Archives du tag ‘Création

JOHNNY

mercredi, décembre 27th, 2017 par Toorsch

JohNnY

Le cercueil blanc remonte la rue dans un vieux corbillard Mercedes, on enterre Johnny dans une île au soleil, une station balnéaire pour vieux riches. Il est mort et ça sonne faux, comme quelque chose de parfaitement impossible ! Il y avait des motos par centaines dans un Paris noir de monde, c’était à la fois ridicule et beau. Des larmes, des polémiques, des gens tristes, des simulateurs, des politiques, des anonymes, des motards, des snobs, des ouvriers, des cadres, des chômeurs, des sosies, des philosophes, des étrangers là par hasard, des pleurs devant des télévisons et puis des gens faisant tout autre chose.

Ailleurs un déserteur fuyant une dictature, ancien militaire d’état en exil sur un navire marchand Grec. Tu l’aurais aimé ce criminel, cet assassin. Il joue de la guitare sur le pont et du sang coule sur les cordes, il joue trop fort, à s’en flinguer les ongles. Il ne sait rien de la mort de Johnny, mais son blues résonne aussi. La mer porte les bateaux vers d’autres ports sur d’autres continents. Loin. Mais ni la mer, ni les continents et encore moins le blues ensanglanté d’une guitare quelque peu désaccordée ne protègent de la mort. Tu peux rêver encore, tu peux toujours rêver.

Toorsch’

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PACER X

samedi, octobre 21st, 2017 par Toorsch

pAceR X

Nous brûlons tous d’un feu provisoire, c’est ainsi, prétendre le contraire serait bien prétentieux de ma part. D’autant plus que je conduis sur cette route côtière et sinueuse depuis des heures au volant d’une AMC Pacer X de 1977 franchement fatiguée. Le jour décline, l’astre de feu semble vouloir plonger dans l’océan pour enfin se rafraîchir un peu, comme nous plongeons dans un bain après une journée trop chaude. A chaque virage, les tremblements venant du volant sonnent comme autant de mises en garde, ils semblent vouloir m’avertir que quelque chose dans la direction va se détacher et que la voiture passera par dessus la barrière de sécurité pour plonger elle aussi dans l’océan. Je sais que ça n’arrivera pas et ce même si je lâchais le volant en pleine courbe. J’ai l’impression d’être sur la route depuis des mois, je voulais juste rentrer à la maison, mais c’est un long voyage. Il y a toujours une embûche ou un événement en apparence anodin pour faire dévier ma course, pour m’éloigner chaque fois un peu plus de chez moi. Assis derrière le volant, le capot jaune pâle de l’auto fixant la route comme un chien policier flairant une piste, je me laisse porter. Comprenez bien, c’est la voiture qui me porte, c’est elle qui m’amène à prendre conscience du monde qui m’entoure, c’est elle encore qui décide du point de chute. Lire la suite »

SKULLRINGER #Uno

vendredi, décembre 9th, 2016 par Toorsch

skull-image

L’homme que vous voyez accoudé sur le zinc du comptoir n’est pas un individu ordinaire. Il a beau se fondre dans le décor, ici dans ce rade du vieux sud, avec son stetson noir cerclé d’un bandeau rouge sur lequel est fixé un crâne en argent, ses boots en croco, son blue jean délavé semblant avoir au minimum cent ans, sa barbe de trois semaines et son t-shirt Black Sabbath, il n’empêche que J.R Ringer, plus connu sous le nom de Skullringer, a tellement flirté avec l’enfer qu’il appelle le diable par son prénom. Beaucoup pensent que ce vieux gars raconte des bobards dès qu’il a trois bières dans le pif, ses histoires ont toujours pour thème le combat du bien contre le mal, avec comme références des créatures mythiques, plus précisément des vampires. Mais si ça fait marrer les compagnons de beuveries, ça ne pisse pas bien loin non plus; pourtant quand J.R raconte ses histoires épiques de son souffle éthylique, il y croit. Il y croit d’autant plus qu’il ajoute souvent au liquide houblonné une bonne dose d’herbe bien grasse de son cru qu’il nomme la Skullskunk. Sacré J.R, les jeunes du coin l’adorent comme on aime un oncle un peu alcoolo, mais personne, même les plus sceptiques, qui souvent ricanent dans leur coin, n’irait mettre sa parole en doute. Car Skullringer, c’est le mec balèze, capable de te mettre k.o. avec un unique taquet dans la tronche tout en assénant une punchline bien sentie qui viendra parfaire l’humiliation. Alors dans le rade, on l’écoute et parfois même on y croit. Lire la suite »

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