Archives du tag ‘2017

ODESSEY & ORACLE – Speculatio – 2017

samedi, décembre 30th, 2017 par Toorsch

Des zombies Lyonnais s’invitent au réveillon, tenues baroques, violoncelles, banjos et claviers vintages les accompagnent. L’amateur de Pop Anglaise millésimée aura noté le blase, avec la faute d’orthographe et tout, déjà il frémit, de crainte et d’excitation mêlées. Il aura raison, car quelque chose de pas bien net se trame à l’intérieur de Speculatio.

Mais limiter Odessey & Oracle uniquement à leurs encombrants aînés serait une erreur, tant le champ de leurs influences est vaste. Bien entendu la Pop Anglaise, mais aussi l’electro des pionniers d’ici façon François de Roubaix, avec un goût prononcé pour la chose progressive. Les paroles, presque toutes écrites dans la langue de Molière, sont au diapason avec l’onirisme baroque de la musique. On voyage dans Speculatio comme au travers d’un songe à la fois bariolé et délavé défilant sur une vieille bobine en technicolor.

Avec ce second effort studio, Odessey & Oracle a su peaufiner sa formule, gommer quelques longueurs et accentuer cet aspect enfantin et faussement naïf déjà présent par le passé mais qui se déploie enfin pleinement. Comme si le groupe avait trouvé sa voie/voix sur un chemin pavé de briques jaunes.

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Toorsch’ 

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JOHNNY

mercredi, décembre 27th, 2017 par Toorsch

JohNnY

Le cercueil blanc remonte la rue dans un vieux corbillard Mercedes, on enterre Johnny dans une île au soleil, une station balnéaire pour vieux riches. Il est mort et ça sonne faux, comme quelque chose de parfaitement impossible ! Il y avait des motos par centaines dans un Paris noir de monde, c’était à la fois ridicule et beau. Des larmes, des polémiques, des gens tristes, des simulateurs, des politiques, des anonymes, des motards, des snobs, des ouvriers, des cadres, des chômeurs, des sosies, des philosophes, des étrangers là par hasard, des pleurs devant des télévisons et puis des gens faisant tout autre chose.

Ailleurs un déserteur fuyant une dictature, ancien militaire d’état en exil sur un navire marchand Grec. Tu l’aurais aimé ce criminel, cet assassin. Il joue de la guitare sur le pont et du sang coule sur les cordes, il joue trop fort, à s’en flinguer les ongles. Il ne sait rien de la mort de Johnny, mais son blues résonne aussi. La mer porte les bateaux vers d’autres ports sur d’autres continents. Loin. Mais ni la mer, ni les continents et encore moins le blues ensanglanté d’une guitare quelque peu désaccordée ne protègent de la mort. Tu peux rêver encore, tu peux toujours rêver.

Toorsch’

GASPARD ROYANT ’17

dimanche, décembre 10th, 2017 par Toorsch

GASPARD ROYANTWishing You A Merry Christmas

L’album de Noël est un passage obligé chez les Ricains, ils l’ont tous fait, de Phil Spector à Elvis Presley en passant par les Beach Boys, et ça continue avec Sia, She & Him, Sufjan Stevens, bref, c’est une tradition qui ne semble pas prête de s’essouffler. En France, nous avons surtout Tino Rossi et pas grand chose d’autre, Dick Rivers avait un projet de disque de Noël, mais de son propre aveu, en Français ça ne sonne pas très bien et bascule vite dans les bondieuseries, donc point de réjouissance neigeuse de la part du Niçois. Lire la suite »

LAVILLIERS ’17

mercredi, novembre 29th, 2017 par Toorsch

BERNARD LAVILLIERS – 5 Minutes au Paradis – 2017

« 5 minutes au Paradis avant que le Diable n’apprenne ta mort », voilà en somme la sentence promise par le morceau-titre, une menace bien étrange pour un homme sans Dieu ! Mais c’est la symbolique qui compte. Bernard Lavilliers a beau collectionner les décennies, il est encore révolté à l’âge où l’on se range, rebelle sans démagogie, il a l’élégance de la classe ouvrière. Il chante Charleroi aujourd’hui comme Saint Etienne et la vallée de la Fensch hier, villes ouvrières détruites, abandonnées, privées de poumons et d’avenir. Les mains d’or ne pèsent plus très lourd sur la balance du Capital. Avec « Croisière Méditerranéenne », il chante les migrants, l’horreur quotidienne, invisible et banalisée, le sourire carnassier des murènes en prime. Les tropiques tropicaux sont bien loin eux aussi, le son se fait plus froid, plus tranchant, plus électrique. La Salsa ne se danse plus, pas même à Cuba, parait-il. Les guitares du soleil percent encore parfois, nostalgiques et mélancoliques, le temps des sublimes « Paris la grise » et « Montparnasse-Buenos Aires ». Mais « Vendredi 13 » évoque un fameux concert…

Maigre « Espoir » en duo avec Jeanne Cherhal pour finir, comme pour nous rassurer, puis Nanard repart sur la route, vivre une nouvelle vie dans quelques pays chauds, mais là-bas aussi, c’est la merde. Le monde est lourd et tranchant.

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Toorsch’

ETIENNE DAHO – BLITZ – 2017

jeudi, novembre 23rd, 2017 par Toorsch

BLITZ

Ce disque est un peu l’événement musical du moment, Daho est canonisé, vendu comme le « Pape de la Pop », la formule sonne pas mal, ça pète en bouche. Le journaliste, il aime bien ça, la petite formule toute faite, livrée clé en main, celle qui permet de vendre un album comme on vendrait la dernière lessive en date ou l’ultime modèle de smartphone. Oui mais voilà, on aura beau vouloir vendre Blitz comme la dernière lessive en date, forcé de constater qu’il ne lavera jamais plus blanc que blanc. Son psychédélisme noir et néon se chargera de happer l’auditeur dans un vortex lysergique aux parfums vénéneux. Dense, foisonnant d’idées et de trouvailles, Blitz est un album de jeune homme, il pourrait bien être le premier effort d’un obscur combo Australien francophile que cela ne choquerait personne. Il y a de la poussière dans Blitz, du plomb et de la lumière, des ténèbres et des nuages légers. Il y a le monde actuel, vorace et incandescent, il y a l’homme nu sous ses obsessions. Il y a Syd Barrett aussi. Et donc la mort. Du pur rock psychédélique palpitant-exaltant.

Et enfin, la pochette est sublime.

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Toorsch’

BILL MURRAY, JAN VOGLER & FRIENDS

samedi, novembre 11th, 2017 par Toorsch

BILL MURRAY, JAN VOGLER & FRIENDS – New Worlds

A la base, un violoncelle côté hublot sur un vol quelconque, le musicien lui réserve la meilleure place. Un acteur passe, la scène l’interpelle, il demande au musicien quelques explications. Les deux hommes profitent d’un agréable voyage ensemble et promettent de se revoir. Puis il y a les rendez-vous informels, les clubs de lecture, le pont de Brooklyn, les essais musicaux, l’amitié et un projet incongru. Un grand pont entre l’Europe et l’Amérique, un grand mélange entre deux mondes, deux cultures, celle du musicien et celle de l’acteur. Lire la suite »

H4LLOWEEN

lundi, octobre 30th, 2017 par Toorsch

THE FOURTH HALLOWEEN SPECIAL

SNACKER’S

Snacker’s, c’est le point de chute où se retrouvent les paumés et les épaves de fin de soirée qui ont la dalle. Un petit snack de campagne sur une route déserte, un faux Dinner à l’américaine en dehors de tout, on y sert des frites trop salées et des hamburgers pas terribles à la viande douteuse. Mais c’est le seul endroit toujours ouvert par ici. Un microcosme étrange à la faune atypique, et je ne vous parle pas uniquement des clients. La patronne est une petite vieille très bavarde à l’œil fou, l’emploi du singulier n’est pas une erreur, et à la dentition disons, hasardeuse. Le « cuisinier », lui, est un colosse vêtu d’une blouse crasseuse tâchée de sang. Ce qui est étonnant pour un mec qui ne cuit que des steaks hachés surgelés. Nous y sommes allés, Monsieur Sachet et moi, une nuit de fringale indomptable et bien que nous ayons très mal mangé, nous y retournons régulièrement. Pour le décor, pour le folklore, mais surtout pour les histoires de la patronne. Et qu’importe si des rats rôdent autour des poubelles. Lire la suite »

NICOLE ATKINS – Goodnight Rhonda Lee – 2017

mardi, août 29th, 2017 par Toorsch

D’un vieux transistor posé sur une table en formica s’échappe un son anachronique qui donne envie de reprendre encore un verre du « Summer Wine » de Nancy et Lee. Le voyage à Memphis de Dusty est là aussi, dans les profondeurs d’un souffle analogique. Sous les rayons lourds d’un soleil estival à son zénith mortel, les vignettes ultra-retro de Nicole Atkins chassent la canicule et son trop chaud sirocco. Fraîcheur enfin, envie de milk-shake glacé et de Corvette sur la Pacific Highway. C’est de la musique profondément américaine qui est jouée ici, de la musique d’avant les Beatles, d’une lointaine époque fantasmée.

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Toorsch’

RANDY NEWMAN – DARK MATTER – 2017

vendredi, août 18th, 2017 par Toorsch

Surtout connu chez nous pour le générique de la série Monk ou les bandes-originales des films d’animation Pixar, Randy Newman fait partie de ses grands auteurs injustement sous-estimés. De ces auteurs rares, capables en trois minutes de vous raconter une histoire incroyable. L’art du Storytelling poussé à son paroxysme. Comble du bon goût, Newman est aussi capable d’humour acerbe, raffiné, loufoque, c’est bien simple, cet Américain pourrait être Anglais que personne n’y trouverait à redire. Pour s’en convaincre il suffit d’écouter attentivement « The Great Debate » et « Putin ». Quelle brillante idée d’ailleurs de transformer le macho-dictateur Russe en une sorte de méchant de Disney. Lire la suite »

LA LÉGENDE DE CHOOLO

lundi, août 14th, 2017 par Toorsch

Préface

Je m’appelle Stephen Hatecroft, mais ça vous le savez sans doute déjà puisque vous tenez entre les mains ce qui devait être mon nouveau roman, La Légende de Choolo. Autant rompre le suspense tout de suite, ce qui n’est pas dans mes habitudes, celui-ci ne verra probablement jamais le jour. Vous n’êtes pas sans savoir, si vous avez suivi les dernières actualités concernant l’édition artistique, que désormais chaque auteur de fiction est soumis à un nombre limité de mots, valant pour l’intégralité de sa carrière, tous supports confondus. Une sorte d’obsolescence programmée permettant le renouvellement des auteurs et théoriquement des idées. Lire la suite »

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