WIKIPIZZA #8

dimanche, juillet 30th, 2017 par Toorsch

PETROLHEAD ROCK

C’est peu dire que le Rock ‘n’ Roll soit historiquement et intimement lié à l’automobile. Les deux sont des symboles de pure liberté et d’émancipation. Le bruit des V8 et autres grosses cylindrées deviendront bientôt indissociables de celui des guitares électriques. Avec les bécanes customisées en sus pour un parfait ménage à trois. Ainsi il n’est pas surprenant que le premier morceau de Rock ‘n’ Roll de l’histoire soit une déclaration d’amour à une bagnole. En effet « Rocket 88 » de Jackie Brenston (avec Ike Turner à la guitare) fait directement référence au modèle du même nom de la firme Oldsmobile. Un monstre de puissance pour l’époque, très populaire dans le championnat Nascar, chez les vétérans de la Seconde Guerre mondiale et bien entendu chez les gangsters.

En réalité ce morceau datant de 1951 paru chez Sun Records (déjà) est un décalque électrifié d’un titre plus ancien de Jimmy Liggins intitulé « Cadillac Boogie » sorti en 1947. Déjà une histoire de voiture en somme.

Le Rockabilly et le Surf Rock sont les genres musicaux ayant sans aucun doute possible offert le plus grand nombre d’hymnes dédiés à la chose motorisée, de « Little Deuce Coupe » des Beach Boys à « Brand New Cadillac » de Vince Taylor en passant par « Jaguar And Thunderbird » de Chuck Berry. Cette dernière opposant encore et toujours la fringante Amérique à la vieille Angleterre. Mais pour le coup et de manière tout à fait subjective, c’est mamie qui gagne. Si la Jag est une E-Type cela va de soi. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi d’autres, des albums entiers dédiés à l’automobile sortiront au début des années soixante chez les ricains. Dick Dale et les Beach Boys y trouveront un nouveau filon lorsque la vague surf aura passé. Et puis les bagnoles, ça cause à la jeunesse tout entière, contrairement au surf qui ne dépasse pas les frontières étriquées de la Californie.

Il serait pourtant bien réducteur de cantonner ce mariage vénéneux (tant de morts et d’accidents tragiques) aux seules prémices d’un Rock ‘n’ Roll naissant. L’amour perdure encore aujourd’hui. Peut-être cessera-t-il avec l’avènement des voitures électriques à la musicalité franchement limitée. Encore que, en 2009, Neil Young nous a bien pondu Fork In The Road, un album militant entièrement dédié à sa voiture électrique. Mais c’est un contre-exemple car le Loner pourrait écrire un disque entier sur un paquet de céréales. Et puis la voiture brûlera quelques années plus tard, emportant avec elle une bonne partie du hangar dans lequel elle était entreposée. C’est vraiment ça l’écologie ?

Plus sérieusement, prenons l’oeuvre de Bruce Springsteen, elle regorge de références plus ou moins détaillées à l’automobile. Tant pour le symbole (la liberté et la réussite) que pour l’objet lui-même faisant partie intégrante du décor. Avec force détails parfois, comme cette Chevrolet dans « Racing In The Street » ou ce périple suburbain chez un vendeur de caisses d’occasions dans « Used Cars ». Et puis « Thunder Road » et « Born To Run » n’appellent-ils pas à la fuite en pleine nuit bien calé derrière le volant, en attendant l’aube ?

Mais dans le genre, déclaration d’amour à un modèle précis, on n’a pas fait beaucoup mieux que Chris Rea en 1989 avec le titre « Daytona ». Disponible sur le très autoroutier Road To Hell, ce morceau fait plus qu’évoquer, de manière plutôt sensuelle d’ailleurs, la superbe Ferrari 365 Daytona. Dans la forme « Daytona » ressemble à un vieux titre Country façon Johnny Cash (les accords plaqués du refrain) mais en plus artificiel, mécanique et forcément électrique. Désormais le cowboy possède 352 chevaux pour monture, le monde a bien changé. Autre preuve de bon goût, la cultissime Lotus Seven sur la pochette de l’album Auberge.

Des exemples de ce type, il y en a des milliers d’autres et cet article n’a pas pour but d’être exhaustif. Citons au hasard la Cadillac Fleetwood de Tony Joe White, l’antique Bentley de Mark Knopfler, la DeLorean de Zombi ou encore la Deawoo de Didier Wampas. Je vous laisse le soin de retrouver les morceaux, les pièces détachées.

Toorsch’

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