Archive d'auteur : Toorsch

La Reprise dominicale #28

dimanche, septembre 24th, 2017 par Toorsch

MOTÖRHEAD – « Heroes »2017 (enregistré en 2015)

« Heroes » c’est la chanson qui donne envie d’y croire encore, de marcher droit devant, au beau milieu de la foule ou dans les gravats d’un monde en ruine. C’est l’hymne de David Bowie, son « We Are The Champions » à lui. « Heroes » c’est du super plombé dans les circuits et cette version de Motörhead fait s’animer le moteur d’un feu d’enfer.

Hey Lemmy tu deviens quoi ? T’es mort ? J’y crois pas. Tu sais qu’ils ont donné ton nom à un crocodile préhistorique géant. Carrément ! Six mètres de long qu’elle mesure la bestiole. Ouais mon gars, si c’est pas la classe. Ils peuvent bien se la péter les autres avec leurs abeilles ridicules, leurs papillons bariolés et leurs araignées banales, toi tu as le « Lemmysuchus », littéralement le crocodile de Lemmy. Il y a même eu une pétition pour qu’un nouvel élément chimique porte ton nom, un métal lourd pour être précis. Je ne connais pas le fin mot de l’histoire, mais j’aime l’idée d’un métal lourd nommé « Lemmium ». Ça rend ce monde moins terne. Tu vois Lemmy, tu es un héros, et pas que pour une journée.

« Heroes », l’originale, a fêté ses quarante ans cette semaine !

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J’ai revu Corbier (15/09/17)

samedi, septembre 16th, 2017 par Toorsch

J’ai revu Corbier, comme tous les six ans, hasard du calendrier. Cette fois c’était au Thout Bout D’Chant, un caveau Lyonnais bien sympathique chez qui le barbu possède le record absolu de passages. Un truc à le faire entrer dans le Guiness Book, bien que la bière soit plus attrayante que les records dérisoires. Mais passons, ce qui est admirable avec Corbier c’est l’intensité qu’il met à nous raconter ses conneries. Et ses vérités aussi. L’œil espiègle, brillant dans l’ombre portée de son galurin. C’est tout un continent dans l’état d’esprit, c’est Hara-Kiri, Brassens, Fluide Glacial, Perret, Charlie Hebdo et Dorothée aussi. De moins en moins et c’est tant mieux, sans rien renier il s’affranchit, sans crime commis. Les étiquettes ont la colle dure. Que voulez-vous c’est ainsi. Bref, nous avons revu Corbier, nous avons ri à gorge déployée, nous avons chanté à plein gosier.

Et c’était bien.

Le site officiel ici !

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BIG JOHN’S DOPE

mercredi, septembre 13th, 2017 par Toorsch

Le 20 octobre John Carpenter sortira Anthology: Movie Themes 1974-1998, un disque qui contiendra 13 relectures de ses meilleures musiques de film. Érection. Mais voilà qu’aujourd’hui, sans crier gare, Big John nous a lâché un putain de clip pour illustrer « Christine ». Pour les besoins de la chose, le maître est même repassé derrière la caméra. Érection encore. Le résultat est tellement classe que c’en est indécent. Personne ne filme mieux que lui les feux avant d’une Plymouth Fury rouge déchirant la nuit. Orgasme.

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JOHNNY CASH – Love God Murder

vendredi, septembre 8th, 2017 par Toorsch

Des compilations s’attardant sur l’oeuvre pléthorique de l’homme en noir il y en a un certain nombre. Disons même un nombre certain, de quoi perturber le novice qui voudrait, très justement, découvrir ce grand nom de la musique Américaine. Pour celui-là, il y a Love God Murder. Certes, ce n’est pas le coffret le plus complet sur le marché, avec ses trois maigres disques compacts, mais il demeure pour toujours et sans doute à jamais le plus probant. Lire la suite »

ENDLESS BOOGIE CHILLEN

lundi, septembre 4th, 2017 par Toorsch

Psychédélisme nature, transe rurale, interminable accord, fin de saison. Pour une agonie d’été relax, à l’ombre des dernières feuilles, en hamac ascensionnel et flemme intentionnelle. Loin des canicules imbéciles, le réchauffement climatique tranquille. Essaim de scorpions dans les veines, nectar houblonné dans la gorge. John Lee en chaman noir profond. Noir profond, noir profond, noir profond…

1 KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD The Bitter Boogie

2 CANNED HEAT Fried Hockey Boogie

3 ENDLESS BOOGIE Vibe Killer

4 JOHN LEE HOOKER Endless Boogie Parts 27 & 28

5 ZZ TOP La Grange

6 JOHN LEE HOOKER & CANNED HEAT Boogie Chillen No. 2

7 JUNIOR WELLS & BUDDY GUY Boogie Chillen

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La Reprise dominicale #27

dimanche, septembre 3rd, 2017 par Toorsch

DEWEY COX – STARMAN 

Dewey Cox fut probablement le plus grand rockeur de l’histoire, présent dès le début de l’affaire, faisant la nique à Elvis Presley et Johnny Cash. D’ailleurs, le célèbre « Walk The Line » de l’homme en noir, n’est-il pas qu’une pâle copie de « Walk Hard », le légendaire tube de Dewey Cox ? Mais passons sur cette basse polémique ne faisant rage uniquement chez quelques historiens du rock un peu zélés…

En 1975, Dewey Cox est devenu ringard, il anime le Dewey Cox Show sur la CBS, un triste spectacle pour ménagères à peine meilleur que le Johnny Cash Show (décidément). Quand il n’y chante pas duo, Cox y reprend les plus grands hits du moment… à la sauce Disco. Faut bien rester dans l’air du temps ma bonne dame. Il n’empêche que Dewey Cox reste Dewey Cox, et lorsqu’il entonne « Starman » de Bowie de sa voix grave, on oublie bien vite le surestimé Ziggy Stardust. Certes, de prime abord l’aspect discoïde déstabilise un brin, mais cela sert plutôt bien le propos spatiale de la chanson. Un véritable tour de force qui fera dire plus tard à un Bowie admiratif : « Je crois que la chanson a enfin trouvé sa voix/voie ». Il ne l’interprétera plus jamais sur scène, pour ne pas salir le travail de Dewey Cox.

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NICOLE ATKINS – Goodnight Rhonda Lee – 2017

mardi, août 29th, 2017 par Toorsch

D’un vieux transistor posé sur une table en formica s’échappe un son anachronique qui donne envie de reprendre encore un verre du « Summer Wine » de Nancy et Lee. Le voyage à Memphis de Dusty est là aussi, dans les profondeurs d’un souffle analogique. Sous les rayons lourds d’un soleil estival à son zénith mortel, les vignettes ultra-retro de Nicole Atkins chassent la canicule et son trop chaud sirocco. Fraîcheur enfin, envie de milk-shake glacé et de Corvette sur la Pacific Highway. C’est de la musique profondément américaine qui est jouée ici, de la musique d’avant les Beatles, d’une lointaine époque fantasmée.

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HELLHOUND III

samedi, août 26th, 2017 par Toorsch

Je rêve du désert et d’un blues Touareg. De guitares dansantes, serpents sur le sable chaud. Je ne suis qu’un esclave en terre du sud. Pas vraiment l’ami du General Lee. Alors je regarde le ciel, Blind Willie Johnson perdu dans le vide sidéral. Une étoile aveugle, le voyageur. La nuit est sombre, le sol est froid, j’irais mourir à Beaumont. De guerre lasse, sans surprise, au Texas. Est-ce ici que commence l’enfer ? Sous les jets d’acide caustique. Nuit noire, sans étoiles, voilà les clébards qui rappliquent. Ils me suivent à la trace, ils me veulent bien au chaud, au croisement. Quel merdier encore ! Mais bordel, je n’ai rien signé ! Du moins je crois, quelle est cette bouteille de bourbon couchée sur la moquette crade ? Depuis quand suis-je ici, dans cette chambre sans vue ? Nuit noire, sans papier peint, voilà le Roi des enfers qui se ramène. Aucun procès, pas de belle cérémonie. Quelqu’un a imité ma signature. C’est sacrément bien imité. Est-ce vraiment ici que commence l’enfer ? Quelle déception.

Une bouteille à la mer, il y a vingt milliards de kilomètres.

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HELLHOUND II

vendredi, août 25th, 2017 par Toorsch

Dust My Broom. Ma seule obsession désormais. Les pieds bloqués dans un fond de vase particulièrement tenace. J’aimerais tout laver et repartir à zéro. Loin des chiens de l’enfer, du Diable, de son contrat et de cette guitare slide qui déchire le silence de mon agonie regrettable. Toute ma vie j’ai traîné d’un goulot de bouteille à l’autre. Jamais complètement sobre, mais pas ivre pour autant. Qu’il soit vissé sur le bout de mes lèvres ou glissant sur un manche en bois d’ébène, c’est bien le goulot qui a guidé mes pas. Jusqu’à ce Delta de merde infesté par ces foutus clébards. Le véritable cellier du Diable. Ici-même, Elmore James a tout piqué à Robert Johnson. Pas bien grave, c’était juste un vieux plan foireux qui traînait depuis trop longtemps au milieu des ratons laveurs. Une fausse rédemption minable pour ratés sur la pente descendante, filant tout droit vers les gueules grandes ouvertes des chiens de l’enfer. Dust My Broom, le morceau se tient bien, mais ce n’est rien qu’une promesse d’alcoolique de plus.

Est-ce ici que l’enfer commence ? Quel merdier !

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HELLHOUND

vendredi, août 18th, 2017 par Toorsch

Quel merdier ! Les chiens de l’enfer ont encore hurlé toute la nuit. Pas moyen de fermer l’œil. Je ruisselle au matin dans mon lit trempé de sueur. L’été est chaud, un autre de ces étés qui rendent fou. Est-ce ici que commence l’enfer ? Comme dans un vieux blues de Robert Johnson ? Un cauchemar en 16 mesures échappé d’un antique 78 tours crachotant ses derniers sillons de bakélite. Il y avait deux Sonny Boy Williamson, vous savez, deux Sonny Boy ! C’est fou, quel merdier ! Comme la paire de chiens qu’a flanqué le Diable à mes trousses. Je divague, j’ai de la fièvre, j’ai pas dormi. La nuit était moite, quelle horreur, quelle fournaise. Je regarde la bouteille de bourbon couchée sur la moquette crade. Depuis combien de temps ai-je la gueule de bois ? Depuis combien de temps dure l’été ? Suis-je prisonnier de ce morceau, ce titre sans fin de… de qui déjà ? Slim Harpo ! L’harmonica, c’est l’aboiement plaintif des créatures. Quel merdier ! Je vois le Diable et son contrat. Il fait déjà nuit.

16 août, Greenwood, Mississippi, U.S.A

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