Archives de août, 2017

NICOLE ATKINS – Goodnight Rhonda Lee – 2017

mardi, août 29th, 2017 par Toorsch

D’un vieux transistor posé sur une table en formica s’échappe un son anachronique qui donne envie de reprendre encore un verre du « Summer Wine » de Nancy et Lee. Le voyage à Memphis de Dusty est là aussi, dans les profondeurs d’un souffle analogique. Sous les rayons lourds d’un soleil estival à son zénith mortel, les vignettes ultra-retro de Nicole Atkins chassent la canicule et son trop chaud sirocco. Fraîcheur enfin, envie de milk-shake glacé et de Corvette sur la Pacific Highway. C’est de la musique profondément américaine qui est jouée ici, de la musique d’avant les Beatles, d’une lointaine époque fantasmée.

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Toorsch’

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HELLHOUND III

samedi, août 26th, 2017 par Toorsch

Je rêve du désert et d’un blues Touareg. De guitares dansantes, serpents sur le sable chaud. Je ne suis qu’un esclave en terre du sud. Pas vraiment l’ami du General Lee. Alors je regarde le ciel, Blind Willie Johnson perdu dans le vide sidéral. Une étoile aveugle, le voyageur. La nuit est sombre, le sol est froid, j’irais mourir à Beaumont. De guerre lasse, sans surprise, au Texas. Est-ce ici que commence l’enfer ? Sous les jets d’acide caustique. Nuit noire, sans étoiles, voilà les clébards qui rappliquent. Ils me suivent à la trace, ils me veulent bien au chaud, au croisement. Quel merdier encore ! Mais bordel, je n’ai rien signé ! Du moins je crois, quelle est cette bouteille de bourbon couchée sur la moquette crade ? Depuis quand suis-je ici, dans cette chambre sans vue ? Nuit noire, sans papier peint, voilà le Roi des enfers qui se ramène. Aucun procès, pas de belle cérémonie. Quelqu’un a imité ma signature. C’est sacrément bien imité. Est-ce vraiment ici que commence l’enfer ? Quelle déception.

Une bouteille à la mer, il y a vingt milliards de kilomètres.

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HELLHOUND II

vendredi, août 25th, 2017 par Toorsch

Dust My Broom. Ma seule obsession désormais. Les pieds bloqués dans un fond de vase particulièrement tenace. J’aimerais tout laver et repartir à zéro. Loin des chiens de l’enfer, du Diable, de son contrat et de cette guitare slide qui déchire le silence de mon agonie regrettable. Toute ma vie j’ai traîné d’un goulot de bouteille à l’autre. Jamais complètement sobre, mais pas ivre pour autant. Qu’il soit vissé sur le bout de mes lèvres ou glissant sur un manche en bois d’ébène, c’est bien le goulot qui a guidé mes pas. Jusqu’à ce Delta de merde infesté par ces foutus clébards. Le véritable cellier du Diable. Ici-même, Elmore James a tout piqué à Robert Johnson. Pas bien grave, c’était juste un vieux plan foireux qui traînait depuis trop longtemps au milieu des ratons laveurs. Une fausse rédemption minable pour ratés sur la pente descendante, filant tout droit vers les gueules grandes ouvertes des chiens de l’enfer. Dust My Broom, le morceau se tient bien, mais ce n’est rien qu’une promesse d’alcoolique de plus.

Est-ce ici que l’enfer commence ? Quel merdier !

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HELLHOUND

vendredi, août 18th, 2017 par Toorsch

Quel merdier ! Les chiens de l’enfer ont encore hurlé toute la nuit. Pas moyen de fermer l’œil. Je ruisselle au matin dans mon lit trempé de sueur. L’été est chaud, un autre de ces étés qui rendent fou. Est-ce ici que commence l’enfer ? Comme dans un vieux blues de Robert Johnson ? Un cauchemar en 16 mesures échappé d’un antique 78 tours crachotant ses derniers sillons de bakélite. Il y avait deux Sonny Boy Williamson, vous savez, deux Sonny Boy ! C’est fou, quel merdier ! Comme la paire de chiens qu’a flanqué le Diable à mes trousses. Je divague, j’ai de la fièvre, j’ai pas dormi. La nuit était moite, quelle horreur, quelle fournaise. Je regarde la bouteille de bourbon couchée sur la moquette crade. Depuis combien de temps ai-je la gueule de bois ? Depuis combien de temps dure l’été ? Suis-je prisonnier de ce morceau, ce titre sans fin de… de qui déjà ? Slim Harpo ! L’harmonica, c’est l’aboiement plaintif des créatures. Quel merdier ! Je vois le Diable et son contrat. Il fait déjà nuit.

16 août, Greenwood, Mississippi, U.S.A

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RANDY NEWMAN – DARK MATTER – 2017

vendredi, août 18th, 2017 par Toorsch

Surtout connu chez nous pour le générique de la série Monk ou les bandes-originales des films d’animation Pixar, Randy Newman fait partie de ses grands auteurs injustement sous-estimés. De ces auteurs rares, capables en trois minutes de vous raconter une histoire incroyable. L’art du Storytelling poussé à son paroxysme. Comble du bon goût, Newman est aussi capable d’humour acerbe, raffiné, loufoque, c’est bien simple, cet Américain pourrait être Anglais que personne n’y trouverait à redire. Pour s’en convaincre il suffit d’écouter attentivement « The Great Debate » et « Putin ». Quelle brillante idée d’ailleurs de transformer le macho-dictateur Russe en une sorte de méchant de Disney. Lire la suite »

PRESLEY 69

mercredi, août 16th, 2017 par Toorsch

THE KING IS BACK

40 ans aujourd’hui, 40 ans que le King est mort, laissant derrière lui un trône vacant et un musée. Mais en 1969, tel un phénix brûlant comme mille soleils, le roi était revenu aux affaires dans un ultime sursaut d’orgueil. Le Colonel lui avait certes apporté richesse et célébrité, mais c’était un deal avec le diable, et il n’avait pas tardé à réclamer son dû, l’âme d’Elvis. Exit le Kid de Tupelo, l’impétueux jeune homme qui avait changé la face du monde, place au roi ringard enfermé dans son château et les productions cinématographiques navrantes. C’est un show/chaud de Noël fabriqué pour le compte de la NBC qui changea la donne à la fin de l’année 1968, le fameux Comeback Special. Elvis Presley gainé de cuir noir y apparaissait beau, fauve et pour tout dire, monarque. Enfin. Lire la suite »

LA LÉGENDE DE CHOOLO

lundi, août 14th, 2017 par Toorsch

Préface

Je m’appelle Stephen Hatecroft, mais ça vous le savez sans doute déjà puisque vous tenez entre les mains ce qui devait être mon nouveau roman, La Légende de Choolo. Autant rompre le suspense tout de suite, ce qui n’est pas dans mes habitudes, celui-ci ne verra probablement jamais le jour. Vous n’êtes pas sans savoir, si vous avez suivi les dernières actualités concernant l’édition artistique, que désormais chaque auteur de fiction est soumis à un nombre limité de mots, valant pour l’intégralité de sa carrière, tous supports confondus. Une sorte d’obsolescence programmée permettant le renouvellement des auteurs et théoriquement des idées. Lire la suite »

NOIR DESIR – des Visages des Figures – 2001

dimanche, août 13th, 2017 par Toorsch

Je ne me souviens plus très bien, ma mémoire est floue, elle a brûlé dans un « Grand incendie » ! Que s’est-il passé ce fameux 11 septembre 2001 ? Quoi de bien significatif ? Bertrand Cantat se la jouait Nostradamus du rock Français annonçant, hasard du calendrier, une catastrophe annoncée. Le vent se chargera bien de repeindre les cendres sur l’occident. Rien ne sera plus jamais pareil. Lire la suite »

PLANETARIUM – 2017

vendredi, août 11th, 2017 par Toorsch

La tête dans les étoiles, entre vieux mythes, anciens dieux et sciences spatiales, entre auto-tune, folk, orchestrations denses et minimalisme electro, bienvenue dans le Planetarium de Sufjan & Co. Un observatoire halluciné et mélancolique, qui laisse derrière lui une queue de comète furtive dans le ciel de l’Illinois et du Michigan. Des états dans bien des états. Miracle ! Le plasma et la poussière deviennent son ! Musique ! Et tout le système solaire y passe. On ne ressort pas indemne de cette virée en apesanteur. Ballotté dans le chaos hostile de planètes inhospitalières.

Malgré sa longueur et son concept disons particulier, Planetarium se paye le luxe de ne pas être pompeux et demeure toujours digeste. Sans doute le projet le plus bizarre et ambitieux de Sufjan Stevens à ce jour. Et accessoirement une réussite de plus.

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La Reprise dominicale #26

dimanche, août 6th, 2017 par Toorsch

RY COODER – STAND BY ME – 1976

Je l’ai déjà écrit dans ces colonnes, Ry Cooder est un trésor, un archiviste doublé d’un musicien du monde, il a su, au travers de son oeuvre, créer des ponts aux quatre coins du territoire connu. C’est aussi un guitariste génial, capable de se la jouer héros de la six cordes, mais l’homme est humble et met son talent au profit de l’effort collectif, sans tirer la couverture à lui. Bref Ryland Peter Cooder est un bon gars. Pour mieux vous situer la classe de bonhomme, voici un petit rappel des faits, très jeune il a joué avec Taj Mahal et Captain Beefheart, il a appris les bases de l’open tuning à Keith Richards et sa guitare slide traîne sur plusieurs enregistrements des Stones, il a aussi produit le Buena Vista Social Club faisant ainsi découvrir la splendide musique cubaine au grand public. Liste non-exhaustive bien sûr.

Ecoutez l’accordéon de Flaco Jimenez se balader avec grâce, apportant une délicieuse touche Tex-Mex. Et les chœurs Deep Soul, entendez ça ! Et enfin le reste ! Quel frisson ! Probablement la plus belle version de « Stand By Me » avec l’originale de Ben E. King. Exit la ligne de basse novatrice qui était pourtant la signature du morceau, place au sud dans toute sa splendeur, chaud, excessif, beau et romantique. Un divorce à la mexicaine que cette relecture définitivement parfaite.

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