CABIN OF FEAR N°3

samedi, février 10th, 2018 par Toorsch

Tiens tiens tiens, encore vous mes charmantes petites goules pourrissantes… Il vous faut votre dose d’horreur n’est-ce pas ? Et bien La Cabane de la peur est grande ouverte, oui, ce sont bien des cris qui proviennent de la cave, venez les entendre de plus près!

AI 1983.01-013/SH002

Retranscription des notes vocales de l’inspecteur Stanislas Hume datées du 19 janvier 1983

– Bon, on le tient ce fils de pute. Incroyable que personne n’ait tiqué sur ce type depuis le temps.
Ça doit faire cinq heures qu’il n’a plus desserré les dents. Philippe tente encore de lui faire cracher le morceau, mais pour moi ça fait pas un pli. On y était presque ce matin, avant qu’il nous débite ces conneries de gargouille et d’âme damnée. Son regard, bordel … putain de monstre.
Penser à contacter les psys dès demain.

(Bruit de frottement, l’inspecteur Hume a probablement allumé une cigarette)

– Résumons. Jacques Senacle, veilleur de nuit, décrit comme quelqu’un de peu sociable, fuyant, voir simplet, a été retrouvé dans la sacristie par les ouailles ce matin vers 7h00. Couvert de sang, en transe d’après les témoins. Lacérations au niveau du visage et du cou, le labo confirmera sûrement la présence de son ADN sous les ongles de Sylvie Blin, la serveuse retrouvée démembrée, cette nuit vers 3h00 rue du Chanoine Collin. Senacle la connaissait, elle était bénévole à la Cathédrale. Un lien a pu être établi entre Senacle et la quatrième victime, Pascal Porte, gérant du bar l’Appel rue des Piques où notre homme semble avoir ses habitudes. Les gars cherchent les liens avec les trois autres victimes.

(Bruit de papiers froissés)

– Pas grand chose à tirer de l’appartement de Senacle, un foutoir d’ésotérisme tendance famille Manson, la garçonnière crado d’un vieux garçon qui a troqué ses Playboy pour des papyrus, des pentagrammes et des gargouilles. On retrouve ces merdes sur toutes les photos du labo.

(Bruit de pas, une porte s’ouvre et se referme, une tasse se remplit, l’inspecteur Hume est dans la salle d’observation)

– Toi, mon gars, t’as la tronche de l’emploi, et le regard qui va avec, putain de taré.

(Paroles inaudibles, émanant probablement de la salle d’interrogatoire)

– Woh, ça c’est flippant (visiblement effrayé)
Impossible que tu me vois (presque inaudible)

Elle est en moi, Inspecteur Hume (voix de Senacle,  forte et claire)
Je l’ai invoquée, ils me croyaient fou mais je l’ai fait Inspecteur Hume (de plus en plus fort, bruit d’aspiration)
J’ai été son portail et son indispensable clé (hurlements à peine audibles, couverts par le bruit d’aspiration)
Elle a si faim, elle te …

(la voix devient rauque et inaudible, éclats de verre puis hurlements couverts par un bruit de succion assourdissant pendant trois minutes)
(Plus aucun son pendant cinq minutes)
(Rire rauque de plus en plus lointain, des coups de feu et des cris)

Fin de la retranscription.

Extrait de l’affaire AI 1983.01-013/SH002
27 personnes perdirent la vie dans le commissariat, seul le corps de Jacques Senacle ne fut jamais retrouvé.

MARMITON

Je dois surveiller la marmite.

Ici, comme ailleurs, chacun sa fonction, moi je surveille la marmite, je taille les légumes, je touille.

Je ne lave pas, c’est Alice et Max qui lavent. Je ne touche pas la viande non plus, c’est le boulot de Fred ou de Sandra. Un jour peut-être, mais j’aime autant m’occuper des légumes, en cuisine.

Je préfère être en cuisine, de toute façon j’ai pas le physique pour le reste. Aucun contact avec les clients, surtout pas ceux de la suite 101, le saint Graal du gratin, le loft paradisiaque du dernier étage du grand hôtel restaurant Chyma bay, six étoiles, rien que ça.

Il se dit qu’on se bouscule pour mettre son ticket dans l’urne et décrocher la timbale, un mois complet dans la 101. Le ticket est hors de prix, mais on a rien pour rien.

C’est Alex qui le dit. Il fait partie de l’équipe de préparation des grands gagnants. Il leur sert les boissons protéinées bourrées d’hormones, les coache pour maximiser leurs muscles et les masse pour les attendrir. Tout ça, ça le fait marrer Alex.

Moi, je pourrais pas, ça me couperait l’appétit de les connaître, je préfère surveiller la marmite.

GEORGE

George n’est pas bon ! George me dégoûte ! J’ai fait tant d’efforts pour lui, mais rien n’y fait. George n’est pas bon. Pas plus que ne l’était Andrew. J’ai vraiment le don pour choisir les hommes, moi ! Ma mère avait raison. Elle au moins savait s’y prendre, il faut croire que le talent familial a sauté une génération. J’ai besoin d’un mec qui me fasse vibrer, un mec qui me donne la force d’avancer. J’ai beau passer des heures sur Tinder à mater les portraits comme on détaille les photos de plats dans un resto chinois, c’est toujours la déception et le dégoût à la fin. Pourquoi n’ai-je pas le droit moi aussi de connaître l’extase et ses délices ? Certaines de mes consoeurs ont approché le grand frisson, il parait que c’est fameux.

Mais moi, j’ai deux cent ans et George n’est pas bon, même en sushi. Alors ce soir, par dépit, telle une misérable charogne, j’irai dans le cimetière pour grignoter une bonne grosse tranche de chair pourrissante. C’est un peu notre alcool, à nous les goules.

 

AI 1983.01-013/SH002 et MARMITON par SACHET

GEORGE par TOORSCH'
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