Archives du tag ‘Robert Johnson

HELLHOUND II

vendredi, août 25th, 2017 par Toorsch

Dust My Broom. Ma seule obsession désormais. Les pieds bloqués dans un fond de vase particulièrement tenace. J’aimerais tout laver et repartir à zéro. Loin des chiens de l’enfer, du Diable, de son contrat et de cette guitare slide qui déchire le silence de mon agonie regrettable. Toute ma vie j’ai traîné d’un goulot de bouteille à l’autre. Jamais complètement sobre, mais pas ivre pour autant. Qu’il soit vissé sur le bout de mes lèvres ou glissant sur un manche en bois d’ébène, c’est bien le goulot qui a guidé mes pas. Jusqu’à ce Delta de merde infesté par ces foutus clébards. Le véritable cellier du Diable. Ici-même, Elmore James a tout piqué à Robert Johnson. Pas bien grave, c’était juste un vieux plan foireux qui traînait depuis trop longtemps au milieu des ratons laveurs. Une fausse rédemption minable pour ratés sur la pente descendante, filant tout droit vers les gueules grandes ouvertes des chiens de l’enfer. Dust My Broom, le morceau se tient bien, mais ce n’est rien qu’une promesse d’alcoolique de plus.

Est-ce ici que l’enfer commence ? Quel merdier !

Toorsch’

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HELLHOUND

vendredi, août 18th, 2017 par Toorsch

Quel merdier ! Les chiens de l’enfer ont encore hurlé toute la nuit. Pas moyen de fermer l’œil. Je ruisselle au matin dans mon lit trempé de sueur. L’été est chaud, un autre de ces étés qui rendent fou. Est-ce ici que commence l’enfer ? Comme dans un vieux blues de Robert Johnson ? Un cauchemar en 16 mesures échappé d’un antique 78 tours crachotant ses derniers sillons de bakélite. Il y avait deux Sonny Boy Williamson, vous savez, deux Sonny Boy ! C’est fou, quel merdier ! Comme la paire de chiens qu’a flanqué le Diable à mes trousses. Je divague, j’ai de la fièvre, j’ai pas dormi. La nuit était moite, quelle horreur, quelle fournaise. Je regarde la bouteille de bourbon couchée sur la moquette crade. Depuis combien de temps ai-je la gueule de bois ? Depuis combien de temps dure l’été ? Suis-je prisonnier de ce morceau, ce titre sans fin de… de qui déjà ? Slim Harpo ! L’harmonica, c’est l’aboiement plaintif des créatures. Quel merdier ! Je vois le Diable et son contrat. Il fait déjà nuit.

16 août, Greenwood, Mississippi, U.S.A

Toorsch’

ALLIGATOR BLUES

jeudi, mai 18th, 2017 par Toorsch

Il parait que l’alligator dort dans les bayous.

Il attend son heure.

Il sortira la nuit venue.

Il ira au croisement.

Se transformera.

En vieil homme.

Il rencontrera Robert Johnson.

La musique.

Le Club.

27.

Il parait que l’alligator dort dans les bayous.

Pour l’instant tout est calme.

Mais le vent se lève.

Conjurée.

Conjuré.

Hoodoo !!!

Hoodoo !!!

Hoodoo !!!

Il parait que l’alligator n’est plus dans les bayous.

Il est quelque part en ville.

Transformé en vieil homme.

Il offre des verres.

Il est généreux.

Et puis il prend.

La musique.

Le blues.

Le Club.

27.

Il parait que l’alligator n’est plus dans les bayous.

Une tornade se prépare.

On entend les hurlements du vent.

Conjurée.

Conjuré.

Hoodoo !!!

Hoodoo !!!

Hoodoo !!!

Inspiré par les histoires de Tony Joe White un soir de blues,
Toorsch'

										
				

Elvis a quitté le building

vendredi, septembre 23rd, 2016 par Toorsch

elvis

“Elvis has left the building.” Tu peux l’écrire dans ton bouquin gamin, Elvis a quitté le building… On utilisait ce vieux truc de foire à chaque fois. Une idée du Colonel. Imparable. Ça en jette en fin de concert, non? Et bien le show est terminé. J’veux dire le concert du grand tout. Mais si Elvis s’en est allé saluer le grand patriarche, John Burrows lui, coule des jours heureux à Buenos Aires. Tu ne l’écris pas ça, par contre… Enfin après tout, tu écris bien ce que tu veux, qui ira croire un truc pareil? Les tarés, les complotistes? Peut-être. Lire la suite »

BLUES BLUES BLUES AND SOUL! Part XI

lundi, mars 28th, 2016 par Toorsch

Voyager-Golden-Record

DANS LE SUD AVEC LES PIONNIERS

Remontons un peu le temps. Années: 1920-30. Lieus: Texas, Géorgie et Mississippi. Pour ce premier retour aux sources, trois bluesmen, choisis avant tout pour la portée gigantesque de leur musique, mais aussi par le hasard heureux de leurs patronymes qui s’imbriquent plutôt bien. Blind Willie McTell, Blind Willie Johnson et Robert Johnson. Delta blues, alcool, femmes, acide sulfurique, poison et sondes spatiales Voyager, bienvenue dans les eaux troubles des défricheurs sudistes. Lire la suite »

ARNO – Human Incognito

jeudi, février 4th, 2016 par Toorsch

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Les albums d’Arno se suivent et se ressemblent. A la manière de Tom Waits, le belge s’est trouvé un sillon qu’il creuse sans fin. Mais n’allez pas croire que cet immobilisme de surface cache de la paresse ou un manque d’inspiration. Si Human Incognito se positionne dans la droite lignée de Future Vintage, également produit par John Parish, l’album est plus épuré encore, comme pour mieux faire ressortir la brutalité émotionnelle que traîne le chanteur. Lire la suite »

BLUES BLUES BLUES AND SOUL! Part VIII

lundi, avril 13th, 2015 par Toorsch

Rooster

RED, WHITE & BLUE ROOSTER BLUES 

Escale tricolore cette fois-ci, avec deux beaux exemples de blues d’ici (ou presque) parfaitement exécutés, et garantis sans Johnny Hallyday (euh, en fait non). Deux exercices très différents qui prouvent que le coq, le fameux Little Red Rooster, peut lui aussi chanter en bleu. Chicago-Paris, Hazlehurst-Dole, c’est parti!

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BLUES BLUES BLUES AND SOUL!

mardi, mars 3rd, 2015 par Toorsch

me_and_the_devil_blues

WOKE UP THIS MORNING…

Avec Blues Blues Blues and Soul! nous explorerons le(s) blues et la musique noire-américaine, plus quelques zébrures blanches, mais aussi d’Angleterre, d’Afrique ou même d’ici. Rien n’est établi et surtout, rien n’est interdit. Sans purisme puritain ou vaine érudition, nous voyagerons sur les eaux troubles de la Louisiane, entre les chaines de montages de Motor City ou dans les rues malfamées de Chicago avec simplement la musique en colonne vertébrale. Le feeling sans trop d’analyse, juste la résonance des graves et des aigus… Lire la suite »

DICK RIVERS – L’homme sans âge – 2008

mardi, avril 8th, 2014 par Toorsch

dick rivers homme sans age

Quand -M- écrit un album pour Johnny Hallyday c’est la presse entière qui s’emballe, même les journaux télévisés en causent, c’est dire si l’évènement est national. Et peu importe si au final, l’éléphant accouche d’une souris trisomique. La chose a beau être un naufrage, il y a du grain à moudre et c’est bien la seule chose qui compte. D’autant plus que l’on n’attend plus rien de l’idole des jeunes devenus vieux. La musique n’a absolument pas sa place dans le tourbillon médiatique qui découle du moindre pet du plus célèbre des belges. Par contre, quand Joseph D’Anvers offre à Dick Rivers ni plus ni moins son album le plus classe, c’est le silence radio. Quelques vagues remous dans le presse spécialisée et L’homme sans âge s’en retourne au néant. Il faut bien dire que Dick Rivers est délicat à cerner, il est à la fois grotesque et magnifique, humble et prétentieux. Se voulant Johnny Cash à la française foulant les grands espaces américains, mais restant désespérément Niçois. L’homme a beau jeu d’aligner des albums de grande tenue, il restera l’éternel troisième larron de la sainte trinité des rockeurs frenchy.

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