Songs #1 BORN IN THE U.S.A.

lundi, janvier 9th, 2017 par Toorsch

bruce-springsteen

BORN IN THE U.S.A. ou l’histoire d’un malentendu

Pour beaucoup l’hymne de Bruce Springsteen sonne comme un chant patriotique et bodybuildé ou inversement. Pour preuve, Reagan puis Bush senior tenteront de s’approprier le morceau lors de leurs tristes campagnes présidentielles. Mais ont-ils seulement écouter les paroles? Que des non-anglophones passent à côté, c’est compréhensible, mais des américains dotés d’un système auditif en parfait état de marche, ça laisse songeur.  

“Born In The USA” prend d’assaut les ondes radios américaines le 4 juin 1984, soit pile un mois avant la fête nationale. Sous ses airs trompeurs, le nouveau hit du Boss n’est pas dédié à la gloire de la Mère-Patrie. Loin de là. Il raconte le retour au pays d’un vétéran de la guerre du Viêt Nam rejeté par ses contemporains. Comme beaucoup d’autres. Près d’une décennie après la fin du conflit, le problème de la réinsertion de ces hommes (souvent traumatisés) est encore bien vivant. Deux ans plus tôt, First Blood, le premier Rambo, racontait déjà à sa manière sensiblement la même histoire.

“Born In The USA” est une chanson qui date en fait de 1981, enregistrée une première fois lors des sessions acoustiques de l’album Nebraska. La mouture originelle, avec Springsteen seul à la guitare, est d’ailleurs disponible sur le coffret Tracks. Il est vrai qu’une fois dépouillé de ses encombrants oripeaux, le titre ne laisse plus de place à la confusion. Si l’on peut légitimement préférer cette interprétation dépouillée pour la clarté de son message, il lui manque ce petit quelque chose qui change tout, ce truc pernicieux qu’a la version finale. Précisément ce son chromé taillé pour la radio qui généra le fameux malentendu. Rien n’est jamais simple en ce bas monde et le Boss a sans doute un peu surestimé l’auditeur moyen, qui soit dit en passant a autre chose à foutre que d’analyser les paroles de la chanson lors de ses passages sur les ondes.

“Born In The USA” est un titre très personnel pour Springsteen qui perdit des amis au Viêt Nam. Il faillit d’ailleurs y aller lui aussi, mais fut réformé à cause/grâce aux séquelles dues à un accident de moto. Il évoque cet épisode sombre de sa vie lors d’un long préambule très émouvant à la chanson “The River” sur le Live 75-85.   

Lien Deezer

Toorsch’

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6 commentaires sur “Songs #1 BORN IN THE U.S.A.

  1. fracas64 dit :

    Bien dit Toorsch’, tu as tout bien expliqué…c’est en écoutant la version « brute » que l’on comprend mieux cette chanson. Merci pour ce rappel.

  2. Toorsch dit :

    Merci. Cette chanson mérite que l’on s’y penche sérieusement en oubliant le tube.

  3. Jimmy Jimi dit :

    Hello Toorsch,
    Personnellement, je la préfère nettement sans : « ce truc pernicieux qu’a la version finale » ! J’ai souvent du mal avec Springsteen quand il enfile ses gros sabots (cuivres et claviers pompiers).

    • Toorsch dit :

      Je comprends, moi même je préfère Nebraska à l’album Born In The U.S.A. Mais dans ce cas précis, la version « gros sabots » de par son aspect « double » fonctionne mieux. Je trouve.

      Mais je suis totalement d’accord avec toi.

      A+ Jimmy

  4. fracas64 dit :

    Ce qui est fascinant avec Bruce , c’est le nombre incalculable de titres de qualité qui ont des versions alternatives. Quaand on s’y plonge on n’en ressort pas indemne..

  5. Toorsch dit :

    Très juste, encore récemment, la superbe version électrique de « Tom Joad » avec Morello.

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