SKULLRINGER – Double Feature

jeudi, décembre 22nd, 2016 par Toorsch

sk-double

L’homme que vous voyez accoudé sur le zinc du comptoir n’est pas un individu ordinaire. Il a beau se fondre dans le décor, ici dans ce rade du vieux sud, avec son Stetson noir cerclé d’un bandeau rouge sur lequel est fixé un crâne en argent, ses boots en croco, son blue jean délavé semblant avoir au minimum cent ans, sa barbe de trois semaines et son t-shirt Black Sabbath, il n’empêche que J.R Ringer, plus connu sous le nom de Skullringer, a tellement flirté avec l’enfer qu’il appelle le diable par son prénom. Beaucoup pensent que ce vieux gars raconte des bobards dès qu’il a trois bières dans le pif, ses histoires ont toujours pour thème le combat du bien contre le mal, avec comme références des créatures mythiques, plus précisément des vampires. Mais si ça fait marrer les compagnons de beuveries, ça ne pisse pas bien loin non plus; pourtant quand J.R raconte ses histoires épiques de son souffle éthylique, il y croit. Il y croit d’autant plus qu’il ajoute souvent au liquide houblonné une bonne dose d’herbe bien grasse de son cru qu’il nomme la Skullskunk. Sacré J.R, les jeunes du coin l’adorent comme on aime un oncle un peu alcoolo, mais personne, même les plus sceptiques, qui souvent ricanent dans leur coin, n’irait mettre sa parole en doute. Car Skullringer, c’est le mec balèze, capable de te mettre k.o. avec un unique taquet dans la tronche tout en assénant une punchline bien sentie qui viendra parfaire l’humiliation. Alors dans le rade, on l’écoute et parfois même on y croit.

L’homme que vous voyez, disais-je, n’est pas un individu ordinaire, car toutes ses histoires sont authentiques. Skullringer est un chasseur de vampires et il est vraiment bon pour ça. Mais même lui, à cet instant, ne se doute pas qu’il va devoir faire face au plus grand défi de sa carrière et que le destin du monde en sera à jamais bouleversé. Bienvenue dans:

SKULLRINGER – Make Lucha Libre Great Again-

5 mai 2018, 1600 Pennsylvania Ave NW, Washington, DC 20500, États-Unis, Maison Blanche.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement fait appel à Skullringer pour des missions top secrètes ayant un rapport étroit avec les vampires, même si ses commanditaires principaux sont plus souvent des hommes d’affaires en mal de sensations fortes désireux de posséder des artefacts occultes pour briller en société. Mais aujourd’hui, il est convoqué à la Maison Blanche, directement dans le bureau ovale. Une chose bien surprenante, car l’actuel président des États-Unis n’est pas homme à croire aux histoires de fantômes. Ronald Tramp est un mec à poigne, multi milliardaire ayant fait fortune dans l’immobilier devenu dirigeant de la première puissance mondiale sur une farce et beaucoup de provocation. Raciste, populiste, ridicule capillairement parlant, oui, mais clairement pas ouvert au surnaturel et à l’ésotérisme.

“Ah, vous voilà enfin, vous êtes une légende, vous savez ?”, l’accueil est faussement chaleureux mais authentiquement faux cul. Il semble bien ridicule l’homme le plus puissant de la planète à s’agiter ainsi dans son costume trop large, sa grande mèche blonde s’affolant au gré des courants d’air d’un lieu trop légendaire pour lui. Un peu comme si l’endroit lui-même était devenu intolérant, allergique à sa présence. Ce type est une caricature, se dit Skullringer, et pourtant il a fait construire un mur frontière entre le Mexique et les États-Unis. Il s’apprête d’ailleurs à faire de même avec le Canada. Que Ronald Tramp puisse avoir la clé de l’arme atomique, c’est à vous glacer le sang, bien plus encore que les vampires.

“Une légende ? Disons que je fais tout pour l’être. Rien qu’une légende.” Sur cette dérobade suivie d’une poignée de main molle, Skullringer balaie le bureau ovale du regard. Rien n’a vraiment changé si ce n’est ce grand machin orange et blond qui se tient devant lui. La dernière fois qu’il s’était retrouvé entre ces murs, Kennedy se trouvait derrière le large bureau, l’air grave. Lui aussi avait une mission à confier, il allait mourir trois jours plus tard.

  • Et si nous cessions de nous faire toutes ses politesses de merde et que vous me disiez enfin pourquoi je suis là, Tramp !
  • J’aime votre côté direct J.R, nous sommes fait du même bois finalement.
  • Rien n’est moins sûr, mais venons-en au fait.
  • Très bien, je ne vous cache pas que c’est la grosse merde brune J.R, cette saloperie de cartel mexicain a trouvé le moyen d’introduire de la drogue dans notre grand pays. Malgré le mur, je n’ai pas réussi à empêcher l’organisation d’un tournoi de Lucha Libre à Santa Monica. Imaginez donc, notre si belle Californie souillée par ces bouffeurs de tacos violeurs de femmes! De la Lucha Libre en plus, vous savez ce qu’est la Lucha Libre J.R ?
  • Oui, mais…
  • C’est de la rhétorique… Je vais vous dire ce qu’est la Lucha Libre, et bien c’est une immonde copie de notre catch ! J’en ai fait une fois, je sais de quoi je parle.
  • Je vous coupe, mais si j’ai bien compris vous soupçonnez le cartel de vouloir profiter du tournoi pour faire passer de la drogue ?
  • Exactement…
  • Ça aussi c’est de la rhétorique. Dites-moi juste ce que je viens foutre là dedans. Je suis chasseur de vampires, pas flic. Pourquoi vous ne foutez pas le FBI sur le coup ?
  • Mon grand problème J.R, c’est que je suis un homme entier, donc un homme qui dérange, tous ces pédés du congrès et ces traîtres du FBI sont à la botte de ce négro musulman qu’est Obama. Il me faut un homme qui puisse faire le boulot seul. Dans le plus grand secret. Je préfère être honnête avec vous J.R, je ne crois pas à toutes ces conneries de vampires, si j’ai fait appel à vous, c’est pour vos états de service exemplaires.
  • Je vois… Si vous avez lu mes états de service, alors vous devriez croire aux histoires de vampires. Il n’y a rien qui vous choque? Même caviardés, les rapports du Secret Battalion 10 sont…
  • Le SB 10 était dans l’air de l’époque, à courir après des chimères, du Bullshit…
  • Tu commences à me casser les couilles Tramp ! Si tu avais vu ne serait-ce que le quart de ce que j’ai vu dans ma foutue vie, tu serais encore bloqué en position fœtale en train de mouiller ton slip kangourou !
  • Je crois que vous ne saisissez pas J.R, ce que je vous propose c’est ni plus ni moins de sauver notre beau pays de l’envahisseur et de la drogue. Les femmes américaines vous remerciont chaleureusement pour les avoir protégées des violeurs basanés.
  • Je croyais que cette affaire devait rester secrète ?
  • Je vous offre 500 000 dollars pour ça ! Avec cette petite fortune vous pourrez toutes les choper par la chatte ! Croyez moi !

Et le président de terminer sa phrase libidineuse sur un clin d’oeil complice qui restera sans réponse. C’est peu dire que Skullringer ne porte pas Tramp dans ce qui lui reste de cœur, mais il n’a pas la possibilité de faire une croix sur 500 000 dollars. Easy Money en plus. Trois jours de travail au grand maximum. Le temps de localiser les quelques pauvres glands du cartel, de les “secouer” un peu et de rentrer illico dans le vieux sud dilapider sa fortune toute neuve en scotch, en bourbon, en bières et en voluptueuses prostituées dans le bordel de Miss Ally Gator, la plus fournie des matrones, vampire reconvertie dans le commerce de chair et de sang. Le secret le mieux gardé de la Louisiane rurale.

  • Vous m’écoutez J.R ? Alors, vous acceptez ?
  • Et bien, je crois qu’on va faire affaire ensemble finalement.

Sans un mot de plus, le président presse le bouton n° 1 de l’énorme interphone en plastique noir cerclé d’aluminium trônant fièrement telle une relique sur l’imposant bureau. “Melomia, apporte-moi la mallette !”. Tandis qu’une voix féminine s’échappe péniblement en guise de réponse au travers du haut-parleur crachotant de l’appareil, Ronald Tramp est déjà passé à autre chose, avec le sourire d’un homme qui peut tout s’offrir. Même le légendaire Skullringer.

  • Vous boirez bien quelque chose pour fêter ça ?
  • Un bourbon-soda.
  • Une boisson d’américain véritable, j’aime ! Je vais prendre la même chose.

Tout juste le président a-t-il le temps de faire le tour de son immense bureau afin de se rendre au globe de bois renfermant les spiritueux que Melomia entre dans la pièce une mallette noire à la main. Elle semble bien vulgaire dans sa robe trop serrée, le visage crispé et l’air niais. “C’est ma femme, elle est belle n’est-ce pas? Une ancienne Miss Univers. J’étais membre du jury cette année-là. Elle a eu le titre et mon membre la veinarde… Allez casse-toi, laisse les hommes causer.” Sans même tenter de répliquer, l’artificielle épouse quitte les lieux sur les ordres de son vulgaire mari, laissant la mallette à ses pieds. “Tenez! Bourbon-soda, avec de la glace”. Ronald Tramp pose les deux verres sur le bureau avant d’en faire le tour pour reprendre sa place. “Trinquons, mon ami ! A votre réussite, à l’Amérique… Ah oui j’oubliais, il y a 250 000 dollars dans la mallette. Une moitié maintenant, l’autre lorsque la mission sera menée à bien.”

7 mai 2018, Santa Monica College (Main Campus), Corsair Stadium, 1900 Pico Blvd, Santa Monica, CA 90405, États-Unis

Le crépuscule tombe sur la ville tandis que le Corsair Stadium s’illumine enfin sous les hourras de la foule. Des mariachis jouent aux abords du stade, les food trucks laissent échapper une appétissante odeur de viande et d’épices. Pas de doute, c’est bien ce soir qu’a lieu la cérémonie d’ouverture du premier grand tournoi de Lucha Libre sur le sol américain depuis l’élection de Ronald Tramp. Autant dire que pour la communauté latino-américaine l’événement est de taille. Même le prestigieux New-York Times en a fait sa une, titrant non sans ironie “Make Lucha Libre Great Again” en référence au slogan de campagne du président. Quant à la Fox, n’en parlons pas.

L’ambiance bat son plein lorsque la Chevrolet Bel-Air rouge de Skullringer se fraie un passage sur le parking du stade. Dans un râle profond, l’antique automobile frôle les badauds, J.R tient la bride des innombrables chevaux-vapeurs de son moteur modifié, avant de trouver enfin une place. La portière s’ouvre dans un grincement digne du portail de la crypte de Dracula, libérant ainsi le fléau des vampires. A peine le temps de réajuster ses lunettes de soleil et d’enfiler son chapeau que Skullringer se dirige sans un regard alentour vers le stand des inscriptions libres. La grande trouvaille publicitaire de ce tournoi est de donner la chance à quiconque de pouvoir affronter les légendaires frères de la Santa Muerte lors de la finale. Gagner face à ses colosses plusieurs fois champions du monde semble très improbable, mais cela aura au moins le mérite d’offrir à Skullringer la possibilité de pénétrer dans les coulisses du tournoi.   

Le lendemain, dans les coulisses du Corsair Stadium.

Skullringer se regarde dans le miroir du vestiaire, se trouvant minable sous son masque de lutte acheté dix dollars sur un stand de fortune coincé entre deux vendeurs de burrito, quelque part sur cette grande fête foraine Tex-mex qu’est devenu le parking. “El Calavera Ringo” ironise t-il dans un rire jaune. “Parfaitement ridicule”. Autour de lui, des dizaines de prétendants, tous absolument certains de perdre, tous aussi parfaitement ridicules que lui, mais tous heureux comme des enfants le matin de Noël.

Sur le ring, bien en vue, les frangins de la Santa Muerte s’entraînent eux-aussi pour le grand tournoi. Les deux lutteurs masqués répètent inlassablement leur danse avec la mort, ce ballet agile et majestueux qui a fait leur renommée. J.R assiste à la scène, médusé. Ce serait donc eux les dangereux passeurs, les sanguinaires chefs de cartel, les violeurs de femmes ? Eux, ces danseuses ? A cette pensée ridicule, il laisse malgré lui échapper un ricanement peu discret, s’attirant les foudres de ses camarades. “Si vous ne prenez pas ça au sérieux, partez !” lance le plus courageux d’entre eux. Surpris, Skullringer qui a lâché le masque depuis longtemps se retourne vers le malheureux, baissant d’un seul doigt la monture de ses Ray-Ban Aviator, libérant du même coup son regard le plus noir. “T’as dit quoi, gringo ? Reviens demain soir quand j’aurais défoncé ces deux fiottes et je te ferai une petite démo rien que pour toi. Capish ?” Le temps de cette incartade peu glorieuse, les frangins avaient quitté le ring pour rejoindre leur vestiaire.

Quelques minutes plus tard, dans les vestiaires des lutteurs de la Santa Muerte.

  • Bordel, Rodriguez, magne-toi le cul, faut qu’on se grouille, les mecs du Klan attendent leur livraison de Drac2000 !
  • Deux secondes, je me change frérot, je ne vais quand même pas aller au rendez-vous avec ce déguisement de merde sur le dos.
  • J’veux pas être en retard, le Klan ce n’est pas rien. C’est la plus grosse organisation vampirique de la suprématie blanche des États-Unis et probablement du monde. On ne peut pas foirer cette affaire.
  • T’inquiète, la Drac2000 c’est le plan en or, on a l’avantage. S’il veulent pouvoir la synthétiser à grande échelle, ils ont besoin de notre échantillon. On pourrait bien se pointer deux heures à la bourre qu’ils nous suceraient encore la bite. T’imagines pas l’ampleur de la chose frérot. Cette drogue rendra l’espèce humaine accro et servile, heureuse de servir de garde-manger aux vampires. De véritables poches de sang ! Open bar !

Planqué dans un coin, Skullringer a tout entendu, mais surtout, il a reconnu Sancho et Rodriguez Rojo, les fondateurs de l’un des plus anciens cartels Mexicains, le Sangre Rojo dont tous les membres ont la particularité d’avoir les canines très longues. Cela faisait bien longtemps que ces vampires du Sud n’avaient pas fait parler d’eux. Beaucoup croyaient même le cartel disparu. Mais ces salauds fomentaient le plus diabolique plan de leur piteuse carrière: anéantir l’humanité, avec l’aide du Klan de surcroît, les dangereux alliés déchus de la campagne de Tramp.

Quelques minutes plus tard (encore)…

  • Tramp ! Espèce de salaud, vous ne m’avez pas tout dit !
  • J.R ? Comment avez-vous eu le numéro du téléphone secret du président… Euh enfin… Je veux dire ce numéro ?!
  • J’ai cherché dans l’annuaire au nom de “pauvre merde orange à mèche blonde”. Tu crois quoi Tramp, que tu es le premier à utiliser cette ligne ? C’était déjà le même numéro du temps de Kennedy, question sécurité c’est moyen !
  • Que voulez-vous J.R ? Pourquoi êtes-vous tellement en colère ?
  • Arrête de me prendre pour un con, espèce de minable ! Ta mission ne concerne pas un simple trafic de drogue monté par trois mexicains moustachus dans une hacienda! Il en va de l’annihilation de l’espèce humaine par les vampires les plus puissants de la planète. Et quelque chose me dit que tu n’es pas étranger à ce merdier.
  • Je ne vois vraiment pas de quoi vous parlez J.R… Peut-être n’êtes vous simplement pas à la hauteur de l’enjeu…
  • Et tes anciens petits amis du Klan, le sont-ils ?
  • Cette histoire vous dépasse J.R, contentez vous de tuer les mexicains.
  • Et si je refuse, si j’annule tout ?
  • Je vous le déconseille fortement mon ami.
  • Je me fous de tes conseils fils de pute.
  • Le bourbon J.R, le bourbon. Ce grand verre que vous avez bu cul sec lors de notre entretien.
  • Je ne comprends pas…
  • Le bourbon contenait des nano bombes à antimatière. Si vous refusez de mener à bien votre mission, je serai obligé de les enclencher.
  • Espèce de salaud !
  • Et là, finie la légende, aspirée dans un mini trou noir, direction l’inconnu. Alors TU vas m’écouter le redneck et terminer ce pourquoi TU es payé! Je te tiens par la chatte ma salope !

Sur cette déclaration, Tramp raccrocha, laissant le silence en message à un homme qui tenait déjà sa vengeance. On ne réécrit pas la légende aussi facilement.

Le lendemain soir sur le ring du Corsair Stadium où nous retrouvons notre héros en grande difficulté. (De mémoire de spectateur courageux)

Après avoir encaissé coup sur coup, deux Hurricanrana de la part des frangins suivi d’un Headscissor Takedown magnifiquement exécuté par Sancho Rojo, J.R se trouvait à terre. Bloqué comme une merde. L’arbitre comptait, 5, 6, 7, il allait falloir rapidement se ressaisir sinon c’est toute la beauté de la mission qui tombait à l’eau, emportant dans ses flots la moindre forme de dignité. Dans un grondement animal, Skullringer se redressa à grand peine. Sancho ne put retenir le chasseur de vampires dont la colère semblait décupler les capacités physiques. “Fini de jouer les tarlouzes” lança J.R avec la finesse qui le caractérisait avant de saisir le micro de l’arbitre sous les regards médusés des frangins et du public. Le silence se fit dans le stade. “Les lutteurs que vous avez devant les yeux sont des putains de vampires et je vais les buter ! Alors vous feriez mieux de vous barrer maintenant. Ce n’est pas un spectacle pour les enfants”. Avant que la réaction des spectateurs ne se fasse entendre, les frères Rojo avaient déjà enlevé leurs masques et sorti leurs crocs. Il n’y avait plus rien d’humain dans leurs regards, la transformation était totale. Visages déformés, doigts crochus, griffes acérées, ils semblaient alors tout droit évadés d’un caveau tels des Nosferatus en tenues bariolées.

Skullringer lâcha le micro qui alla percuter le sol dans un larsen strident. Les vampiriques frangins lui faisaient face. Comme dans un western, tout sembla un instant figé. L’ingénieur du son, bien planqué en régie, continuait d’assurer le spectacle alors même que le stade se vidait dans la panique la plus totale. “La Resa Dei Conti” résonnait tandis qu’une étrange impasse mexicaine se jouait sur le ring. Le combat commença réellement lorsque J.R retira ses deux pieux à pointe dorée de son inamovible ceinture. Il fonça le premier, fondant sur Rodriguez tel un félin sur sa proie. La sono crachait désormais “Ace Of Spades” à plein volume, l’ingénieur était décidément un homme de goût. Tandis que Rodriguez ne parvenait pas à éviter les lourdes salves de coups de poings, Sancho attaquait par derrière, tentant de mordre au cou l’implacable chasseur. “Hijo de puta, tu crois vraiment être le premier à vouloir me mordre ?!” Skullringer l’envoya valser par-dessus la troisième corde d’un seul coup de pied retourné, ce qui lui laissait un laps de temps suffisant pour terminer Rodriguez pour de bon. Il l’entraîna dès lors dans une danse folle digne des plus beaux matchs de Lucha Libre. “La Santa Muerte t’appelle, Cabron!”. Sur ses quelques mots en guise d’épitaphe, J.R exécuta le plus fou des German Suplex que la terre ait connu, se terminant avec un pieu planté droit dans le cœur. Rodriguez Rojo n’était désormais plus qu’une tache de sang mélangée à des cendres d’un noir profond.

Sancho tenta de prendre la fuite comme le pauvre lâche qu’il avait toujours été, mais Skullringer le rattrapa aussitôt. “Hey Sancho! Où cours-tu ainsi ? Tu vas aller rejoindre ton frangin fissa !” Le plus faible des deux frères était tétanisé, mais il tenta malgré tout, encore et toujours, de mordre sa Nemesis. Excédé, J.R le souleva du sol par le cou, avant de le plaquer contre un mur et de lui perforer la cage thoracique avec son dernier pieu à pointe dorée. Sancho resta cloué au mur, durant sa lente combustion il ne dira qu’un seul mot: Tramp.

10 mai 2018, 1600 Pennsylvania Ave NW, Washington, DC 20500, États-Unis, Maison Blanche.

Skullringer entre à nouveau dans le bureau ovale, l’accueil est cette fois nettement moins chaleureux ou disons moins faux cul. Ronald Tramp ne quitte pas son fauteuil, il se contente de suivre du regard son désormais indésirable invité. Le visage fermé. Derrière lui, par la fenêtre, les dernières lueurs du soir dessinent des reflets oranges et blonds. Ton sur ton se dit J.R.

  • Vous auriez pu être plus discret J.R, les journaux ne parlent que de ça.
  • La discrétion, à quoi bon ? Avec la Drac2000 sur le sol américain, tout citoyen mérite de connaître l’existence des vampires. Mais je ne t’apprends rien, tu sais déjà tout à propos de la Drac.
  • Cela vous dépasse J.R, n’attisez pas un feu que vous ne sauriez éteindre.
  • Les feux du Klan, je les connais. Mais passons aux choses sérieuses, je veux l’autre moitié de mon pognon, Tramp!

Le président se baisse pour ramasser la seconde mallette placée à côté de son fauteuil avant de la poser sur le bureau, les loquets en direction de Skullringer. En l’ouvrant, le chasseur de vampires à la mauvaise surprise de découvrir que celle-ci ne contient qu’un simple bout de papier blanc sur lequel est noté: You’re Fucked!

  • C’est quoi cette merde encore ?
  • Vous savez les nano bombes à antimatières ?
  • Comment oublier…
  • Et bien elles ne sont pas déconnectables. Comprenez-moi bien J.R, pour des raisons évidentes de secret d’état, vous devez disparaître. Pour tout dire, il vous reste à peine une minute et trente secondes à vivre sur cette Terre. Bientôt vous allez vous tasser sur vous même avant de disparaître dans un minuscule trou noir.

Skullringer éclate soudain de rire. “Pourquoi riez-vous ?! Pourquoi ?!” hurle Ronald Tramp dans un délire psychotique laissant entrevoir son caractère versatile.

“Je ne fais pas confiance aux connards de ton espèce. Jamais je n’aurais accepté le moindre verre venant de toi. Pour finir comme Robert Johnson ? Tu ne devineras jamais qui a réellement bu le bourbon à antimachin… Si ? Tu percutes ? Alors bon voyage, asshole !”

Le président Ronald Tramp aurait disparu depuis plusieurs jours, impossible de le retrouver. Les journaux ne parlent maintenant plus que de ça, une nouvelle chasse l’autre… Les théories les plus folles circulent sur le net. Il se serait suicidé, ne supportant finalement pas la pression. Il aurait attrapé le sida dans les chiottes d’une boite gay New-Yorkaise. Plus fou encore, il aurait été aperçu en vacances au Mexique ayant les cheveux bruns et portant la moustache.

La vieille Chevrolet Bel-Air rouge est stationnée quelque part en Louisiane devant la très secrète Miss Ally Gator’s Whorehouse.

A suivre (Immédiatement)

Six mois ont passé depuis que Ronald Tramp, le président des Etats-Unis a été aspiré à l’intérieur d’un trou noir provoqué par des nano-bombes à antimatière. Depuis, le pays est dirigé par une version robotique de ce dernier, logiquement nommée The Tramp’s Mecha Tramp. Ce double de métal intégralement recouvert d’or réplique le plus fidèlement possible l’apparence et le caractère de l’ex-président. Sa femme Mélomia ne s’en plaint d’ailleurs pas, les ingénieurs ayant été plutôt généreux quant aux dimensions de l’engin de l’engin, seule et unique entorse à la réalité. Mais depuis quelques temps, rien ne va plus au pays de l’oncle Sam, The Tramp’s Mecha Tramp semble rencontrer des gros soucis de fonctionnement. Il s’est récemment séparé de l’intégralité de son gouvernement pour le remplacer exclusivement par des personnalités influentes du Klan, avant de multiplier les déclarations douteuses sur le troisième Reich. La vérité c’est que le Klan a piraté cette merveille de la technologie au firewall défaillant qu’est The Tramp’s Mecha Tramp ! Pour ce faire, les hackers ont simplement pénétré le système mémoire de la machine afin d’y télécharger une timeline alternative dans laquelle les nazis sont devenus les plus fidèles alliés des Etats-Unis et les vampires la race dominante sur terre. Un plan diaboliquement parfait qui devrait aboutir sous peu à l’anéantissement de l’espèce humaine, mais une donnée manque à l’équation. Elle se trouve actuellement quelque part dans un bordel en Louisiane…

SKULLRINGER -Third Reich Overdrive-

25 octobre 2018, Miss Ally Gator’s Worehouse, somewhere in Louisiana. La radio diffuse « Polk Salad Annie ».

“Ça fait combien de temps que tu traînes ici nuit et jour à dilapider ta fortune, J.R ? Que cherches-tu à fuir ? Faut vraiment avoir envie de passer sa vie entre ces murs poisseux, dans cette baraque humide”. Ces questions méritent d’être posées, car depuis que Skullringer a touché ses dollars de la part de Tramp, il n’a pour ainsi dire pas quitté le bordel de Miss Ally Gator. Mais avant de répondre à l’interrogatoire surprise de cette bien trop curieuse prostituée blonde, J.R tire une bonne taffe sur son spliff de Skullskunk.

  • Ce monde est foutu, il va bientôt s’écrouler sur lu-même. Alors en attendant, je prends du bon temps.
  • Tu causes comme un juge qui prononce une sentence.
  • Il n’y a pas de justice ma petite.
  • Tu vois, encore une sentence…

A cet instant le téléphone sonne, mettant fin à cette conversation qui de toute façon n’aurait mené à rien de bien significatif.

  • Allo?
  • Bonjour J.R, je me présente, Mark Penis, l’ancien vice-président des États-Unis.
  • Je n’ai rien à vous dire. Au revoir, merci d’avoir appelé.
  • J.R c’est très important, écoutez-moi s’il vous plaît. La survie de l’humanité…
  • En dépend. Je connais le couplet, au revoir !
  • La Drac2000 !
  • Qu’est-ce que vous dites? Comment connaissez-vous la Drac2000 ?!

Skullringer fait un signe de la main pour signifier à la prostituée de quitter la pièce. Elle s’exécute non sans protester, puis claque la porte.

  • J’en ai vu une pleine cargaison. Voilà comment je la connais. Je sais aussi les effets qu’elle procure.
  • Et où avez-vous vu cette cargaison?
  • Dans les sous-sols même de la Maison Blanche.
  • C’est le robot Tramp qui est derrière tout ça ?
  • Pas vraiment, J.R, disons que c’est plutôt le Klan. Tramp’s Mecha Tramp n’est que le véhicule.
  • Soyez plus clair. Quel est le rôle de cette grosse merde dorée dans cette affaire ?!
  • Pour tout vous dire… c’est un peu gênant… Mecha Tramp a été piraté, il est à la botte des vampires du Klan ! Comme je vous l’ai dit, ils ont installé un laboratoire dans les sous-sols de la Maison Blanche. Dans ce lieu riche d’histoire… En tant que patriote je ne peux pas tolérer cela ! Mais ce n’est pas tout, j’ai aussi entendu des membres du Klan communiquer avec des alliés allemands.
  • Des nazis…
  • Tout juste J.R, des nazis ! Ils parlaient d’un nouveau Reich mondial.
  • Les fumiers…
  • Vous êtes notre dernier espoir, à nous les américains. Nous, trop épris de liberté pour céder la gouvernance du monde aux nazis ! Le pays a besoin d’un nouveau héros.
  • Épargnez-moi vos salades…
  • Je crois en ce que vous êtes… Skullringer ! Votre prix sera le mien.
  • Laissez tomber le pognon, Penis. J’ai un compte à régler avec un vieil ami. Et puis vous n’avez pas les moyens. Je serai là dans deux jours.
  • Deux jours ? Mais c’est trop long, je n’ai malheureusement plus la possibilité de vous faire affréter un avion.
  • Et ça tombe plutôt bien car je me déplace uniquement dans ma Chevy Bel-Air.

Avant de poursuivre l’aventure, il est temps de se pencher un peu sur le passé trouble de notre héros. Et pour cela quoi de mieux qu’un bon vieux flashback. Cet épisode est intitulé “La fureur dans le sang”.

30 avril 1945, Führerbunker, Berlin, Allemagne nazie

A cette époque le commandant J.R Ringer n’était déjà plus un rookie. Il avait servi dans la marine durant plusieurs années avant de rejoindre le Secret Battalion 10, une unité très secrète qui recevait ses commandements directement du président Roosevelt. L’ordre du jour: tuer Hitler et mettre fin à la seconde guerre mondiale. De part ses états de service dans la marine et ses aptitudes hors normes lors des entraînements, cette mission de la plus haute importance fut confiée au futur Skullringer.

Pendant que ses compagnons se chargeaient de le couvrir tout en éradiquant la moindre présence humaine et vampirique, lui devait pénétrer en premier dans le bunker du Führer. D’abord franchir le corridor puis s’engouffrer dans la salle de réunion, avant de bifurquer par la salle des plans et des cartes pour enfin pénétrer dans la chambre à coucher du dictateur et lui enfoncer un pieu dans le cœur. Mais la mission ne se déroula pas vraiment comme prévu. Si les proches du Führer n’ont pas réellement posé de problèmes, les quelques gardes furent vite décimés, Eva étant déjà morte et Goebbels voyant poindre la défaite ne sortit même pas les crocs, préférant se donner la mort. Adolf Hitler, le plus ancien des vampires, lui, ne se laissa pas faire si facilement. Et lorsque J.R pénétra dans la chambre, ce dernier avait déjà quitté son tombeau. Il se trouvait accroché au plafond au-dessus de la porte d’entrée, les griffes plantées dans le béton. Il referma la porte derrière le militaire avant d’atterrir sur sol avec fracas. A la seule force de son poing il expédia violemment J.R sur le mur opposé, qui se fissura sous le choc de l’impact, le laissant sonné, le souffle court et la vision trouble. Avant même que le malheureux ait le temps de reprendre ses esprits, le dictateur fondit sur lui comme un aigle sur sa proie. Ce n’était pas un combat mais une mise à mort. Hitler planta ses crocs acérés dans le cou du militaire et commença à le vider de son sang.

Extrait de lettre de démission écrite par le désormais surnommé Skullringer à Franklin D. Roosevelt

“…Trouble, tout devint si trouble. J’allais mourir ici sans avoir sauvé ni mon pays ni le monde. J’avais échoué et ma dernière vision serait un drapeau rouge orné d’une croix gammée noire ainsi que les crocs dégoulinants de sang de mon assassin. Soudain je sentis une telle force en moi, une énergie nouvelle, colossale. Je réussis à me défaire de l’emprise du Führer, il ricanait si fort, il était réellement devenu fou, plus fou encore…

… J’ai planté ce pieu dans son cœur monsieur le Président, je l’ai vu disparaître, partir en fumée. Ses derniers mots ont été pour moi, je cite “Tu es un impur maintenant, un “Sucky” oscillant entre deux mondes, tu ne trouveras jamais ta place. Plus rien ne sera pareil désormais, tu portes en toi la souffrance du vampire originel.” Et c’est vrai, je ne suis plus le même, j’ai des pulsions douloureuses que je ne peux assouvir, je vis l’enfer d’être en deux mondes. Je ne suis plus apte à servir mon pays et je vous demande d’accepter ma démission.

Monsieur le Président, je vous dis adieu, ce fut un honneur de servir sous vos ordres.

Commandant J.R Ringer”

26 octobre 2018, quelque part sur la route de Washington.

L’autoradio joue “Bad Moon Rising” tandis que la vieille Chevrolet perce le tissu noir de la nuit comme un rasoir affûté. La chanson est de circonstance car ce soir la lune est rouge sang, une lune à vampire. Derrière le volant Skullringer fume un autre de ses joints de Skullskunk dont il a le secret, fixant la route qui ondule sous le faible éclairage distillé par l’automobile. Le présentateur de la station locale annonce une nuit tourmentée avant de lancer “Riders On The Storm”, Jim Morrison n’a jamais été aussi près de la réalité, il y a bien un tueur sur la route cette nuit. Quand soudain, au sortir d’un virage, une jeune fille rousse surgit sur le bas-côté comme un diable sortant de sa boîte. L’auto-stoppeuse porte de longues bottes qui courent jusqu’à mi-cuisses, une jupe en jean très courte et bien sûr une chemise à carreaux nouée juste en dessous des seins. La parfaite caricature de la redneck trop sexy pour les bouseux du coin. J.R stoppe son lourd engin rouge juste à son niveau. Sans un mot, la jeune femme grimpe dans la voiture et s’installe sur le siège passager légèrement éventré. La scène est mystique, ce qui convient parfaitement aux râles de Jimbo s’échappant des hauts-parleurs.

  • Tu vas où comme ça jeune fille? C’est pas bien prudent de traîner toute seule la nuit par ici…
  • Je vais là où tu m’emmènes…
  • Tu ne peux malheureusement pas venir avec moi.
  • Ne te méprends pas, je ne suis pas une petite chose fragile… Skullringer.
  • Comment connais-tu mon nom ?!
  • Je sais beaucoup de choses. Je sais pour le Klan, pour la Drac2000, je sais tout.
  • Tu es une vampire, c’est le Klan qui t’envoie ?
  • Je suis ici pour t’aider J.R.
  • Qui es-tu bordel ?! 
  • J’ai fait un long voyage dans le temps et l’espace pour te retrouver.
  • Arrête avec tes conneries de hippies, si tu veux pas que je te largue sur le bas côté sans m’arrêter !
  • J’ai fait le voyage dans un trou noir pour revenir sous une forme plus évoluée…
  • Tramp !
  • Bingo Einstein !
  • Une femme, c’est donc ça ta forme la plus évoluée ? Laisse-moi me marrer deux minutes !
  • … Je suis ici en tant qu’entité apaisée de pure conscience. Je ne peux interagir qu’avec toi. Prends cette disquette 3.5 pouces et insère-la dans le lecteur 88, elle est la solution à tout.
  • Je ne compr…

Avant même que Skullringer n’ait le temps de terminer sa phrase, Tramp avait déjà disparu dans un mini trou noir, comme à son habitude. Sous le choc, notre héros laisse échapper son joint qui s’en va rouler sous le siège conducteur. La Chevrolet rouge fait alors une embardée pour aller percuter la rambarde de sécurité de plein fouet. C’est toute une histoire d’amour entre un cavalier et sa monture qui se termine là, dans une gerbe d’étincelles, métal contre métal, puis dans le feu provoqué par un joint. Et tandis que Skullringer regarde disparaître sa belle sous les flammes de l’enfer, la radio trompe-la-mort balance “Light My Fire” dans un élan de lucidité vacharde. Encore une fois Jim Morrison était dans le vrai. 

Pendant ce temps dans les sous-sols de la Maison Blanche.

Le laboratoire Klandestin le plus officiel du monde produit les dernières doses de Drac2000. Les cuisiniers du Klan s’affairent pendant que les petites mains préparent les paquets pour les expéditions du lendemain, vers les quatre coins des Etats-Unis d’abord, puis le reste du monde. L’ingénieux plan consiste à ajouter une quantité suffisante de drogue dans chaque portion des nouveaux steaks végétaux de la chaîne de fastfood MCKingus®, 90% de la population mondiale étant devenu vegan… D’après Samuel Skeleton, le leader du Klan ce plan “ne peut pas foirer !”. Il surveille d’ailleurs le bon déroulé de l’opération “MCDracus” en tirant sur son éternel cigare cubain, sans jamais retirer sa blanche cagoule immaculée (de la seule couleur valable dans ce bas monde). Au-dessus de sa tête, sur le mur en briques brutes du fond sont épinglés trois drapeaux, la bannière étoilée évidemment, celui des confédérés et bien entendu, le fier emblème du troisième Reich. Le tiercé gagnant en somme.

  • Ol’ Willie, allez me chercher le Klantastik Mecha Tramp, nous devons informer notre puissant allié de l’avancée de notre plan.
  • Très bien Mr Skeleton, euh pardon, Imperial Lizzard!

10 minutes plus tard.

Le scintillant Tramp’s Mecha Tramp pénètre dans le laboratoire, secondé par Ol’ Willie, dans un bruit mêlant choc mécanique, cerveaux moteurs et pistons en tout genre. Il se place devant l’holoconférencier afin d’entamer une conversation holographique, avec le fameux allié. La machine se lance, une voix robotique confirme chaque étape du long processus de connexion.

Triangulation de la position – Détection interlocuteur numéro un: Tramp’s Mecha Tramp – Triangulation de la position – Détection interlocuteur numéro deux – Attente de réponse interlocuteur numéro deux – Interlocuteur numéro deux détecté: Heil900.

L’holographe projette enfin une image légèrement bleutée et régulièrement troublée par des petites interférences. Heil900 se dévoile alors, il a la forme d’un super ordinateur de première génération doté d’un œil rouge lumineux marqué d’une croix gammée. Tout le spectre des sentiments qu’il est possible d’exprimer passe par lui. Cette machine infernale fut construite au sortir de la seconde guerre mondiale quelque part en Amérique du sud. La conscience d’Adolf Hitler y a été transférée afin de ressusciter le guide dans une forme “dépassant l’entendement”. Une fois le chantier achevé, Heil900 fut envoyé sur la base martienne des Nazis afin d’intégrer un énorme hangar qui fait office d’exosquelette. Ainsi pendant plusieurs décennies il travailla sans relâche, élaborant plan sur plan, calculant probabilités sur probabilités, développant ainsi les algorithmes les plus complexes afin d’aboutir au plan parfait, celui qui rendrait à coup sûr sa noblesse au troisième Reich, aux vampires et à la suprématie blanche en général.   

  • Heil! Hitl…  euh 900!
  • Guten Tag Herr Tramp’s Mecha Tramp, ravi de vous voir enfin cher allié. Comment se déroule mon plan infaillible ?
  • Fort bien mon ami, fort bien. Nous avons produit une quantité suffisante de Drac2000, dès demain nous contaminerons les burgers vegan de chez MCKingus®. Vous aviez raison, c’est du génie.
  • Malgré ma puissance de calcul “Kolossale” il m’a fallu plusieurs décennies pour arriver à cela. Mon système d’algorithmes n’a pris en compte la donnée vegan que très récemment.
  • C’est brillant. Brillant ! Se servir ainsi de la faiblesse des hommes…
  • Jawohl ! D’ailleurs à ce propos, une fois l’expédition de demain achevée, vous devrez utiliser le détéléporteur pour me rejoindre sur ma base martienne afin que je puisse télécharger ma conscience à l’intérieur de votre structure mobile. Le monde a besoin d’un nouveau leader.
  • Bien sûr “Mieneuh fourreur”!
  • Votre allemand est approximatif, mais je prends cela pour un JA !

(Toujours le) 26 octobre 2018, dans le ciel des États-Unis.

Une étrange traînée de feu perce la nuit américaine, comme une étoile basse, un objet non identifié filant à Mach 2. Les ufologues en parlent déjà sur tous les forums dédiés de l’internet mondial et le standard du 911 explose. C’est la plus longue apparition d’ovni jamais observée. Mais l’armée prétend que c’est un ballon sonde… Puis plus rien! L’objet disparaît des radars aussi vite qu’il est apparu.

10 minutes plus tard.

  • Un jetpack, vraiment ? Vous ne pouviez pas être plus discret, tout le monde ne cause que de ça J.R ! C’est une folie digne de l’affaire du crash de Roswell, dans 50 ans on en parlera encore. Heureusement que j’ai couvert l’affaire en prétextant à un ballon sonde.
  • Un ballon sonde ? Ah ah ! T’es vraiment une bite, Penis.
  • Très drôle…
  • Il fallait que je vienne vite de toute manière. Et bien me voilà mon con.
  • Tout de même, se poser en jetpack sur les toits de la Maison Blanche. Juste au-dessus du fief de l’ennemi…

Sans un mot, Skullringer sort un autre de ses joints et l’allume. Il tire une longue bouffée, aspirant la fumée avant de la relâcher en dessinant des cercles opaques.

  • Manquait plus que ça… J’ai besoin que vous ayez les idées claires J.R.
  • T’inquiètes ma couille, je ne me défonce pas je me prépare. Ils sont combien dans ce nid de guêpes ?
  • Une trentaine d’hommes armés plus Mecha Tramp et Samuel Skeleton, l’Imperial Lizzard du Klan.
  • Alors il va me falloir plus de Skullskunk.
  • Passons. Je vais vous dire tout ce que je sais. Apparemment la production de Drac2000 est achevée, plusieurs cargaisons partiront demain matin à la première heure. La drogue se trouve dans des steaks végétaux, il faut faire vi…

Mark Penis tombe face contre terre sans avoir terminé sa phrase. Raide mort. Une flèche plantée dans le dos. Trop loin, l’assassin s’évapore dans la nuit comme un fantôme sous son drap blanc. Il s’élance dans le vide avant de se transformer en chauve-souris laissant le voile immaculé danser dans les airs quelques brèves secondes pour s’échouer enfin dans les jardins présidentiels. Un vampire maîtrisant encore cette technique complexe et désuète, ce n’est pas commun, Skullringer n’en a pas rencontré depuis ce sordide jour de Novembre 1963.

Nous voici maintenant dans le laboratoire klandestin où notre héros, après avoir fumé une dose suffisamment forte de Skullskunk, s’est démultiplié. Il se préparait donc bel et bien, car cette herbe de son cru a pour effet, lorsqu’elle est consommée en forte quantité, de générer des doubles temporaires de son consommateur. Idéale pour combattre une garde rapprochée d’une trentaine de personnes sans sourciller. Le revers de la médaille c’est qu’elle peut aussi provoquer de très fortes hallucinations en cas de Bad Trip. Mais revenons au laboratoire, à ce moment précis:

“Crève pourriture encagoulée de merde ! Suceur de queues blacks !” D’un pieu dans le coeur, d’un coup d’un seul, fou de rage, Skullringer transperce la maigre cage thoracique du bien nommé Samuel Skeleton. Avant de se relever et de constater le chaos environnant. C’est un véritable charnier fait de cendres et viscères, l’odeur est insoutenable, mélange de sang bouilli et de viande brûlée. Tous les hommes du Klan sont morts, piètres vampires sans courage, les doubles de Skullringer redevenus fumée se dissipent en volutes claires.

  • Tu as fait échouer nos plans Skullringer ! Comment es-tu arrivé là ?
  • Bon… c’est un peu long… c’est à dire que bon, moi à la base j’en avais rien à foutre de voir l’humanité crever. Mais Mark Penis, paix à son âme, m’a contacté et il m’a tout expliqué. D’abord j’ai dit non. L’idée c’est que je me tapais des putes, bien tranquille, tu vois le genre… J’avais pas forcément envie de me farcir ton armée de glandus. Bref. Là dessus Penis, qu’est mort tu seras ravi de l’apprendre, me dit que les nazis sont dans le coup. Et moi je les aime pas trop les nazis, normal, comme tout le monde tu me diras, mais moi un peu plus. Disons que j’ai, comme qui dirait, un passif avec l’un d’entre eux, et que depuis un certain temps j’ai le sentiment que, peut-être, je n’ai pas été au bout d’une mission qui m’avait été confiée il y a très longtemps par un autre président américain. Bref. Je dis ok, je serais là dans deux jours. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu car une version féminine de toi, plutôt bonne d’ailleurs, m’a fait planter ma Chevy. Là, c’est le moment où tu mes laisse faire mon deuil…
  • N’essaye pas de m’embrouiller avorton !
  • Comme tu veux. Bagarre, alors ?

Trop confiant, Skullringer fonce bille en tête sur le mecha qui l’envoie valser d’un seul coup de son puissant poing mécanique jusqu’à l’autre bout du sous-sol. Il atterrit violemment sur des restes de Drac2000 à demi calcinés. Combattre des vampires, il sait faire, mais ça c’est autre chose, il va lui falloir changer de stratégie. Il se relève tant bien que mal. Son corps ne pourra pas tolérer une autre attaque de cette force, il va falloir esquiver. Pendant ce temps, plus loin dans le local, Tramp’s Mecha Tramp démarre le détéléporteur afin de fuir dans le repaire de son allié.

Démarrage des circuits de déconstruction moléculaire – Démarrage des circuits de restructuration moléculaire – Circuits OK – Veuillez entrer une destination – Favori numéro 1: Heil900 Exo-Blitzkrieg.

  • Tu ne crois quand même pas pouvoir t’en tirer comme ça espèce de tas de ferraille rouillé…
  • Tu ne peux rien contre moi misérable cloporte ! Abandonne, tu es déjà mort !

Le robot lève le bras en direction de son ennemi dévoilant le canon à plasma dissimulé dans la paume de sa main. Il tire plusieurs rayons neutralisants. Une rafale aveuglante impossible à éviter, même pour Skullringer qui, paralysé, est désormais à la merci du rutilant et triomphant Tramp’s Mecha Tramp. La machine avance vers lui lentement, inexorablement, les yeux cerclés de leds rouges, signifiant que le mode “combat” est enclenché. Le bruit des pistons, des cerveaux-moteurs et du métal percutant lourdement le sol semblent jouer un requiem annonçant le trépas de J.R Ringer. “Il me faut un plan” se dit-il “ les effets du plasma se dissipent et je n’ai pas trop de séquelles à l’exception de mon épaule droite qui est complètement détruite…” La machine se rapproche telle une fatalité.

Skullringer arrivera-t-il à se libérer de l’emprise de Tramp’s Mecha Tramp ? Vous le saurez dès maintenant !!!

Déguisé en mariachi, le glorieux Skullringer plaque les premiers accords de l’hymne américain sur sa guitare. Son large chapeau projette une ombre qui dissimule son visage. Il est mystique, prêt pour le grand show de sa vie. Le musicien fou se lance, malgré la douleur que lui inflige son épaule. Les accords s’enchaînent avec fluidité et dextérité. Cette version de « The Star-Spangled Banner » entièrement revisitée est de loin la plus belle de tous les temps. Devant tant de patriotisme de la part d’un mexicain, la puce empathique du président-machine surchauffe générant un crash du système d’exploitation. Foutu, Kaputt ! Skullringer arrache le canon à plasma de Tramp puis se dirige vers le détéléporteur. La mission n’est pas terminée !

Individu organique détecté + inconnu – Détéléportation vers Heil900 Exo-Blitzkrieg enclenchée – Déconstruction moléculaire – Reconstruction moléculaire – Anomalie détectée.

Le détéléporteur laisse échapper un nuage de fumée qui en se dissipant fait apparaître un Skullringer métamorphosé. Lors de la déconstruction moléculaire, la machine a détecté la blessure à l’épaule ainsi que le canon à plasma, ce qui à généré une anomalie système. Afin d’y remédier le logiciel qui gère le circuit de reconstruction à corrigé de lui-même cette anomalie, fusionnant le puissant canon au bras droit du chasseur de vampire

Alors que pour son grand combat final Skullringer s’attendait à affronter une armée de vampires nazis génétiquement modifiés, le voilà dans un grand hangar vide très peu éclairé aux parois de métal grises et lisses. Seul sur Mars. Mais en y regardant bien, au loin, tout au fond, sous de lourds et bruyants ventilateurs se trouve l’oeil rouge marqué d’une croix gammée de Heil900, scrutant l’indésirable visiteur. L’imposante machine analyse, quelle est donc cette nouvelle donnée qui a fait capoter un plan présumé infaillible?

  • Ach ! Je ne comprends pas, si vous n’êtes pas le Tramp’s Mecha Tramp, alors qui êtes vous ?
  • Je suis Skullringer, mais pour toi ce sera la camarde !
  • Ah ! Skullringer, ou devrais-je dire, commandant J.R Ringer du Secret Battalion 10…
  • Comment tu sais ça, saleté d’ordinateur des mes deux ?!
  • Je le sais puisque je t’ai créé le 30 avril 1945…
  • Adolf Hitler, le vampire originel, je savais que je n’en avais pas fini avec toi fils de pute.
  • Comment va mon “Sucky”, mon impur favori? On n’embrasse pas son petit Führer de papounet!

Fou de rage, J.R fonce sur l’oeil rouge en inaugurant son nouveau bras droit. Mais les rafales de plasma s’écrasent lamentablement sur un champ de force qui est visible uniquement lors des impacts. Quadrillage rouge fait de milliers de petites Svastikas. “Tu crois vraiment pouvoir m’avoir ainsi ? Tu me déçois beaucoup Meine kleine Sucky ! Je vais devoir me séparer de toi aussi… Himmlerosaurus Rex ! Viens par ici mon petit, papa a un dessert pour toi !” La porte latérale du hangar s’ouvre, laissant quelques instants apparaître l’hostile territoire martien. Un énorme dinosaure à tête humaine entre, puis la porte se referme derrière lui dans un son à la fois lourd et strident. Comme pour mieux annoncer la mise à mort du valeureux héros. 

  • Oh non… J’en ai marre ! C’est quoi cette horreur ? Faut arrêter de déconner putain ! Je ne pensais pas avoir à dire ça un jour, mais je crois que je suis trop vieux pour ces conneries.
  • Cette horreur comme tu dis, c’est Himmlerosaurus Rex, ma plus belle création. Le corps puissant et véloce d’un reptile allié à la beauté et à l’intelligence d’un Allemand.

Le monstre fixe longuement sa proie, s’il possède le visage d’Heinrich Himmler, son regard est bien celui d’un reptile vicieux prêt à attaquer. Sa gueule laisse apparaître plusieurs rangées de dents pointues et acérées comme des lames de rasoirs desquelles dégouline des torrents de bave acide. “Pas vraiment une gueule de porte-bonheur le Heinrich !” Soudain, la germanique chimère se met à charger, ses griffes grattant le sol comme des ongles sur un tableau noir. Skullringer se jette à terre, glissant sous la créature tout en lui balançant une bonne rafale de plasma dans les couilles. Mais loin d’avoir l’effet escompté, cela ne fait qu’énerver le monstre un peu plus encore, en une fraction de seconde le revoilà qui se jette à nouveau sur sa proie restée à terre. L’Himmlerosaurus Rex saisit J.R de sa puissante patte griffue, sous la pression les côtes du malheureux se brisent comme du cristal. “Aaaaaaah !!!!! Saloperie !!!!” La fin est proche, presque aussi proche que la sale gueule grande ouverte de la monstruosité hybride. L’odeur est épouvantable, les rangées de dents s’entrechoquent sous l’excitation de l’animal et les vapeurs d’acide rongent lentement le visage de Skullringer. Réunissant ces dernières forces, ce dernier lève son canon à plasma en direction de cette porte des enfers organique. Il l’enfonce profondément et envoie la charge maximale.  

Skullringer rouvre les yeux, sa vision est trouble, à côté de lui, le monstre est à terre, sans vie, la gueule à moitié arrachée. Il essaye de se relever, mais l’extrême douleur le cloue au sol. Le canon à plasma n’est plus relié à son corps et il a perdu beaucoup de sang. Au loin, l’œil rouge le fixe, silencieusement, encore et toujours, projetant une pâle lumière dans l’obscurité du hangar. Seul le bruit des énormes ventilateurs de refroidissement viennent troubler le silence.

  • Tu es fort “Sucky” mais tu vas mourir ici, tu as perdu trop de sang. 35% pour être exact, de plus tu as été contaminé par le poison des griffes de l’Himmlerosaurus.
  • J… Je… Je vais te… te faire la peau…

J.R parcourt une nouvelle fois le hangar du regard. Il y a quelque chose sur le mur opposé au super ordinateur. Un petit rectangle blanc. Il ne le distingue pas très bien, sa vision n’est plus assez nette, alors il rampe jusqu’à lui. “Que fais-tu ? Ne t’approche pas de ça !” Skullringer ignore tout des injonctions de Heil900. Quand il arrive enfin devant le rectangle, il constate que c’est un lecteur de disquettes 3.5 pouces. Il a devant les yeux le lecteur 88. “Merde, Tramp avait raison…” Il sort la disquette de la poche gauche de son jean abîmé et l’insère dans le lecteur.

Mode Autodestruction activé – Autodestruction dans 30 secondes

“Tu as fait une très grosse erreur “Sucky”, la détéléportation ne fonctionne plus une fois que le mode autodestruction est activé. Tu es baisé. Tout ça pour quoi ? Sauver l’humanité ? Quelques six milliards de cloportes inutiles. » Autodestruction dans 20 secondes. « Tu portes en toi la souffrance mais aussi la force du vampire originel “Suck…” je veux dire Skullringer. Tu es l’un des nôtres. » Autodestruction dans 15 secondes. « Retire la disquette, nous ferons de grandes choses ensemble. Tu verras. » Autodestruction dans 10 secondes. « Retire la disquette !!! Minable !!! Arshloch !!! » Autodestruction dans 5 secondes. « Pardon, je ne voulais pas dire ça. Je ferais tout ce que… » Autodestruction.

J.R Ringer soupira un grand coup, puis il ferma les yeux.

Ce fut terrible, en une fraction de seconde il ne resta plus rien de l’Heil900 Exo-Blitzkrieg. L’explosion fut en réalité si puissante qu’elle fit dévier la planète Mars de son orbite. D’après les calculs des meilleurs experts, cette dernière entrera en collision avec la Terre dans moins de dix jours.

Fin

Une nouvelle de Toorsch'

Musique:
Ennio Morricone - La Resa Dei Conti
Motörhead - Ace Of Spades
Tony Joe White - Polk Salad Annie
Creedence Clearwater Revival - Bad Moon Rising
The Doors - Riders On The Storm
The Doors - Light My Fire
J.R Ringer - The Star-Spangled Banner
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2 commentaires sur “SKULLRINGER – Double Feature

  1. charlu dit :

    Tin T..life on Mars.. une prémonition.. tu vas voir que ça va finir par être le seul espoir pour survivre.. c’est pour ça qu’ils arrêtent pas de l’explorer ces p’tit penis… la percution va engendrer de la vie..
    Tte l’histoire du bipède est un cycle permanent, des retours à des vitesses différentes, on croit que ça se calme, qu’on va enfin devenir des gens bien..mais rien n’y fait, on repart dans l’autre sens. Tes flash back et tes anticipations étourdissent… ts ces enculés ont la dent longue ;D
    C’est la réalité quoi, le cercle infernal permanent des klandestins.

    Les meneurs ressemblent vraiment de plus en plus à des hologrammes..va falloir trouver de l’énergie pour aller se vider ds une urne…genre une caisse de Skullskunk.. ouaih, parce moi à partir de maintenant, j’arrête de bourbon.

    Grosse prod T, t un ouf du ciboulot.. et j’ai encore « Rider on the storm » qui tourne en rond .. ça sent le Skull II avec du Bowie au générique 😀

    Mais dit moi.. ttes coïcidence avec des personnages…. etc etc

    • Toorsch dit :

      Arf! J’avais d’abord une base lunaire en tête mais c’est so vingtième siècle…

      Je ne sais pas si Skull II ou zéro il y aura, j’ai des idées, j’y travail, mais si suite il y a, il ne faut pas qu’elle dise la même chose de la même manière. Certains nouveaux personnages demandent a exister. Mais il devront attendre encore un peu, que j’ai la bonne histoire. Il me manque des éléments clés. J’ai déjà la BO par contre.

      BIZ mon C! Et bonnes fâtes!

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