauvre merde orange à mèche blonde”. Tu crois quoi Tramp, que tu es le premier à utiliser cette ligne ? C’était déjà le même numéro du temps de Kennedy, question sécurité c’est moyen !
  • Que voulez-vous J.R ? Pourquoi êtes-vous tellement en colère ?
  • Arrête de me prendre pour un con, espèce de minable ! Ta mission ne concerne pas un simple trafic de drogue monté par trois mexicains moustachus dans une hacienda! Il en va de l’annihilation de l’espèce humaine par les vampires les plus puissants de la planète. Et quelque chose me dit que tu n’es pas étranger à ce merdier.
  • Je ne vois vraiment pas de quoi vous parlez J.R… Peut-être n’êtes vous simplement pas à la hauteur de l’enjeu…
  • Et tes anciens petits amis du Klan, le sont-ils ?
  • Cette histoire vous dépasse J.R, contentez vous de tuer les mexicains.
  • Et si je refuse, si j’annule tout ?
  • Je vous le déconseille fortement mon ami.
  • Je me fous de tes conseils fils de pute.
  • Le bourbon J.R, le bourbon. Ce grand verre que vous avez bu cul sec lors de notre entretien.
  • Je ne comprends pas…
  • Le bourbon contenait des nano bombes à antimatière. Si vous refusez de mener à bien votre mission, je serai obligé de les enclencher.
  • Espèce de salaud !
  • Et là, finie la légende, aspirée dans un mini trou noir, direction l’inconnu. Alors TU vas m’écouter le redneck et terminer ce pourquoi TU es payé! Je te tiens par la chatte ma salope !

Sur cette déclaration, Tramp raccrocha, laissant le silence en message à un homme qui tenait déjà sa vengeance. On ne réécrit pas la légende aussi facilement.

Le lendemain soir sur le ring du Corsair Stadium où nous retrouvons notre héros en grande difficulté. (De mémoire de spectateur courageux)

Après avoir encaissé coup sur coup, deux Hurricanrana de la part des frangins suivi d’un Headscissor Takedown magnifiquement exécuté par Sancho Rojo, J.R se trouvait à terre. Bloqué comme une merde. L’arbitre comptait, 5, 6, 7, il allait falloir rapidement se ressaisir sinon c’est toute la beauté de la mission qui tombait à l’eau, emportant dans ses flots la moindre forme de dignité. Dans un grondement animal, Skullringer se redressa à grand peine. Sancho ne put retenir le chasseur de vampires dont la colère semblait décupler les capacités physiques. “Fini de jouer les tarlouzes” lança J.R avec la finesse qui le caractérisait avant de saisir le micro de l’arbitre sous les regards médusés des frangins et du public. Le silence se fit dans le stade. “Les lutteurs que vous avez devant les yeux sont des putains de vampires et je vais les buter ! Alors vous feriez mieux de vous barrer maintenant. Ce n’est pas un spectacle pour les enfants”. Avant que la réaction des spectateurs ne se fasse entendre, les frères Rojo avaient déjà enlevé leurs masques et sorti leurs crocs. Il n’y avait plus rien d’humain dans leurs regards, la transformation était totale. Visages déformés, doigts crochus, griffes acérées, ils semblaient alors tout droit évadés d’un caveau tels des Nosferatus en tenues bariolées.

Skullringer lâcha le micro qui alla percuter le sol dans un larsen strident. Les vampiriques frangins lui faisaient face. Comme dans un western, tout sembla un instant figé. L’ingénieur du son, bien planqué en régie, continuait d’assurer le spectacle alors même que le stade se vidait dans la panique la plus totale. “La Resa Dei Conti” résonnait tandis qu’une étrange impasse mexicaine se jouait sur le ring. Le combat commença réellement lorsque J.R retira ses deux pieux à pointe dorée de son inamovible ceinture. Il fonça le premier, fondant sur Rodriguez tel un félin sur sa proie. La sono crachait désormais “Ace Of Spades” à plein volume, l’ingénieur était décidément un homme de goût. Tandis que Rodriguez ne parvenait pas à éviter les lourdes salves de coups de poings, Sancho attaquait par derrière, tentant de mordre au cou l’implacable chasseur. “Hijo de puta, tu crois vraiment être le premier à vouloir me mordre ?!” Skullringer l’envoya valser par-dessus la troisième corde d’un seul coup de pied retourné, ce qui lui laissait un laps de temps suffisant pour terminer Rodriguez pour de bon. Il l’entraîna dès lors dans une danse folle digne des plus beaux matchs de Lucha Libre. “La Santa Muerte t’appelle, Cabron!”. Sur ses quelques mots en guise d’épitaphe, J.R exécuta le plus fou des German Suplex que la terre ait connu, se terminant avec un pieu planté droit dans le cœur. Rodriguez Rojo n’était désormais plus qu’une tache de sang mélangée à des cendres d’un noir profond.

Sancho tenta de prendre la fuite comme le pauvre lâche qu’il avait toujours été, mais Skullringer le rattrapa aussitôt. “Hey Sancho! Où cours-tu ainsi ? Tu vas aller rejoindre ton frangin fissa !” Le plus faible des deux frères était tétanisé, mais il tenta malgré tout, encore et toujours, de mordre sa Nemesis. Excédé, J.R le souleva du sol par le cou, avant de le plaquer contre un mur et de lui perforer la cage thoracique avec son dernier pieu à pointe dorée. Sancho resta cloué au mur, durant sa lente combustion il ne dira qu’un seul mot: Tramp.

10 mai 2018, 1600 Pennsylvania Ave NW, Washington, DC 20500, États-Unis, Maison Blanche.

Skullringer entre à nouveau dans le bureau ovale, l’accueil est cette fois nettement moins chaleureux ou disons moins faux cul. Ronald Tramp ne quitte pas son fauteuil, il se contente de suivre du regard son désormais indésirable invité. Le visage fermé. Derrière lui, par la fenêtre, les dernières lueurs du soir dessinent des reflets oranges et blonds. Ton sur ton se dit J.R.

  • Vous auriez pu être plus discret J.R, les journaux ne parlent que de ça.
  • La discrétion, à quoi bon ? Avec la Drac2000 sur le sol américain, tout citoyen mérite de connaître l’existence des vampires. Mais je ne t’apprends rien, tu sais déjà tout à propos de la Drac.
  • Cela vous dépasse J.R, n’attisez pas un feu que vous ne sauriez éteindre.
  • Les feux du Klan, je les connais. Mais passons aux choses sérieuses, je veux l’autre moitié de mon pognon, Tramp!

Le président se baisse pour ramasser la seconde mallette placée à côté de son fauteuil avant de la poser sur le bureau, les loquets en direction de Skullringer. En l’ouvrant, le chasseur de vampires à la mauvaise surprise de découvrir que celle-ci ne contient qu’un simple bout de papier blanc sur lequel est noté: You’re Fucked!

  • C’est quoi cette merde encore ?
  • Vous savez les nano bombes à antimatières ?
  • Comment oublier…
  • Et bien elles ne sont pas déconnectables. Comprenez-moi bien J.R, pour des raisons évidentes de secret d’état, vous devez disparaître. Pour tout dire, il vous reste à peine une minute et trente secondes à vivre sur cette Terre. Bientôt vous allez vous tasser sur vous même avant de disparaître dans un minuscule trou noir.

Skullringer éclate soudain de rire. “Pourquoi riez-vous ?! Pourquoi ?!” hurle Ronald Tramp dans un délire psychotique laissant entrevoir son caractère versatile.

“Je ne fais pas confiance aux connards de ton espèce. Jamais je n’aurais accepté le moindre verre venant de toi. Pour finir comme Robert Johnson ? Tu ne devineras jamais qui a réellement bu le bourbon à antimachin… Si ? Tu percutes ? Alors bon voyage, asshole !”

Le président Ronald Tramp aurait disparu depuis plusieurs jours, impossible de le retrouver. Les journaux ne parlent maintenant plus que de ça, une nouvelle chasse l’autre… Les théories les plus folles circulent sur le net. Il se serait suicidé, ne supportant finalement pas la pression. Il aurait attrapé le sida dans les chiottes d’une boite gay New-Yorkaise. Plus fou encore, il aurait été aperçu en vacances au Mexique ayant les cheveux bruns et portant la moustache.

La vieille Chevrolet Bel-Air rouge est stationnée quelque part en Louisiane devant la très secrète Miss Ally Gator’s Whorehouse.

A suivre.

Une nouvelle de Toorsch'
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8 commentaires sur “SKULLRINGER #Uno

  1. Christelle dit :

    Ah ah super la fin !
    J’imagine que ça a du être un sacré travail, bravo en tout cas, j’ai beaucoup aimé, la lecture était fluide (pourtant je n’aime pas trop lire sur écran. ..) et j’y retrouve un peu ton univers (enfin ce que j’en connais. ..) 😉
    Ça m’a aussi fait penser à Ash vs. Evil Dead, mais c’est peut être parce que je suis en plein dedans. …

  2. devantf dit :

    Ho ho ho… Au début je m’apprêtais à chercher ce film de Carpenter qui ne me disait rien, espace de salopard… Tu m’as bien eu. Ronald? Dommage car tu tenais un grand personnage de vilain, un conseil, retrouve le!

    • Toorsch dit :

      Carpenter! Merci! Je viens de finir le visionnage de They Live! à l’instant.

      La suite arrive vendredi prochain et crois moi, il y a d’autres surprises!

      Merci pour ton commentaire, ça fait sacrément plaisir.

  3. charlu dit :

    Yo T .. j’suis là, j’arrive.. suis overbooked mais j’arrive ;D

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