CABIN OF FEAR First Issue

vendredi, janvier 19th, 2018 par Toorsch

Bonsoir mes petites goules rachitiques et bienvenue dans le premier numéro de La Cabane de la peur. Afin d’étancher votre soif de sang frais, vous trouverez ici trois histoires concoctées dans les ateliers de nos meilleurs savants fous, alors verrouillez bien portes et fenêtres et préparez-vous pour le grand frisson !!!

LE PORCHE

Cette nuit, n’arrivant pas à trouver le sommeil, je suis sorti fumer une cigarette. Comme à mon habitude, je pris place sur la vieille balancelle du porche tout en farfouillant frénétiquement dans mon paquet de Marlboro à la recherche de la dernière clope. J’avais la sensation d’être enfin seul au monde. Ici, il n’y a pas de voisins, personne à des kilomètres à la ronde, juste des champs de blé. Aussi loin que je me souvienne, j’avais toujours voulu ça, cette tranquillité absolue, c’est pour elle que j’avais quitté la ville et son bourdonnement incessant, pour elle toujours que j’avais racheté cet antique ranch paumé. La peur est arrivée sournoisement avec la première bouffée de tabac, pile au moment où je recrachais un dense nuage opaque. La lumière située au-dessus de la porte d’entrée projetait un maigre halo jaunâtre dans lequel allaient mourir les volutes de fumée. Je réalisais soudain qu’aussi faible soit l’éclairage du porche, il me bouchait totalement l’horizon, je ne pouvais donc qu’imaginer l’immensité de l’exploitation entourant le ranch. Par contre, si quelqu’un se tenait quelque part au milieu des champs de blés, sa vue sur moi était imprenable.

LE COULOIR

A chaque fois que je m’endors, je me retrouve dans la maison de mon enfance. Je suis dans le long couloir de l’entrée, tout est comme avant, le papier peint à fleurs recouvre le haut des murs et les frises de bois vernis la partie basse, au sol, le tapis rouge pourpre court sur presque toute la longueur recouvrant de vieilles tomettes bleues et grises. Tout est comme avant, mais vide, sans l’ombre du moindre mobilier. L’odeur est épouvantable aussi, comme si la maison tout entière avait pourri. D’habitude mes rêves sont uniquement visuels, mais celui-ci est le seul qui laisse traîner une infâme odeur résiduelle plusieurs secondes après mon réveil.

Le rêve ne dure jamais bien longtemps, juste le temps que la vieille dame en bleu fonce sur moi en se fracassant violemment la tête d’un mur à l’autre du couloir. Son corps décharné se déformant progressivement et son cri se faisant de plus en plus strident. Je me réveille toujours avant de pouvoir voir son visage.

LA CHAMBRE

La chambre n’est pas spécialement bien décorée, même pour un petit hôtel rural. Mais au moins le mobilier semble véritable, entre l’armoire en chêne massif affublé d’un gigantesque miroir terne, le fauteuil au décor floral, la lampe à lave orange, la télévision à tube cathodique, tout est d’époque. L’hôte pourra même recevoir ses derniers appels sur un antique téléphone à cadran des Télécoms. D’après la patronne, la chambre serait le lieu idéal pour les nostalgiques voulant laisser une trace dans ce monde. Lors de votre réservation, n’oubliez surtout pas de bien renseigner l’année de votre naissance, sans quoi le processus ne pourra pas aboutir et aucune réclamation ne sera par conséquent acceptée.

Depuis mon passage, une Super Nintendo est apparue sous la télévision. Désormais, l’hôte pourra faire une petite partie de Super Mario World avant de devenir à son tour un objet de son année de naissance.

LE PORCHE, LE COULOIR et LA CHAMBRE par TOORSCH'
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