Archives du tag ‘Stax

LAVILLIERS ’08

lundi, décembre 4th, 2017 par Toorsch

BERNARD LAVILLIERS – Samedi soir à Beyrouth – 2008

Entre Kingston et Memphis il y a Beyrouth. Les vibrations profondes et rebelles du reggae et les cuivres de la soul. Lavilliers fabrique un pont d’or entre Tuff Gong et Stax, il coule le béton comme un mafieux italien dans le New Jersey. Il fait monter la sauce à sa manière, il assimile les styles pour en tirer un jus épais, alcool exotique des poètes. « Rafales » de basses rondes, de rêves anarchistes et d’histoires de marins douteux, douteuses histoires de marins de comptoir(s). Et puis Beyrouth un samedi soir, des voitures blindées, des femmes voilées, c’est la guerre toujours. Le reggae plombé, mêlé d’arabesques légères, retranscrit parfaitement ce climat délétère. Les volutes de fumée de douteuses cigarettes roulées grimpent au plus haut pour mieux déchirer le ciel.

Quelques tropiques ensuite, Hugo Chavez, Miami et toujours cette classe ultime du voyageur curieux, du poète observateur et engagé. Celui qui chantait les mains d’or, les barbares, les travailleurs de Saint-Etienne ou de la vallée de la Fensch, gueules d’aciers brûlées par le métal en fusion, n’oublie pas ses racines ouvrières et se paye ceux qui ont privatisé le travail.

Samedi soir à Beyrouth, du grand Lavilliers, du Lavilliers quoi..

Toorsch’

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BLUES BLUES BLUES AND SOUL! Part VI

vendredi, mars 27th, 2015 par Toorsch

Greetings from Memphis, TN

926 EAST McLEMORE AVENUE

Après avoir arpenté les dépôts de la Motown à Detroit, nous voilà à Memphis dans le Tennessee à la recherche d’une adresse bien précise, le 926 East McLemore Avenue. Emplacement du mythique studio d’enregistrement de la maison Stax, la grande rivale sudiste de la Motown. Le nord contre le sud, toujours, Hitsville contre Soulsville. Deux écoles, deux sons pour servir la même musique. La Soul, avec un S majuscule. Lire la suite »

WENDY RENE – After Laughter Comes Tears

mardi, février 24th, 2015 par sad1aya

Wendy Rene

The Drapels était un groupe des années 60, constitué de la jeune Mary Frierson, son frère Johnnie, et leurs amis Marion Brittenum et Wilbur Mondie. Une fois leurs chansons écrites, ces jeunes gens de Memphis auditionnèrent aussitôt devant Jim Stewart, et signèrent leur premier contrat sous le label Volt (Stax)… alors qu’ils n’avaient jamais joué nulle part ailleurs auparavant. Avant de quitter le studio, Mary présenta à Stewart ses propres chansons, et obtint un deuxième contrat, solo pour le coup. Le groupe sortit Wondering / Please Don’t Leave début 64 et dut appeler la station de radio locale pour promouvoir leur disque. En juillet 1964, le label produisit Young Man / Your Love Is All I Need, la face B étant écrite par The Drapels et la face B par Earl Hines et Richard Randolph. Le succès ne fut pas au rendez-vous, quoiqu’il en soit Mary enregistra ses propres disques en parallèle, sous le nom de Wendy René, d’après une idée d’Otis Redding. Pourtant, lorsqu’elle chanta la chanson co-écrite avec son frère, After Laughter Comes Tears, ses compagnons dans les choeurs ne furent pas crédités… Booker T. Jones joua même de l’orgue sur ce morceau. Le succès, bien que local, arriva, mais ne revint qu’à Wendy, et le groupe fut peu à peu mis de côté; par dépit, Wilbur Mondie quitta le label, Marion Brittenum quant à elle continua à écrire pour son amie. Son répertoire s’agrandit: son deuxième titre solo, Bar-B-Q (Steve Cropper y joue de la guitare), ne réussit pas à entrer dans les charts, mais elle poursuivit ses enregistrements, notamment avec les artistes maison, comme Rufus Thomas et Otis Redding, dont elle assura les choeurs. A ce stade de sa vie, Wendy avait déjà quitté l’école, ainsi que son premier mari, et en 1967 elle épousa en secondes noces un employé de Stax, James Cross. Sa vie de femme passant par sa vie de famille, Wendy René arrêta sa carrière en 1967.

Le 10 décembre de cette même année, Wendy fut invitée à rejoindre Otis Redding et The Bar-Kays pour un ultime show, mais elle ne prit finalement pas l’avion. Ce choix de dernière minute, celui d’une mère ne voulant pas quitter son foyer, lui sauva la vie, puisque ce vol fut le dernier pour les musiciens…

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