BLUES BLUES BLUES AND SOUL! PART XIV

dimanche, janvier 15th, 2017 par Toorsch

BLUES BLUES BLUES AND SOUL ! FUNK FUNK FUNK AND FUNK !!!

parliament-funkadelic-01

L’affaire est complexe. Parliament/Funkadelic, deux groupes pour un même son, par un unique génie créateur: George Clinton. Encore un truc échappé des chaînes de montages de Detroit. Né des ruines de The Parliaments (le préfixe a son importance), un groupe de Doo Wop ayant vu le jour dans le salon de coiffure de George Clinton au mitan des années cinquante, ce monstre à deux têtes était l’une des plus grosses machines de l’histoire de la musique américaine. Question légitime: quel est donc l’intérêt de former deux groupes pour faire sensiblement la même musique ? Une décennie durant, Clinton et ses troupes ont pratiqué la multiplication des pains, 22 albums studio en 11 ans ! C’est dans cette profusion justement que réside l’intérêt du projet. Une entreprise qui aura vu défiler un nombre impressionnant de collaborateurs plus ou moins importants, plus ou moins intérimaires.

Pour schématiser, Funkadelic est la branche rock de la maison avec ses morceaux bourrés de grosses guitares fuzz aux sonorités psychédéliques tandis que Parliament creuse le sillon du funk à en crever le vinyle. Enfin, ça c’était surtout valable au début de l’aventure, car au final tout convergea inexorablement vers un même point de fuite, ce fameux P-Funk chromé dont nous causent les journaux depuis près de quarante ans. P pour Parliament bien sûr. La malle au trésor du Gangsta Rap, l’un des sons les plus pillés par les rappeurs, à égalité avec James Brown.

parliament-funkadelic-02

PARLIAMENT – Mothership Connection – 1975

Dans chacune des discographies jumelles il y a au moins un chef-d’œuvre (au sens véritable), au moins un disque historique qui entre régulièrement dans les bibles du rock. Mothership Connection tient ce rôle dans la production de Parliament. Soyons clair, les années soixante-dix ne manquent pas de bons disques funk, mais très peu ont marqué l’histoire comme celui-ci. La basse élastique de Bootsy Collins, les chants tribaux et galactiques préfigurant le rap, cet album est un laboratoire d’innovations musicales. Dr Dre bâtira la quasi-intégralité de son démentiel The Chronic sur les beats s’échappant des vieux vinyles du sorcier Clinton, on parle alors de G-Funk. G pour Gangsta bien sûr.

Difficile d’aborder Mothership Connection comme un album de chansons, d’évoquer classiquement tel ou tel titre, tant il forme un tout, une grande pièce nourrie de funk en fusion s’étirant sur près de quarante minutes. En bons chimistes du son, les laborantins de Parliament jouent avec la matière, la déforment puis la reforment pour mieux la réinventer. Bien entendu il y a des tubes, des segments plus frontalement efficaces, tel le bouillant « Give Up The Funk » à la marge du disco et du funk ou « Mothership Connection » au groove vertigineux. Mais rien de vampirisant. Mothership Connection, c’est le disque de l’état de grâce. Il n’a pas rejoint la prestigieuse collection de la bibliothèque du congrès pour rien. Il est historique.

Lien Deezer

parliament-funkadelic-03

FUNKADELIC – One Nation Under A Groove – 1978

Encore un album légendaire, peut-être plus encore que le précédent. Celui-ci c’est l’Arche d’alliance du groove, traqué par tous les Indiana Jones funk de la création. Souvent imité, jamais égalé comme disaient les faiseurs de réclames. Faussement double (LP+EP) One Nation Under A Groove est le point d’orgue de la vision hallucinée de Clinton, son aboutissement, l’authentique climax de sa créativité. Après ça, plus rien ne sera jamais pareil. D’entrée ce qui frappe c’est le son, moins rock que par le passé mais ultra-puissant. C’est véritablement avec ce disque que les deux entités fusionnèrent. Parliament/Funkadelic, une seule grande nation guidée par un même groove, par les vibrations telluriques de la planète P Funk.

Le morceau éponyme placé comme il se doit en début de galette est un monstre, un Léviathan funk ne faisant aucun prisonnier. Parfaite incarnation de la philosophie d’un Clinton qui souhaite libérer l’esprit au travers du corps. Autre temps fort, « Who’s Says a Funk Band Can’t Play Rock ?! », tout est dans le titre, une grosse furie rock bardée de funk chromé portée par la guitare véloce de Mike Hampton, génial guitariste ayant fait ses débuts sur l’album Let’s Take It to the Stage en 1975. Comme pour Mothership Connection, les hauts-faits n’éclipsent en rien le reste du disque qui, s’il est moins monolithique demeure parfaitement homogène.

Lien Deezer

Ces deux albums-là sont les Magnum opus de Clinton, ceux qu’il faut posséder, mais le reste de sa production n’est pas à négliger. C’est bien simple, prenez n’importe quel disque du bonhomme, au hasard, et au pire il ne sera que bon. Sur ce point aussi Parliament/Funkadelic reste sans concurrence.

Toorsch’

Publicités

Si tu veux, tu peux même laisser un commentaire!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :