Archives du tag ‘Ma vie en mono

MA VIE EN MONO #11

dimanche, avril 9th, 2017 par Toorsch

Renaud toujours rébou?

Nous y sommes, Renaud roule pour Macron, ou plutôt marche pour lui. Pas vraiment à l’ombre, ça sent le coup de chaud, le pastaga de trop cette affaire sordide. Je sais c’est moche de frapper si bas, mais le coup porté est à la hauteur du coup porté. Œil pour œil, dent pour dent, c’est l’Exode des idées. D’abord il y eut Fillon, « vrai gentilhomme », puis le Christ tatoué dans le dos (avec tout ce que cela contient de modestie) et maintenant le libéralisme crasse, le Thatcherisme feutré. Le tout soutenu par un Renard sans flair. Un beau matériau de base pour une fable de La Fontaine.  Lire la suite »

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MA VIE EN MONO #10: ‘Got The Blues

samedi, novembre 12th, 2016 par Toorsch

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Je me casse, je me barre, je mets les bouts, je hisse la grand’voile, enfin vous saisissez l’idée. Donald Trump président, Leonard Cohen et Robert Vaughn, le dernier des sept mercenaires, morts. Trop d’un seul coup. Monde de merde. Je vous laisse et pars dans ma discothèque labyrinthique à la recherche d’un refuge, d’un réconfort. Je le trouve dans mes disques de blues, Howlin Wolf, Clifton Chenier, Robert Johnson, le grand Louis Armstrong, mais oui l’Amérique est belle. Il lui faut juste quelques couleurs, mais pas trop d’orange, sinon pour les feuilles mortes à l’automne dans le Montana. Je crois bien qu’on l’a dans l’cul les ami.e.s! Et le Back Door Man n’y est pour rien. Malheureusement.

Mentalement je m’enfonce dans le Bayou, dans un fantasme sauvage guidé par les accords profonds de Tony Joe White. Serpents. Crocodiles. Hoodoo. Si cette nuit vous entendez un lycanthrope hurler sous la (mauvaise) lune, n’ayez crainte, ça ne sera probablement que moi.

Toorsch’

MA VIE EN MONO #9: Des moments perdus

mercredi, octobre 5th, 2016 par Toorsch

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“J’ai ce job à Darlington, mais certaines nuits je n’y vais pas, certaines nuits je vais au Drive-in, certaines nuits je reste chez moi.” Ce n’est pas grand chose, pas même un couplet de chanson. « The Promise » de Bruce Springsteen pour être précis. Mais ça résonne, ça fait écho. J’ai fait travailleur de nuit dans des usines et j’ai détesté ça. Du plus profond de ce qui fait de moi un humain j’ai détesté ça. Je pointais avec l’impression de me faire dévorer les entrailles. Et je n’étais pas le seul, j’ai vu des mecs plus vieux mourir à petit feu, année après année, écrasés par la machine à broyer l’ambition. Résignés. Ils avaient perdu, accepté la défaite. Un truc s’était brisé en eux. J’allais avoir droit au même traitement, ficelé sur le tapis roulant, direction la broyeuse. Et certaines nuits, las, comme le héros de la chanson je restais chez moi, ou alors je tournais la clé de contact et partais sur la route avec un pote englué dans la même galère. On roulait, la liberté en point de fuite, pour enfin tomber mort de fatigue au petit matin. Oublier un court instant notre situation et le peu de visibilité que nous offrait notre avenir proche.

Moment typique:

-Je peux pas, je bosse ce soir.

-Reste on s’en fout, on prend la voiture et on les emmerde.

-Je vais me faire virer.

-De ce job de merde, et après?

C’est vrai ça, et après, quoi? Alors on grimpait dans cette foutue caisse pour vivre les meilleurs moments perdus de nos vies. Et je n’ai aucun remords, je ne regrette rien, sinon ces moments perdus justement. Ces moments mécaniques de pure liberté. Le piston comme un cœur qui bat. Et la jeunesse qui résiste encore un peu, elle va mourir bientôt, laissant la route à d’autres perdants héroïques.

Billet d'humeur et nostalgie: Toorsch' / Photo et retouches Prisma: Sadaya

MA VIE EN MONO #8: Michel Sardou

lundi, juillet 18th, 2016 par Toorsch

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Michel Sardou, chanteur de droite

En préambule, je me dois de préciser que je n’ai rien contre Michel Sardou, je ne dis pas non plus que je me fais le répertoire du gars toutes les semaines, ni même tous les mois, pas plus tous les ans, jamais en fait. Mais j’admets volontiers que le type est un cador de la variété bien de chez nous, et que sa carrière est jalonnée de grandes chansons, des sommets du genre quoi. Et quitte à morfler, je préfère mille fois me taper l’intégrale de Michmich que la simple introduction d’une chanson de Christophe Maé. Mais là n’est pas le sujet. Lire la suite »

Ma vie en mono #7: Johnny, Roy, Sachet et moi

vendredi, juin 3rd, 2016 par Toorsch

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Dans le film High Fidelity, le personnage interprété par John Cusack cite l’autobiographie Cash par Cash comme étant son livre favori. C’est un choix comme un autre, pas plus con ni meilleur. Pour ma part, je ne me risquerais pas à avoir un bouquin favori, sinon Je suis une légende de Richard Matheson. D’abord car c’est un sacré bon roman et qu’ensuite, au même titre que la chanson « Life On Mars » de Bowie, il me rappelle mon meilleur copain. Que l’on nommera ici, Sachet.

Pour en revenir à l’autobiographie de Johnny Cash et à l’amitié, c’est ici que ce « billet d’humeur » prend tout son sens, c’est un des rares livres que je peux ouvrir au hasard, y picorer quelques belles feuilles et le refermer avec un plaisir toujours intact. Cependant, il y a un passage que j’affectionne tout particulièrement, un paragraphe qui parle de queue de cheval et de la mort de Roy Orbison. C’est un moment à la fois triste et drôle. Un grand morceau d’amitié qui triomphe de tout, même du pire. Et je me dis qu’il est sans doute là le vrai truc. Se marrer jusque dans la mort, rire, toujours se taper le cul par terre. On aura tout le temps de pleurer par la suite. Et je sais que le père Sachet me rejoint sur ce point.

Alors oui, comme le personnage de Cusack, mon bouquin préféré c’est peut-être Cash par Cash, allez savoir. Pour les mêmes raisons que la chanson « Life On Mars » de Bowie.

Toorsch’

MA VIE EN MONO #6: Le droit de réponse

samedi, avril 23rd, 2016 par Toorsch

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Cher Monsieur Mami,

Vous m’accuserez peut-être d’avoir la rancune tenace, mais qu’importe, il faut que les choses soient dites. La réécoute de l’un de vos vieux tubes, « Parisien du nord », a fait rejaillir en moi de biens tristes souvenirs. Je ne sais pas si vous avez connu d’autres succès depuis, et à vrai dire je ne veux pas le savoir, car entre nous, le lien est rompu à tout jamais. En effet, si j’en crois vos accusations, que l’on peut qualifier d’abjectes, je vous aurais trahi. Sachez cher monsieur, qu’avant de proférer de telles médisances à mon encontre, il aurait fallu que vous ayez des preuves. Or vous n’en avez aucune. De plus, il eut été plus courtois de me faire part de vos griefs en privé et non sur la place publique. J’insiste sur ce fait car de facto, c’est moi qui endosse le mauvais rôle auprès de nos estimés compatriotes. Enfin, je ne doute pas que vous ayez fait l’objet d’une trahison et je suis sincèrement désolé pour vous, mais elle ne vient pas de moi. Je ne peux pas vous avoir trahi étant donné que je n’ai fait l’acquisition d’aucune de vos œuvres. Jamais. En espérant que cela vous oriente de manière plus éclairée vers un coupable plus probable.

J’aimerais vraiment vous dire que nous sommes quittes, que je vous pardonne, mais sans un effort de votre part, je n’en trouverais pas la force. C’est habituellement à cet endroit que les salutations d’usage trouvent leur place, mais ne comptez pas sur moi pour vous gratifier d’une quelconque formule de politesse.

Je ne vous salue pas,

 Toorsch’ 

Pièce à conviction

MA VIE EN MONO #5: The Baddest Cowboy In Town

jeudi, avril 21st, 2016 par Toorsch

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Willie Neslon est putain de badass. Un vrai hors-la-loi, un monument de la musique américaine. Willie Nelson a 82 ans, mais il continue de publier des disques de manière frénétique et tourne toujours. On The Road Again. Il y a fort longtemps, au début des glorieuses 70’s, il a participé, avec Waylon Jennings, à la création du mouvement « outlaw », une branche dissidente de la country music ne répondant pas aux canons réac’ et lisses de la vieille garde Nashvillienne. Ça en dit long sur le mec. D’ailleurs si sa musique est authentiquement country, elle s’affranchit totalement des codes du genre, flirtant avec le blues, le jazz, la pop et même le reggae. Car Willie est aussi un grand fumeur de weed. Une passion qu’il partage avec son pote Snoop Dogg, avec lequel il a fait deux ou trois choses bien sympas (« Superman », « Roll Me Up »). Toujours à propos de ganja, Willie a révélé dans ses mémoires avoir eu l’insigne honneur de pouvoir fumer son joint sur les toits de la Maison blanche. Badass je vous dis, le mec est invité à dîner par Jimmy Carter et il sort son spliff comme ça, à la cool! Et puis, enfin, il a fait partie des Highwaymen, un groupe de potes vachement super, un supergroupe quoi, qui comptait dans ses rangs, en plus du fidèle Waylon Jennings, Kris Kristofferson et Johnny Cash. Soit le quatuor le plus intimidant de l’histoire de la musique ricaine.

« Roll Me Up And Smoke Me When I’m Die »

Mais voilà, je m’inquiète un peu pour Willie, il faut bien dire ce qui est, en ce moment dans mon paysage musical c’est l’hécatombe. Et ce n’est pas facile à supporter. Petit à petit le ciel s’assombrit, et s’il ne fait pas encore totalement noir, ça ne devrait pas tarder. Pas plus tard que maintenant, Prince vient de tomber… Alors accroche-toi Willie, fume autant d’herbe que tu veux, mais accroche-toi, car chaque fois que l’on enlève un poster du mur, on en voit les fissures, les moisissures et les plâtres qui s’effritent. Et puis va savoir, c’est peut-être toi l’immortel du rock, nous avons longtemps cru que c’était Lemmy, mais non. Bowie? Pas mieux. Un bluesman peut-être? Faut croire que non, BB King est mort aussi.

Longue vie à Willie Nelson, l’un des derniers gardiens du temple des hors-la-loi.

Toorsch’

MA VIE EN MONO #4: AXL/DC

dimanche, avril 17th, 2016 par Toorsch

ACDC

L’heure est grave. La nouvelle vient de tomber, c’est maintenant officiel, Axl Rose remplace Brian Johnson sur la fin de la tournée mondiale de ce qui reste d’AC/DC. Voilà qui sonne comme un gros doigt d’honneur au bon sens. Il n’y a que les nostalgiques des Guns pour saluer un pareil naufrage, je précise que j’aime beaucoup Appetite for Destruction, preuve que mon discours n’est pas orienté. Mais franchement Axl Rose, quelle mauvaise blague, non pire, quelle triste blague. Ce mec c’est l’anti-AC/DC et le voir en chanteur de ces derniers, c’est contempler la victoire du cynisme des financiers sur le noble artisanat. Oui je sais, les australiens ne sont plus des artisans musiciens depuis longtemps déjà, mais ils avaient su conserver une certaine forme d’authenticité. Même après la mort de Bon Scott. Et si je préfère de loin la première période du groupe, ce que Brian Johnson a accompli est juste dantesque. Faire survivre AC/DC à la perte de son charismatique chanteur et l’emmener encore plus loin, c’est du jamais vu.

Mais ça c’était avant, avant la maladie de Malcolm Young, le véritable chef de meute. Angus est une jolie mascotte, un logo sympathique, un excellent gratteur mais en aucun cas un leader. Quand Malcolm menait la barque, il savait envoyer les businessmen sur les roses (ouais, elle est facile…), le jeune frangin lui, n’a pas cette force. Du coup les pontes de chez Sony, les yeux rivés sur le tiroir caisse, sont prêt à tout, les cons. De plus, les problèmes de santé de Brian ont abouti à un licenciement pas très propre, pour ne pas dire très moche. Prenez soin de vous Mr Johnson, allez faire un tour dans votre antique Bentley. Il nous restera les souvenirs et un paquet de bons disques.

Courant alternatif ou courant continu, vivement la coupure.

Toorsch’

MA VIE EN MONO #3: Le Disquaire Day

dimanche, avril 17th, 2016 par Toorsch

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J’ai un problème avec le Disquaire Day ou Record Store Day (pour nos amis anglo-ricains). Si je trouvais cela amusant au début, le principe de mettre nos formidables disquaires en avant, les collectors, la frénésie tout ça, depuis un certain temps cela ne m’amuse plus vraiment. Voire m’agace franchement. Les collectors deviennent de plus en plus faux, les majors abusent en rééditant des choses mille fois rééditées et les tarifs sont délirants. Parfois, un 45 tours inédit ou une rareté sympathique attirent l’œil, mais le passage en caisse est semblable à une sodomie à sec, avec un filet de harissa. « Oui mais c’est une édition limitée mon bon monsieur, regardez, les prix s’envolent déjà sur le net! ». En effet pour couronner le tout, il y a la spéculation, parfois même orchestrée par quelques disquaires peu scrupuleux. Une vaste arnaque en somme. Assez symptomatique du marché actuel du vinyle: pressages pas toujours au top, masters numériques et prix quasiment deux fois supérieurs aux versions CD de semblable qualité sonore. Les majors se gavent une fois de plus, sans avoir retenu la moindre leçon. Restent les indépendants qui souvent font du beau boulot, notamment dans la réédition classieuse de bandes-originales. Waxwork, One Way Static, MondoDeath Waltz ou les historiques labels ritals, là au moins tu sais pourquoi tu passes à la caisse.

Le bon côté du Disquaire Day, pour revenir à notre sujet, c’est que ça amène du monde dans les boutiques. C’est bateau à dire, mais c’est cool. Et ce serait encore mieux si c’était tous les jours le jour des disquaires. Tant qu’à enfoncer des portes ouvertes, en Captain Obvious du bon sentiment, autant y aller franchement. C’est vrai quoi, merde à la fin, bordel de dieu, il faut faire vivre le petit vendeur local, ça suffit avec Amazon! Et cela même si le dit vendeur est un connard (si si ça arrive, pas souvent mais ça arrive), vous croyez franchement qu’il est sympa le PDG d’Amazon? Moi j’ai des doutes. Et l’avantage avec le réel, le tangible, la boutique, la vie quoi, c’est qu’en allant chercher le nouveau Keen’V, si vraiment votre disquaire est le dernier des cons, vous pouvez le lui dire: « Salut connard, je viens récup’ ma reserv’ enculé (toujours user d’abréviations), allez, ciao blaireau! ». Je vous le concède, faut être un sacré enfoiré pour se comporter ainsi, mais au moins vous pouvez le faire!

Allez bisous, pets et amour.

Toorsch’

MA VIE EN MONO #2: Dick Rivers

samedi, avril 16th, 2016 par Toorsch

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Je sais, hier je disais vouloir, un temps, fermer les volets de la cabane pour cause d’otite carabinée me faisant écouter la vie en mono. Mais finalement, j’ai réfléchi et je me suis dit (non pas que je suis épais comme un sandwich SNCF), pourquoi ne pas livrer quelques billets d’humeurs? C’était soit ça, soit je faisais un double album sur deux accords narrant mes jours noirs puis mon triomphe sur la maladie. J’aurai même choisi un animal-totem type oiseau de feu… Comment ça je me moque? Jamais!

Bref, si j’entends en mono, j’écoute tout de même, et pas n’importe qui, j’écoute Dick Rivers! Je l’aime bien Dick, je le trouve classe, d’une classe un peu hasardeuse. Mais je le trouve bien plus classe que ceux qui ont prétendument la classe. Vous me suivez? Non? Passons. C’est vrai qu’il peut paraître un peu ridicule lorsqu’il évoque les États-Unis en disant « chez moi » ou « chez nous », alors que tout le monde sait qu’il est Niçois. C’est pas grave, chacun ses tares. Et puis, je le concède, tous ses jeux de mots en Dick ou RiversReverse offrent un boulevard aux moqueurs (Mockers?) de bas étages. Mais bordel de fion, de la sainte trinité du rock and roule français, c’est quand même lui qui fait les meilleurs disques! Son dernier en date, sobrement intitulé Rivers est un must, génialement produit et arrangé par Oli Le Baron (paye ton génie). L’homme sans âge, un chef-d’oeuvre, le live Gran’ Tour, un pur show country-blues-rock à l’américaine. Bien de chez lui quoi…

Dick a la classe, ce n’est pas négociable.

Toorsch’

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