Archives du tag ‘2008

LAVILLIERS ’08

lundi, décembre 4th, 2017 par Toorsch

BERNARD LAVILLIERS – Samedi soir à Beyrouth – 2008

Entre Kingston et Memphis il y a Beyrouth. Les vibrations profondes et rebelles du reggae et les cuivres de la soul. Lavilliers fabrique un pont d’or entre Tuff Gong et Stax, il coule le béton comme un mafieux italien dans le New Jersey. Il fait monter la sauce à sa manière, il assimile les styles pour en tirer un jus épais, alcool exotique des poètes. « Rafales » de basses rondes, de rêves anarchistes et d’histoires de marins douteux, douteuses histoires de marins de comptoir(s). Et puis Beyrouth un samedi soir, des voitures blindées, des femmes voilées, c’est la guerre toujours. Le reggae plombé, mêlé d’arabesques légères, retranscrit parfaitement ce climat délétère. Les volutes de fumée de douteuses cigarettes roulées grimpent au plus haut pour mieux déchirer le ciel.

Quelques tropiques ensuite, Hugo Chavez, Miami et toujours cette classe ultime du voyageur curieux, du poète observateur et engagé. Celui qui chantait les mains d’or, les barbares, les travailleurs de Saint-Etienne ou de la vallée de la Fensch, gueules d’aciers brûlées par le métal en fusion, n’oublie pas ses racines ouvrières et se paye ceux qui ont privatisé le travail.

Samedi soir à Beyrouth, du grand Lavilliers, du Lavilliers quoi..

Toorsch’

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Summertime Noize #7: Lucky Old Brian

lundi, août 8th, 2016 par Toorsch

lucky old sun

BRIAN WILSON – That Lucky Old Sun – 2008

That Lucky Old Sun nous parle d’une Californie qui n’existe plus, sinon dans la tête de Brian Wilson. A t’elle seulement existé un jour, ailleurs que dans les albums des Beach Boys? Qu’importe après tout si That Lucky Old Sun ressemble à une publicité pour office de tourisme, avec ses fières oranges sur sa pochette et ses textes nostalgiques posés sur des mélodies hors du temps. Qu’importe vraiment, tant la chose coule de source.

Ce disque est un concept-album comme on n’en fait plus, avec narration et colonne vertébrale (le morceau « That Lucky Old Sun »), la complète panoplie en somme. Un rêve californien de quarante minutes qui va et vient comme les vagues du Pacifique. Ça coule, c’est fluide, c’est beau. Le créateur de Smile possède encore de jolis restes, lui qu’on disait cramé au LSD, éteint.

Les morceaux qui tuent: Il est préférable d’écouter le disque dans son entièreté pour en saisir toutes les nuances, mais si vraiment il faut choisir, disons « Going Home » et « Southern California ». Dans le premier, Brian se livre sans filet avec juste ce qu’il faut de poésie, tandis que dans le second, il se souvient, évoque Carl et Dennis, les Beach Boys, le début de la gloire… avant les tempêtes. Beau à chialer!

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Toorsch’

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