Archives de la catégorie ‘Créations

ONE BEER ONE SONG

dimanche, novembre 19th, 2017 par Toorsch

#1 HORS SAISON/DARK SAISON – SAVE IT FOR A RAINY DAY

Sous le manteau, le corps frissonne en cette fin de saison hostile. Les feuilles jaunes et rouges jonchent le sol, soldats battus par le vent. Vestiges collés à l’humidité de l’automne. L’été n’est pas sans fin, il faut se rhabiller et affronter encore la nuit précoce et gourmande. Il nous faut plus de richesse sous le palais, des plaisirs plus forts, plus robustes. Du réconfort. La bière de la Brasserie Correzienne est comme les jours qui s’assombrissent, elle se charge d’arômes puissants, elle évoque la terre humide et les champignons qui peuplent les sous-bois sans pour autant verser dans la caricature d’un automne de carte postale.

Dans les enceintes, du réconfort encore, avec les Jayhawks qui alignent une belle série de chansons pour les jours de pluie. Science absolue de la mélodie en toute simplicité, mais suffisamment solide pour tenir la distance dans la déferlante saisonnière. « Save It For A Rainy Day », parfaitement.

Toorsch’

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LES NOUVEAUX BARBARES

vendredi, novembre 3rd, 2017 par Toorsch

LES NOUVEAUX BARBARES

 

Les barbares aujourd’hui n’ont plus rien,

Plus de cités tranchantes pour leur donner le sein.

Les nouveaux barbares vivent sous l’éboulis,

De la montagne “Dollars” fragmentant les acquis.

La calamine s’enfonce dans les poumons,

Recouvrant la ville d’une crasse trop lourde.

Le nouveaux barbares n’ont plus de noms,

“Fouteurs de bordel”, anonymes sacrifiés.

 

Les barbares aujourd’hui ne sont plus révoltés,

Qu’ils se taisent maintenant ou se taisent à jamais.

Le noir de la graisse comme unique couleur,

Quand la gueule remplace un visage qui meurt.

Anonymes, ils avancent en étrange procession,

Vers une église vide pour le grand enterrement.

La fosse commune comme seul horizon,

Les barbares aujourd’hui se fondent dans le ciment.

 

Plus d’amour ni de tropiques fantasmés,

Maintenant la “Zone” s’étend à perte de vue.

Plus de pays dociles pour apprendre à rêver,

On paye le prix fort pour un petit bout de rue.

Les barbares aujourd’hui ont laché le trottoir,

Écoeurés par le spectacle du vide.

Le rythme absent du laminoir,

Percussion morte sans chaleur torride.

 

Les barbares aujourd’hui n’ont plus rien,

Pas même un fardeau à porter.

En plein cœur, l’acier a frapper,

Il a tué.

Toorsch’

En écho à Bernard Lavilliers et en hommage à la métallurgie française.

H4LLOWEEN

lundi, octobre 30th, 2017 par Toorsch

THE FOURTH HALLOWEEN SPECIAL

SNACKER’S

Snacker’s, c’est le point de chute où se retrouvent les paumés et les épaves de fin de soirée qui ont la dalle. Un petit snack de campagne sur une route déserte, un faux Dinner à l’américaine en dehors de tout, on y sert des frites trop salées et des hamburgers pas terribles à la viande douteuse. Mais c’est le seul endroit toujours ouvert par ici. Un microcosme étrange à la faune atypique, et je ne vous parle pas uniquement des clients. La patronne est une petite vieille très bavarde à l’œil fou, l’emploi du singulier n’est pas une erreur, et à la dentition disons, hasardeuse. Le « cuisinier », lui, est un colosse vêtu d’une blouse crasseuse tâchée de sang. Ce qui est étonnant pour un mec qui ne cuit que des steaks hachés surgelés. Nous y sommes allés, Monsieur Sachet et moi, une nuit de fringale indomptable et bien que nous ayons très mal mangé, nous y retournons régulièrement. Pour le décor, pour le folklore, mais surtout pour les histoires de la patronne. Et qu’importe si des rats rôdent autour des poubelles. Lire la suite »

PACER X

samedi, octobre 21st, 2017 par Toorsch

pAceR X

Nous brûlons tous d’un feu provisoire, c’est ainsi, prétendre le contraire serait bien prétentieux de ma part. D’autant plus que je conduis sur cette route côtière et sinueuse depuis des heures au volant d’une AMC Pacer X de 1977 franchement fatiguée. Le jour décline, l’astre de feu semble vouloir plonger dans l’océan pour enfin se rafraîchir un peu, comme nous plongeons dans un bain après une journée trop chaude. A chaque virage, les tremblements venant du volant sonnent comme autant de mises en garde, ils semblent vouloir m’avertir que quelque chose dans la direction va se détacher et que la voiture passera par dessus la barrière de sécurité pour plonger elle aussi dans l’océan. Je sais que ça n’arrivera pas et ce même si je lâchais le volant en pleine courbe. J’ai l’impression d’être sur la route depuis des mois, je voulais juste rentrer à la maison, mais c’est un long voyage. Il y a toujours une embûche ou un événement en apparence anodin pour faire dévier ma course, pour m’éloigner chaque fois un peu plus de chez moi. Assis derrière le volant, le capot jaune pâle de l’auto fixant la route comme un chien policier flairant une piste, je me laisse porter. Comprenez bien, c’est la voiture qui me porte, c’est elle qui m’amène à prendre conscience du monde qui m’entoure, c’est elle encore qui décide du point de chute. Lire la suite »

Le jour de Jason

vendredi, octobre 13th, 2017 par Toorsch

« Alors mes jeunes monstres affamés, on commence à s’impatienter ? La nuit glaçante d’Halloween approche, apportant avec elle son festin de gore et de friandises. Et tandis que Dracula se fait tailler les canines chez son dentiste, que le Loup-garou se shampouine le poil et que la Momie remet ses bandes bien en place pour la grande fête du 31, un homme rôde déjà, une machette à la main. Son nom: Jason Voorhees. Pour beaucoup, le vendredi 13 est synonyme de chance, mais si vous passez par Crystal Lake, il n’est pas certain que vous décrochiez le gros lot. Lui par contre… »

Le Gardien de la cabane

H4LLOWEEN IS COMING

dimanche, octobre 1st, 2017 par Toorsch

TALES FROM THE SHACK

« Hello Kiddies ! C’est moi le Gardien de la Cabane, que c’est bon de vous dévorer retrouver enfin ! Ne sentez-vous pas comme une odeur de cercueil trop plein ? C’est normal mes jeunes goules affamées car octobre sera le mois de l’horreur ! Pour l’occasion, nous vous avons concocté, mes monstres et moi, un programme des plus horribles. De quoi vous délecter de quelques morceaux de choix et laisser vos plus bas instincts prendre les commandes. Entrez-donc dans les sous-sols de la Cabane, personne ne vous entendra crier (de joie) ! Hihihi ! Que la saison sombre commence ! »  

HELLHOUND III

samedi, août 26th, 2017 par Toorsch

Je rêve du désert et d’un blues Touareg. De guitares dansantes, serpents sur le sable chaud. Je ne suis qu’un esclave en terre du sud. Pas vraiment l’ami du General Lee. Alors je regarde le ciel, Blind Willie Johnson perdu dans le vide sidéral. Une étoile aveugle, le voyageur. La nuit est sombre, le sol est froid, j’irais mourir à Beaumont. De guerre lasse, sans surprise, au Texas. Est-ce ici que commence l’enfer ? Sous les jets d’acide caustique. Nuit noire, sans étoiles, voilà les clébards qui rappliquent. Ils me suivent à la trace, ils me veulent bien au chaud, au croisement. Quel merdier encore ! Mais bordel, je n’ai rien signé ! Du moins je crois, quelle est cette bouteille de bourbon couchée sur la moquette crade ? Depuis quand suis-je ici, dans cette chambre sans vue ? Nuit noire, sans papier peint, voilà le Roi des enfers qui se ramène. Aucun procès, pas de belle cérémonie. Quelqu’un a imité ma signature. C’est sacrément bien imité. Est-ce vraiment ici que commence l’enfer ? Quelle déception.

Une bouteille à la mer, il y a vingt milliards de kilomètres.

Toorsch’

HELLHOUND II

vendredi, août 25th, 2017 par Toorsch

Dust My Broom. Ma seule obsession désormais. Les pieds bloqués dans un fond de vase particulièrement tenace. J’aimerais tout laver et repartir à zéro. Loin des chiens de l’enfer, du Diable, de son contrat et de cette guitare slide qui déchire le silence de mon agonie regrettable. Toute ma vie j’ai traîné d’un goulot de bouteille à l’autre. Jamais complètement sobre, mais pas ivre pour autant. Qu’il soit vissé sur le bout de mes lèvres ou glissant sur un manche en bois d’ébène, c’est bien le goulot qui a guidé mes pas. Jusqu’à ce Delta de merde infesté par ces foutus clébards. Le véritable cellier du Diable. Ici-même, Elmore James a tout piqué à Robert Johnson. Pas bien grave, c’était juste un vieux plan foireux qui traînait depuis trop longtemps au milieu des ratons laveurs. Une fausse rédemption minable pour ratés sur la pente descendante, filant tout droit vers les gueules grandes ouvertes des chiens de l’enfer. Dust My Broom, le morceau se tient bien, mais ce n’est rien qu’une promesse d’alcoolique de plus.

Est-ce ici que l’enfer commence ? Quel merdier !

Toorsch’

HELLHOUND

vendredi, août 18th, 2017 par Toorsch

Quel merdier ! Les chiens de l’enfer ont encore hurlé toute la nuit. Pas moyen de fermer l’œil. Je ruisselle au matin dans mon lit trempé de sueur. L’été est chaud, un autre de ces étés qui rendent fou. Est-ce ici que commence l’enfer ? Comme dans un vieux blues de Robert Johnson ? Un cauchemar en 16 mesures échappé d’un antique 78 tours crachotant ses derniers sillons de bakélite. Il y avait deux Sonny Boy Williamson, vous savez, deux Sonny Boy ! C’est fou, quel merdier ! Comme la paire de chiens qu’a flanqué le Diable à mes trousses. Je divague, j’ai de la fièvre, j’ai pas dormi. La nuit était moite, quelle horreur, quelle fournaise. Je regarde la bouteille de bourbon couchée sur la moquette crade. Depuis combien de temps ai-je la gueule de bois ? Depuis combien de temps dure l’été ? Suis-je prisonnier de ce morceau, ce titre sans fin de… de qui déjà ? Slim Harpo ! L’harmonica, c’est l’aboiement plaintif des créatures. Quel merdier ! Je vois le Diable et son contrat. Il fait déjà nuit.

16 août, Greenwood, Mississippi, U.S.A

Toorsch’

LA LÉGENDE DE CHOOLO

lundi, août 14th, 2017 par Toorsch

Préface

Je m’appelle Stephen Hatecroft, mais ça vous le savez sans doute déjà puisque vous tenez entre les mains ce qui devait être mon nouveau roman, La Légende de Choolo. Autant rompre le suspense tout de suite, ce qui n’est pas dans mes habitudes, celui-ci ne verra probablement jamais le jour. Vous n’êtes pas sans savoir, si vous avez suivi les dernières actualités concernant l’édition artistique, que désormais chaque auteur de fiction est soumis à un nombre limité de mots, valant pour l’intégralité de sa carrière, tous supports confondus. Une sorte d’obsolescence programmée permettant le renouvellement des auteurs et théoriquement des idées. Lire la suite »

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