THE FLYING SAUCERS SHOW #1

vendredi, février 3rd, 2017 par Toorsch

forbidden-planet-still1

Vous êtes John Junior Watson, un enfant de 10 ans puni par ses parents. Vous avez été envoyé dans votre chambre. La nuit estivale est chaude ce 7 juillet 1952, par la fenêtre ouverte vous pouvez entendre le chant des insectes. Votre chambre est à l’étage et vos parents sont au rez-de-chaussée. Cela ne fait longtemps que vous vivez ici, à Fremont dans le Nebraska. Vous n’avez pas encore d’amis, sinon dans vos lectures, ces périodiques d’horreur et de science-fiction que vos parents vous achètent par dépit. Sans faire de bruit, vous vous dirigez vers l’étagère sur laquelle sont disposés vos comics et prenez la dernière parution en date, le numéro 13 de la revue Weird Science, puis toujours en silence, vous filez dans votre lit. Là, sous la mince couverture, vous allumez votre lampe torche et commencez à dévorer ces histoires de martiens et de conquêtes spatiales.

Dans votre abri de fortune, votre refuge de garçon solitaire, happé par vos lectures, vous ne remarquez d’abord pas la forte lumière venant de l’extérieur qui irradie votre chambre. Soudain un bourdonnement se fait entendre, un son de moteur futuriste. Vos trouvez le courage de sortir de votre cachette. Vous êtes un garçon téméraire, n’est-ce pas Junior ? Peut-être un peu trop curieux n’est-ce pas ? Tandis que vous vous précipitez vers votre fenêtre, vous voyez cet objet lumineux et lisse disparaître à toute vitesse. Cette « chose » est en tous points semblable aux vaisseaux de vos comics. La soucoupe volante se perd dans les collines entourant la ville puis un grand « BOOM » résonne. Dans la bourgade paisible, soudain c’est la pagaille, les chiens aboient, les lumières s’allument sur les porches des maisons et les gens se précipitent à l’extérieur. La panique semble un temps gagner le monde des adultes, mais elle meurt presque aussitôt. Ne voyant rien de suspect, les habitants retournent à leurs occupations et les chiens se taisent sous les injonctions de leurs maîtres. « Ils se sont écrasés, il faut que j’aille voir ça! », vous êtes vraiment un garçon courageux Junior, n’est-ce pas ? Peut-être un peu trop curieux.

Attention les chroniques de films du Flying Saucers Show contiennent des spoilers! Vous voilà avertis.

FORBIDDEN PLANET

forbidden

Titre français: Planète interdite

Date de sortie: 15 Mars 1956 (U.S.A)

Réalisateur: Fred McLeod Wilcox

Avec: Leslie Nielsen, Walter Pidgeon, Anne Francis et Robby le robot

Au XXIIe siècle, le vaisseau spatial C 57 D se pose sur la lointaine planète Altair 4. Une expédition dirigée par le commandant Adams vient enquêter sur la disparition, vingt années plus tôt, du navire spatial Bellérophon et de son équipage. Les explorateurs sont accueillis par Robby, un robot ultra perfectionné qui les conduit jusqu’à la formidable demeure de l’énigmatique Docteur Morbius. Celui-ci, avec sa fille Altaira, est le seul survivant de l’expédition précédente qui a été décimée par une force inconnue…
Le Docteur Morbius explique qu’il a découvert qu’il y a plusieurs milliers d’années, la planète était habitée par des êtres à l’intelligence exceptionnelle, les Krells, qui ont mystérieusement disparu, laissant derrière eux des traces de leur civilisation : un cube gigantesque de plusieurs kilomètres de côté capable de fournir une énergie incommensurable.

Forbidden Planet est un grand classique de la science-fiction des années 50, un film novateur, tant sur la forme que sur le fond. Le long métrage de Wilcox pose les bases d’une nouvelle manière d’appréhender la S.F, de façon moins naïve. L’architecture intérieure du vaisseau et la technologie employée préfigurent Star Trek alors que le fameux Robby le robot annonce C3PO de Star Wars. Bien que Lucas s’en défende, prétendant que les racines du droïde doré sont à aller chercher du côté de MetropolisAdmettons qu’il y a eu mélange... L’ambiance visuelle de Forbidden Planet est marquante, le film profite à plein du cinémascope pour exhiber une nature inconnue dotée d’une flore à la fois inquiétante et belle, et qui surtout ne ressemble à rien de terrestre. Cette impression d’inédit est encore accentuée par la musique intégralement électronique de Bebe et Louis Barron, un choix audacieux pour l’époque. Sans même parler de l’aspect novateur de la chose (15 ans avant Kraftwerk), cela fait du film une expérience hypnotique.

L’autre grand point fort de Forbidden Planet c’est son scénario (bien qu’assez prévisible vu d’aujourd’hui), une sorte de variation autour de La Tempête de Shakespeare auquel s’ajoutent des notions de psychanalyse. La menace ne venant pas d’extra-terrestres belliqueux, comme il était alors de rigueur, mais directement du subconscient de l’humain, via la « matérialisation » de la part d’ombre du docteur Morbius. Le « ça » prendra la forme d’une créature étrange et dévastatrice. Signalons au passage que cette dernière, animée par les artistes de chez Disney est d’une beauté à couper le souffle. L’homme est ainsi montré avec toutes ses faiblesses et ses imperfections. L’équipage uniquement masculin du vaisseau agit comme une meute, représentant l’aspect l’animal, tandis que le docteur Morbius personnalise le savoir et sa fille la tentation. Mais la meute a parfois du flair quand le savoir est aveugle…

Planète interdite conserve une réelle force narrative, malgré ses personnages un peu trop stéréotypés. Disons que le rapport homme/femme est bien inscrit dans sa décennie… Quant aux effets visuels, s’ils ont forcément vieilli, ils possèdent une poésie qui fait défaut à bien des productions actuelles. Un dernier conseil, procurez-vous l’édition Blu-ray du film, riche en bonus et bénéficiant d’une copie formidablement restaurée.

Bande annonce (Youtube)

Bonus:

Robby le Robot, la vraie révélation du film est apparu par la suite dans beaucoup de films et de séries, notamment dans Gremlins de Joe Dante. Voici la preuve:

robby

Une fois le calme revenu, vous quittez votre chambre malgré la punition de vos parents. Après avoir glissé le long de la gouttière, vous filez à toutes jambes en direction des collines, juste armé d’un lance-pierre et de votre lampe de poche. L’air doux de cette nuit d’été remplit vos poumons tel un souffle de vie. Vous courez de plus belle. Vous êtes un enfant bien courageux Junior, n’est-ce pas?

20160105190456-ducatman1098-future-continued

Toorsch’

Publicités

Si tu veux, tu peux même laisser un commentaire!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :