Archives du tag ‘Toorsch’

TONY JOE

mercredi, juin 21st, 2017 par Toorsch

 

Tony JOE

Car elle était belle. Car elle était noire comme une nuit sans lune. Car elle était bien trop longue pour entrer dans son garage. Un soir quelqu’un lui vola son imposante Cadillac Fleetwood de 1959. Si le diable avait besoin d’une voiture, nul doute qu’il choisirait un modèle semblable. D’ailleurs, nous tenons peut-être ici une piste sérieuse. Quoiqu’il en soit, la Cadillac ne réapparut jamais et l’homme demeura inconsolable. Il prit sa guitare électrique reliée à l’amplificateur et se mit à hurler dans la nuit comme un vieux loup-garou sur le retour. « I Want My Fleetwood Back ». De sa voix grave, il répétait cette même phrase à l’infini, tel un mantra. Mais rien de magique ne sortit de ce blues sans fin. Le Léviathan de métal noir avait disparu pour de bon. Et l’homme de s’en retourner vers les marécages de son cœur, se disant que définitivement, les alligators étaient de bien moins vicieux compagnons. Lire la suite »

SKULLRINGER #Zwei

vendredi, décembre 16th, 2016 par Toorsch

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Six mois ont passé depuis que Ronald Tramp, le président des Etats-Unis a été aspiré à l’intérieur d’un trou noir provoqué par des nano-bombes à antimatière. Depuis, le pays est dirigé par une version robotique de ce dernier, logiquement nommée The Tramp’s Mecha Tramp. Ce double de métal intégralement recouvert d’or réplique le plus fidèlement possible l’apparence et le caractère de l’ex-président. Sa femme Mélomia ne s’en plaint d’ailleurs pas, les ingénieurs ayant été plutôt généreux quant aux dimensions de l’engin de l’engin, seule et unique entorse à la réalité. Mais depuis quelques temps, rien ne va plus au pays de l’oncle Sam, The Tramp’s Mecha Tramp semble rencontrer des gros soucis de fonctionnement. Il s’est récemment séparé de l’intégralité de son gouvernement pour le remplacer exclusivement par des personnalités influentes du Klan, avant de multiplier les déclarations douteuses sur le troisième Reich. La vérité c’est que le Klan a piraté cette merveille de la technologie au firewall défaillant qu’est The Tramp’s Mecha Tramp ! Pour ce faire, les hackers ont simplement pénétré le système mémoire de la machine afin d’y télécharger une timeline alternative dans laquelle les nazis sont devenus les plus fidèles alliés des Etats-Unis et les vampires la race dominante sur terre. Un plan diaboliquement parfait qui devrait aboutir sous peu à l’anéantissement de l’espèce humaine, mais une donnée manque à l’équation. Elle se trouve actuellement quelque part dans un bordel en Louisiane… Lire la suite »

SKULLRINGER #Uno

vendredi, décembre 9th, 2016 par Toorsch

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L’homme que vous voyez accoudé sur le zinc du comptoir n’est pas un individu ordinaire. Il a beau se fondre dans le décor, ici dans ce rade du vieux sud, avec son stetson noir cerclé d’un bandeau rouge sur lequel est fixé un crâne en argent, ses boots en croco, son blue jean délavé semblant avoir au minimum cent ans, sa barbe de trois semaines et son t-shirt Black Sabbath, il n’empêche que J.R Ringer, plus connu sous le nom de Skullringer, a tellement flirté avec l’enfer qu’il appelle le diable par son prénom. Beaucoup pensent que ce vieux gars raconte des bobards dès qu’il a trois bières dans le pif, ses histoires ont toujours pour thème le combat du bien contre le mal, avec comme références des créatures mythiques, plus précisément des vampires. Mais si ça fait marrer les compagnons de beuveries, ça ne pisse pas bien loin non plus; pourtant quand J.R raconte ses histoires épiques de son souffle éthylique, il y croit. Il y croit d’autant plus qu’il ajoute souvent au liquide houblonné une bonne dose d’herbe bien grasse de son cru qu’il nomme la Skullskunk. Sacré J.R, les jeunes du coin l’adorent comme on aime un oncle un peu alcoolo, mais personne, même les plus sceptiques, qui souvent ricanent dans leur coin, n’irait mettre sa parole en doute. Car Skullringer, c’est le mec balèze, capable de te mettre k.o. avec un unique taquet dans la tronche tout en assénant une punchline bien sentie qui viendra parfaire l’humiliation. Alors dans le rade, on l’écoute et parfois même on y croit. Lire la suite »

Débuts II – Variations sur un même thème

vendredi, octobre 21st, 2016 par Toorsch

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Et tandis que la longue limousine noire remonte l’avenue, les badauds se figent, laissant l’adrénaline emplir leurs veines avant de se lancer à la poursuite de l’engin. C’est qu’ici, comme ailleurs, on ne laisse pas passer sa chance de devenir quelqu’un. Même pour un petit quart d’heure, après tout on y a tous droit. Alors tant mieux si le vent du nord souffle avec assez de vigueur pour recouvrir leurs pauvres vies d’un épais tapis rouge. Qu’importe s’il faut chanter dans un château ou forcer l’accent sur une île grecque, ils se rêvent déjà assis à la droite du Producteur, à lui sucer les doigts. Alors ils s’avilissent du mieux qu’ils peuvent devant les vitres fumées qui bien souvent ne se baissent pas. Un matin de novembre banal dans une ville banale, habitée par des gens qui ne veulent plus l’être. Le genre de lieu où l’on fait tout pour être reconnu, alors quand la longue limousine noire remonte l’avenue… + Lire la suite »

Débuts – Variations sur un même thème

mercredi, octobre 19th, 2016 par Toorsch

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Et tandis que la longue limousine noire remonte l’avenue, les badauds se figent, le regard incrédule. Le vent du nord souffle avec plus de vigueur, arrachant aux arbres les dernières feuilles récalcitrantes, elles s’en iront rejoindre les autres, multitude multicolore tombés sur le macadam. Une fois le véhicule disparu dans l’horizon, les gens se remettent en marche, raccrochant les wagons, reprenant le fil de leurs vies anonymes. Un homme resserre un peu son écharpe, c’est qu’il fait froid très tôt cette année. Une femme tente avec difficulté de maîtriser son jeune labrador en laisse, excité par les passages successifs d’un garçon en vélo et d’une fille en skateboard. Un matin de novembre banal, dans une ville de banlieue banale habitée par des gens banals. Le genre de lieu où il ne se passe jamais rien de signifiant, alors quand une longue limousine noire remonte l’avenue… Lire la suite »

POUR LA BEAUTÉ DES RESTES: Le soap éthylique

jeudi, janvier 29th, 2015 par Toorsch

I

En franchissant la porte poisseuse de ce rade miteux, j’ai tout de suite senti l’odeur âcre des emmerdes. Vingt ans que je suis dans le métier, alors j’ai comme qui dirait développé un certain flair pour ce genre de choses. Les emmerdes, je veux dire. Le métier en question c’est inspecteur de police, pour ceux qui n’auraient pas encore saisi, et mon « nom d’artiste » c’est Torche; c’est ironique, les collègues m’appellent ainsi car je ne suis pas une lumière. Je suis le champion des affaires non résolues, faut dire aussi que j’ai le chic pour me fourrer dans tous les plans tordus. Et c’est justement l’un de ces plans démoniaques qui m’avait conduit jusqu’à ce troquet, « Le club des buveurs de pintes », fallait que je me rencarde sur les affaires louches du patron des lieux, un certain Jimmy Kiss Kool. Le type est connu dans le milieu, parait qu’il serait le chef d’une petite bande de pochtrons donnant dans la liqueur frelatée faite maison. Plusieurs gaillards de la haute seraient tombés raides morts après avoir goûté au nectar. Et ça commençait à faire tâche à la « Kommandatur », vous voyez le genre? Lire la suite »

SUR UNE ROUTE BRUMEUSE – Toorsch’ – 2013

mardi, mai 20th, 2014 par Toorsch

Impossible d’y voir clair au travers du faible éclairage de la vieille Volkswagen en cette brumeuse nuit d’automne. Le bruit ample et pétaradant du flat 4 refroidissement par air qui ricoche sur les arbres bordant la chaussée gratifie le silence campagnard d’un fracas mécanique d’un autre âge. Sur le corps de l’engin, la peinture blanche d’origine semble avoir définitivement perdu son long combat contre la rouille. Derrière le volant se trouve Pierre, un trentenaire contrarié, le stress du quotidien semble avoir sur lui des effets secondaires pour le moins singuliers. Tandis que la voiture serpente sur cette sinueuse route de forêt, il repense aux événements troublants de ces derniers jours. Il est maintenant devenu évident pour lui qu’il perd la boule, que son cerveau sans doute malade lui joue des sales tours. La folie est entrée dans sa vie par la porte de derrière et semble bien s’y plaire.

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DO NOT DISTURB – Toorsch’ – 2013

dimanche, mai 4th, 2014 par Toorsch

Salut l’inconnu, dis, tu veux entendre une histoire de dingue? Bah, je sais que tu ne m’écoutes pas, mais je vais quand même te la raconter. C’est un conte de fou qui semble surgir tout droit des méandres distordus du temps, tu vois le genre? Pas de réponse, tant mieux, au moins on ne perdra pas de précieuses minutes en explications inutiles, étant donné que rien dans ce qui suit n’est rationnel. Mais je peux t’assurer, l’inconnu, que tout est bien réel. C’est mon histoire, bonhomme, mon histoire de cinglé. Tout a commencé il y a une semaine de ça, j’en étais arrivé à un point de ma vie où absolument tout m’emmerdait. Le travail, ma femme, le simple fait de devoir supporter la présence épouvantable de mes contemporains, tout me cassait royalement les cou… enfin bref! Je ne sais pas depuis combien de temps je n’avais pas eu un vrai moment à moi, loin de tout. Il y a toujours un truc pour te rappeler que tu appartiens au monde et non l’inverse, n’est-ce pas l’inconnu? Même dans les instants de répit, hein? Un putain de clocher d’église qui sonne quand tu trouves enfin la paix, un connard de représentant qui se pointe en plein repas pour essayer de te vendre une merde inutile et j’en passe, je ne vais pas t’apprendre la vie. Tu vois, j’en étais arrivé au stade où même des choses insignifiantes de ce genre me flinguaient pour la journée. J’avais perdu tout sens de la mesure. Ma petite personne semblait être au centre d’une grande machination ayant pour seul but de me faire virer caduc. Et pour parfaire le tableau, j’accumulais le travail en retard, aussi bien au bureau qu’à la maison, partagé entre les exigences surréalistes de mon chef et celles tout aussi folles de ma tendre épouse. Enfin tendre, je me comprends, elle est plutôt du genre dictateur russe. J’aurais aussi bien pu rédiger mon autobiographie et la nommer Ma vie dans un goulag! 

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Comme quand on dormait sous la terre – 2014

jeudi, mai 1st, 2014 par Toorsch

I

Comme quand on dormait sous la terre, du temps où l’on n’avait pas encore inventé la nuit. A cette époque il pleuvait dans nos crânes, et l’on taillait dans nos insomnies. J’étais un boxeur sur une planète invisible et toi tu dessinais des décors sur des pages blanches. On a créé ce monde qui n’appartient qu’à nous, un monde à la fois ancien et nouveau. Invariablement, nous avons construit des ponts, nous n’avons fait que ça. Avec l’envie folle de nous transformer, de devenir toujours plus petits, toujours plus petits, toujours plus petits et ainsi de suite. Comme quand on dormait sous la terre, bien avant l’invention de l’infernal cycle. Lire la suite »

R.M Revisited – Toorsch’ – 2013

vendredi, avril 4th, 2014 par Toorsch

Sur Terre 1, Tom Sautler se marie aujourd’hui avec Kate Wilooby, nous sommes le 18 juin 1971, la Ford Mustang Mach 1 rouge et noire de Tom fait office de voiture de tête. C’est une magnifique journée ensoleillée dans le sud des Etats-unis. L’autoradio laisse échapper le rugissant « Run Throught The Jungle » de Creedence Clearwater Revival. Lire la suite »

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