Archives de la catégorie ‘Créations

HELLHOUND III

samedi, août 26th, 2017 par Toorsch

Je rêve du désert et d’un blues Touareg. De guitares dansantes, serpents sur le sable chaud. Je ne suis qu’un esclave en terre du sud. Pas vraiment l’ami du General Lee. Alors je regarde le ciel, Blind Willie Johnson perdu dans le vide sidéral. Une étoile aveugle, le voyageur. La nuit est sombre, le sol est froid, j’irais mourir à Beaumont. De guerre lasse, sans surprise, au Texas. Est-ce ici que commence l’enfer ? Sous les jets d’acide caustique. Nuit noire, sans étoiles, voilà les clébards qui rappliquent. Ils me suivent à la trace, ils me veulent bien au chaud, au croisement. Quel merdier encore ! Mais bordel, je n’ai rien signé ! Du moins je crois, quelle est cette bouteille de bourbon couchée sur la moquette crade ? Depuis quand suis-je ici, dans cette chambre sans vue ? Nuit noire, sans papier peint, voilà le Roi des enfers qui se ramène. Aucun procès, pas de belle cérémonie. Quelqu’un a imité ma signature. C’est sacrément bien imité. Est-ce vraiment ici que commence l’enfer ? Quelle déception.

Une bouteille à la mer, il y a vingt milliards de kilomètres.

Toorsch’

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HELLHOUND II

vendredi, août 25th, 2017 par Toorsch

Dust My Broom. Ma seule obsession désormais. Les pieds bloqués dans un fond de vase particulièrement tenace. J’aimerais tout laver et repartir à zéro. Loin des chiens de l’enfer, du Diable, de son contrat et de cette guitare slide qui déchire le silence de mon agonie regrettable. Toute ma vie j’ai traîné d’un goulot de bouteille à l’autre. Jamais complètement sobre, mais pas ivre pour autant. Qu’il soit vissé sur le bout de mes lèvres ou glissant sur un manche en bois d’ébène, c’est bien le goulot qui a guidé mes pas. Jusqu’à ce Delta de merde infesté par ces foutus clébards. Le véritable cellier du Diable. Ici-même, Elmore James a tout piqué à Robert Johnson. Pas bien grave, c’était juste un vieux plan foireux qui traînait depuis trop longtemps au milieu des ratons laveurs. Une fausse rédemption minable pour ratés sur la pente descendante, filant tout droit vers les gueules grandes ouvertes des chiens de l’enfer. Dust My Broom, le morceau se tient bien, mais ce n’est rien qu’une promesse d’alcoolique de plus.

Est-ce ici que l’enfer commence ? Quel merdier !

Toorsch’

HELLHOUND

vendredi, août 18th, 2017 par Toorsch

Quel merdier ! Les chiens de l’enfer ont encore hurlé toute la nuit. Pas moyen de fermer l’œil. Je ruisselle au matin dans mon lit trempé de sueur. L’été est chaud, un autre de ces étés qui rendent fou. Est-ce ici que commence l’enfer ? Comme dans un vieux blues de Robert Johnson ? Un cauchemar en 16 mesures échappé d’un antique 78 tours crachotant ses derniers sillons de bakélite. Il y avait deux Sonny Boy Williamson, vous savez, deux Sonny Boy ! C’est fou, quel merdier ! Comme la paire de chiens qu’a flanqué le Diable à mes trousses. Je divague, j’ai de la fièvre, j’ai pas dormi. La nuit était moite, quelle horreur, quelle fournaise. Je regarde la bouteille de bourbon couchée sur la moquette crade. Depuis combien de temps ai-je la gueule de bois ? Depuis combien de temps dure l’été ? Suis-je prisonnier de ce morceau, ce titre sans fin de… de qui déjà ? Slim Harpo ! L’harmonica, c’est l’aboiement plaintif des créatures. Quel merdier ! Je vois le Diable et son contrat. Il fait déjà nuit.

16 août, Greenwood, Mississippi, U.S.A

Toorsch’

LA LÉGENDE DE CHOOLO

lundi, août 14th, 2017 par Toorsch

Préface

Je m’appelle Stephen Hatecroft, mais ça vous le savez sans doute déjà puisque vous tenez entre les mains ce qui devait être mon nouveau roman, La Légende de Choolo. Autant rompre le suspense tout de suite, ce qui n’est pas dans mes habitudes, celui-ci ne verra probablement jamais le jour. Vous n’êtes pas sans savoir, si vous avez suivi les dernières actualités concernant l’édition artistique, que désormais chaque auteur de fiction est soumis à un nombre limité de mots, valant pour l’intégralité de sa carrière, tous supports confondus. Une sorte d’obsolescence programmée permettant le renouvellement des auteurs et théoriquement des idées. Lire la suite »

WIKIPIZZA #8

dimanche, juillet 30th, 2017 par Toorsch

PETROLHEAD ROCK

C’est peu dire que le Rock ‘n’ Roll soit historiquement et intimement lié à l’automobile. Les deux sont des symboles de pure liberté et d’émancipation. Le bruit des V8 et autres grosses cylindrées deviendront bientôt indissociables de celui des guitares électriques. Avec les bécanes customisées en sus pour un parfait ménage à trois. Ainsi il n’est pas surprenant que le premier morceau de Rock ‘n’ Roll de l’histoire soit une déclaration d’amour à une bagnole. En effet « Rocket 88 » de Jackie Brenston (avec Ike Turner à la guitare) fait directement référence au modèle du même nom de la firme Oldsmobile. Un monstre de puissance pour l’époque, très populaire dans le championnat Nascar, chez les vétérans de la Seconde Guerre mondiale et bien entendu chez les gangsters. Lire la suite »

TELENOVELA

jeudi, juillet 13th, 2017 par Toorsch

EP 2

“Le vilain Sanchez a semé la zizanie dans son open space. Son but, prendre le contrôle de l’entreprise multinationale dans laquelle il travaille. Il rit sous cape, car il porte réellement une cape sous laquelle il cache son horrible visage. Son plan machiavélique semble parfaitement fonctionner mais…” Lire la suite »

Si tu vas à Rio

mercredi, juillet 12th, 2017 par Toorsch

Un peu de repos, beaucoup de pédalo, à bientôt.

GOSPEL

vendredi, juillet 7th, 2017 par Toorsch

GoSPel

Dieu est une femme noire,

Dieu est une fille de cinq ans,

Dieu est une bibliothèque,

Dieu est un livre.

 

Dieu est une Chevrolet Bel Air de 1957,

Dieu est un pneu crevé,

Dieu est un oeil aveugle,

Dieu est un disque rayé.

 

Dieu est mort,

Dieu n’existe pas,

Dieu est toi,

Dieu n’est pas.

 

Dieu est encore en retard,

Dieu merci,

Dieu est un trottoir désert,

Dieu est un revolver.

 

Dieu s’endort dans un tiroir,

Dieu dans un motel,

Dieu est un mirage,

Dieu est sec.

 

Dieu est un chiffre,

Dieu est dans l’équation,

Dieu était un petit garçon

Qui cherchait Dieu.

 

Dieu est un ivrogne,

Dieu boit le sang de son fils,

Dieu est ridicule,

Dieu est une idée.

 

Dieu c’est surfait,

Dieu c’est planant,

Dieu faut le voir pour y croire,

Dieu est toujours en retard.

Toorsch’

TONY JOE

mercredi, juin 21st, 2017 par Toorsch

 

Tony JOE

Car elle était belle. Car elle était noire comme une nuit sans lune. Car elle était bien trop longue pour entrer dans son garage. Un soir quelqu’un lui vola son imposante Cadillac Fleetwood de 1959. Si le diable avait besoin d’une voiture, nul doute qu’il choisirait un modèle semblable. D’ailleurs, nous tenons peut-être ici une piste sérieuse. Quoiqu’il en soit, la Cadillac ne réapparut jamais et l’homme demeura inconsolable. Il prit sa guitare électrique reliée à l’amplificateur et se mit à hurler dans la nuit comme un vieux loup-garou sur le retour. « I Want My Fleetwood Back ». De sa voix grave, il répétait cette même phrase à l’infini, tel un mantra. Mais rien de magique ne sortit de ce blues sans fin. Le Léviathan de métal noir avait disparu pour de bon. Et l’homme retourna vers les marécages de son cœur, se disant que définitivement, les alligators étaient de bien moins vicieux compagnons. Lire la suite »

ALLIGATOR BLUES

jeudi, mai 18th, 2017 par Toorsch

Il parait que l’alligator dort dans les bayous.

Il attend son heure.

Il sortira la nuit venue.

Il ira au croisement.

Se transformera.

En vieil homme.

Il rencontrera Robert Johnson.

La musique.

Le Club.

27.

Il parait que l’alligator dort dans les bayous.

Pour l’instant tout est calme.

Mais le vent se lève.

Conjurée.

Conjuré.

Hoodoo !!!

Hoodoo !!!

Hoodoo !!!

Il parait que l’alligator n’est plus dans les bayous.

Il est quelque part en ville.

Transformé en vieil homme.

Il offre des verres.

Il est généreux.

Et puis il prend.

La musique.

Le blues.

Le Club.

27.

Il parait que l’alligator n’est plus dans les bayous.

Une tornade se prépare.

On entend les hurlements du vent.

Conjurée.

Conjuré.

Hoodoo !!!

Hoodoo !!!

Hoodoo !!!

Inspiré par les histoires de Tony Joe White un soir de blues,
Toorsch'

										
				
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